Archive pour octobre 2006

Les négriers du BL

Mardi 31 octobre 2006

Tandis que certains, idéalistes et rêveurs, poétisent sur un référencement naturel et 100% bio, on voit s’affirmer le commerce de liens.

Il ne s’agit pas d’une activité underground mais d’un commerce très honorable et florissant qui permet de rentabiliser les gros PR et les moins gros (à partir d’un PR 6, on a un embonpoint monétisable par linkosuccion© ).

Il est facile de se scandaliser et de noter les timides murmures officieux péri-moteurs qui annoncent des représailles à l’encontre des sites qui vendent ouvertement des liens, mais il n’empêche que l’achat de liens, ou plus exactement leur location, permet d’acquérir rapidement … quoi, au juste ?
Un meilleur PR, oui.

Ah bin il y en a qui aiment ça, n’est-ce pas ?
Tu l’as vu mon gros PR ?

Plutôt que de hurler au crime contre la liberté des BL, mieux vaut s’informer des prix et de l’offre, ça peut toujours servir :)

C’est ce que permet un très intéressant article de chauffeurdebuzz.com PageRank : Achat de lien texte.

Pour ma part, je continue à prétendre qu’un vrai bon BL naturel est un BL qui pointe vers un de mes sites :)
Tous les autres sentent le poisson pas frais :)

Sans rire : avec ce commerce, il est possible d’acheter des liens et je trouve cela vraiment très vulgaire.

Par contre, cela permet d’en offrir et comme le temps des fêtes approche, j’ai bon espoir que quelqu’un pensera à moi, ça me changera des parfums pour pétasses :)

Les enfants de choeur

Mardi 31 octobre 2006

Pour réussir à bien positionner un site dans les SERPs, est-il nécessaire de comprendre le fonctionnement des moteurs de recherche en général et en particulier celui du moteur le plus utilisé ?

Il semblerait que non, puisque de très nombreux sites se trouvent aux positions d’excellence sans avoir fait l’effort du moindre référencement volontaire et sans aucune intention d’optimisation.
Bien sûr, certains sites rencontrent de manière naturelle les exigences des moteurs, mais c’est loin d’être le cas pour tous ceux qui se trouvent sur le podium.

La tentation de comprendre peut naître d’une curiosité purement intellectuelle, ou encore dans le cadre d’une recherche fondamentale ou qui tend à créer une concurrence nouvelle par un reverse engineering basé sur l’observation et l’analyse des résultats.

La raison la plus fréquente de la curiosité, c’est tout de même le souhait de réussir à mieux positionner les sites dont on a la charge.

Et pour réaliser cet objectif, il n’est pas nécessaire de connaître la mécanique mais simplement les causes et les effets.

Pour conduire une voiture, il n’est pas nécessaire de savoir comment une simple rotation du volant fait tourner les roues en même temps.
Les démultiplications de la force, ses transferts, les crémaillères, … le conducteur s’en fiche, il lui suffit de tourner le volant et la voiture suit le mouvement.

On peut être un parfait conducteur sans rien connaître à la mécanique ni même à ses principes.

Il suffit de savoir que si on agit sur le volant, la voiture va tourner.
En tout cas ses roues, parce qu’une voiture à l’arrêt, ça ne tourne pas.
Il faut du mouvement.

Et bien entendu, il faut avoir conscience de la relation entre le volant et les roues.
Un homme du paléolithique aurait du souci à se faire devant une voiture, ne serait-ce que pour en ouvrir la portière.
Mais un exemple, un seul, suffirait pour qu’il comprenne.
Et aussi, il faut apprendre que ce qui paraît concomittant n’est pas forcément la cause d’un effet.
Actionner un clignoteur ne fait pas tourner la voiture.

En référencement, c’est la même chose.

Un nombre très limité de règles permet de se placer dans les SERPs.

Mais bien sûr, pour la Formule 1, il faut de bonnes machines et de bons pilotes.
Et aussi un bon règlement - mais les bons pilotes s’accommodent des mauvais règlements, ils savent même comment tirer profit des faiblesses de l’organisation.

Quant au podium, pour le viser il faut non seulement le pilote et la machine mais aussi de quoi opérer des réglages fins.

C’est là qu’on redécouvre l’utilité de connaître le plus possible des paramètres qui font que la voiture tient bien la route, roule vite et gagne.

En référencement, ce n’est pas plus compliqué :)

Donc, ce l’est, et pas qu’un peu.

On peut voir les choses du côté du pilote, du côté du motoriste ou du côté de l’ingénieur qui règle l’équilibre des paramètres.

