Un sac de contenu, s’il vous plaît. C’est pour le robot.

On insiste souvent sur le contenu :

Faites du contenu.

Un robot a besoin de contenu, sinon il passe outre et il va voir plus loin (sur n’importe quel autre site) pour trouver à manger.

Le contenu, pour l’internaute, c’est à peu près n’importe quoi.
Du texte, du son, des images, des vidéos, des programmes à télécharger, … peut-être un jour des odeurs et des saveurs mais on n’en est pas là.

Pour le robot, qui est un être très primitif, le seul contenu qui vaille la peine, c’est le texte.
Le robot est un univore.
Ou