On peut plonger dans la théorie et examiner l’heuristique pour déterminer un modèle mathématique puis résoudre le système qui n’est jamais que linéaire.
On peut observer ce qui se passe, démonter les voitures des concurrents pour tenter de comprendre comment ils réussissent (quand ils réussissent).
On peut essayer différents réglages, par exemple changer la pression des pneus et tester la nouvelle tenue de route.
On peut même changer le pilote :)

Et il ne faut pas oublier de tenir compte de l’état de la piste : un petit frémissement de l’Algo et hop, il pleut, on a chaussé des gommes inadaptées, on hésite à rentrer au stand pour en changer, et badaboum c’est le crash.
Mais n’anticipons pas :)

Le parallèle mou va s’arrêter ici, parce que entre les deux types de compétition il y a une différence fondamentale.
La F1 est un sport qui passionne des milliards de personnes qui n’y participent pas.
Le référencement passionne seulement les pilotes concurrents.

Et si tous les pilotes de F1, comme leurs machines, sont globalement au même niveau, les pilotes de sites sont bien loin d’être égaux.

Certains croient sincèrement qu’actionner le clignoteur fait tourner la voiture.
Ils l’ont vu ! Ils ont mal vu, ou bien ils ont mal interprété ce qu’ils ont vu. Mais ils y croient.
Ils l’ont lu ! On leur a menti. sciemment ou par ignorance. Mais ils y croient.
En plus, ça leur paraît logique … Rien n’est plus chronovore que la logique mal fondée.

Alors, la grande question est là : faut-il le leur dire ?

Leur montrer le volant, le levier de changement des vitesses ?
Leur dire quel indice d’octane utiliser ?
Leur montrer où se trouve la trappe du réservoir de carburant ?

Certains, en vils mercenaires, ont choisi de vendre ou de louer leurs capacités de coaching, d’autres, idéalistes, les prodiguent à titre gracieux mais au compte-gouttes dans des propos sybillins, d’autres encore, les plus malins sans doute, ouvrent des espaces de discussion où s’érigent des chapelles de certitudes.

Tout cela pour quoi ?
Pour transformer de gentils enfants de choeur en redoutables carnassiers et les inféoder au veau d’or ? Pour les réduire en esclavage rémunéré ?

Comment disait Antoine, déjà ?

Ah oui !

Mais qu’est-ce que je fouOUUUUUUS ici ?.

Il s’est répondu à lui-même : il est parti pour les îles :)

Annonces et positionnement

Samedi 28 octobre 2006

Certains jours, il y a des djeunz qui se plaignent sur le ton
Ouinnnn le robot a juste indexé ma page de garde et pourtant j’ai de la pub contextuelle tout partout sur plein de pages

A ceux-là, on répond qu’il ne faut pas confondre la régie de pub et le moteur, n’est-ce pas ?
Que l’un n’entraîne pas l’autre.
Que mettre de la publicité contextuelle n’entraîne ni l’indexation ni l’amélioration du positionnement d’une page par le moteur du même nom.

Mais on le dit vite, pour ne pas pécher trop longtemps contre la logique.

Parce qu’enfin quoi ? Il serait bon que ce soit un peu logique, non ?
La régie a intérêt à ce que les annonces soient cliquées, non ?
Donc que les pages qui portent ces annonces soient vues, oui ?
Qu’elles soient indexées, au moins, ok ?
Et qu’elles soient mieux positionnées que des bêtes pages sans pub, d’accord ?

C’est l’intérêt de la régie, c’est l’intérêt de l’éditeur et c’est l’intérêt de l’annonceur.

A quoi ça sert d’enterrer des pubs sur des pages qui n’ont aucune chance d’être vues ?

En plus, booster l’indexation et le positionnement par les publicités contextuelles, ça va dans l’intérêt de l’internaute.
Pourquoi ?
Parce qu’une page enrichie de ce type de publicité sera forcément plus pertinente par rapport à la requête que la même page sans publicité.

Forcément !
L’annonce renforce le contenu, elle lui ajoute du sens, d’ailleurs c’est dans le nom d’un de ces types de pub : ad sense, ajouter du sens.

Quelque part, s’il est vrai que le positionnement se base d’abord sur la pertinence du contenu par rapport à la requête de l’internaute, la présence d’une annonce contextuelle devrait améliorer le positionnement.
Ce serait correct et légitime.
Paske une annonce, c’est du contenu, il n’y a qu’à voir en cache, c’est conservé avec le reste.

Alors : est-ce ce qui se passe ou non ?
Les pages équipées d’annonces bénéficient-elles d’un très logique bonus au positionnement ?

Si c’est non, c’est que le moteur se fiche de la pertinence contenu/requête pour positionner une page.

Si c’est oui, tout va bien :)

[ Accessoirement, si tout va bien, il n’est pas étonnant de trouver des différences de positionnement entre les SERPs de moteurs qui sont liés à des régies différentes. Qui boosterait la pub d’un concurrent ? Mais dans ce cas, que devient l’évaluation objective du contenu ? ]

Pour un positionnement clairement payant

Mercredi 25 octobre 2006

Il serait peut-être temps de cesser de croire qu’il existe pour le positionnement des critères plus pertinents que l’argent.
Je veux parler de payer pour être positionné, ni plus ni moins.

Le Web est devenu une galerie marchande.
Dans cette galerie, il y a des allées qui portent des noms : les noms des mots-clés.
Dans chaque allée, il y a des emplacements plus intéressants que d’autres.
Ces bons emplacements sont plus chers que les autres.

C’est donc tout simple : il faut payer pour avoir un bon emplacement, n’importe quel commerçant peut comprendre ça.

Sur le Web, il n’en va pas autrement mais on refuse de le savoir.
On prétend qu’il est possible d’obtenir un bon emplacement par la valeur de ce qu’on vend : par la pertinence et la richesse du contenu.

C’est complètement idiot, quand on y réfléchit.
Regardez le monde : est-ce la qualité qui prime ?
Les produits en vedette sont-ils faits de vraie qualité vraie ou bien sont-ils promus par des artifices qui tous se ramènent à un investissement financier ?
Produits et stars, pareil.

La qualité est forcément rebelle et underground : depuis la musique underground en passant par les films-cultes, les peintres et les poètes reconnus à titre posthume et jusqu’à l’alimentation bio, les choses de vraie qualité vraie ne se voient reconnaître que si elles passent au stade de la rentabilité.

D’autre part, l’argent est une mesure universellement acceptée et reconnue.
D’ailleurs, tout le monde en veut.

Tout le monde accepte, au quotidien, que celui qui a plus d’argent a droit à une plus grosse maison, à une plus grosse voiture, à de plus beaux vêtements, …
Pourquoi n’aurait-il pas droit à un meilleur positionnement ?

Déjà, on accepte qu’avec plus d’argent on peut s’offrir un référencement de compétition et des encarts publicitaires … et ces deux points acceptés sont le pied mis dans la porte pour faire entrer le positionnement payant :)

Alors pourquoi ne pas franchir le pas et accepter de carrément acheter ses positions ?

Mais la qualité des contenus ?
Ce n’est pas un souci, l’internaute fera le tri.
Si un site médiocre se propulse aux premières places et s’il ne tient pas ses promesses, il sera puni par la désaffectation de l’internaute.
Il aura moins d’argent à investir dans le positionnement et il descendra dans le classement.

A l’opposé, un site de qualité s’enrichira, il pourra s’offrir des places toujours meilleures et se payer un contenu toujours meilleur.

Mais ? Mais ??!! C’est déjà ce qui se passe, d’une certaine manière !

Ahem … On peut effectivement le penser.
Le problème, ce sont les sites non-marchands et/ou qui n’utilisent pas la publicité.
Ces rebelles malgré eux, ces attardés, ne jouent pas le jeu.
Ils se font une idée assez romantique du Web, ce sont des rêveurs.
Le Web a besoin d’eux, ce sont eux qui l’ont construit, qui ont fait son intérêt, qui ont lancé la machine.

En toute logique, ils devraient être relégués, dans l’immense galerie du Web au positionnement payant, entre le local des poubelles et le bloc des ouatères.

Pour eux, il a fallu inventer tout un cirque qui justifie un positionnement équitable.
Un système à base de notoriété, de pertinence et de volume de contenu.
Une galère pour les moteurs, alors que tout pourrait être tellement simple : tu paies ta place comme à l’Opéra, plus cher = meilleure place.

Pour celui qui a de l’argent à investir et quelque chose à vendre, ces sites ne sont rien de plus qu’un faire-valoir, ils attirent du monde sur le Web, du monde qui finira bien par tomber dans leurs boutiques à eux.
Et si le créneau est intéressant, par exemple pour l’image de marque ou pour se faire des alliés, on peut toujours se l’offrir : l’argent peut tout.

L’argent peut même acheter l’open, l’investir et le récupérer.
En l’aidant réellement, oui.
Je n’ai pas dit que c’est mal.
Je dis que c’est la droite ligne de l’Histoire : l’argent a gagné comme valeur universelle, le nier ne sert à rien.

Avec un positionnement clairement et ouvertement payant, beaucoup d’énergie serait économisée qui est actuellement gaspillée à trouver des compromis, à tenter de décoder l’Algo ou à chercher à le tromper.
On ne parlerait plus de techniques douteuses puisqu’elles seraient devenues sans effet.
On serait délivrés de la tutelle paternaliste des recommandations des moteurs, et il ne serait plus question de morale.

On serait dans le concret.

Beaucoup de petits artisans du Web disparaîtraient mais ce ne serait pas plus grave que quand, lors du passage des villes de l’éclairage au gaz à l’éclairage électrique, cent mille allumeurs de réverbères furent mis au chômage du jour au lendemain :)

Ceux-là vont m’écharper, je le sens :)
Mais les autres, les créateurs de contenus intéressants, ils n’auront rien à me reprocher, parce que dans ce système ils seront nécessaires et soit ils seront rachetés ou employés, soit rémunérés pour simplement être là et pour continuer à valoriser le Web.

Et pour ne pas gaspiller, on mettra de la pub sur leurs pages :)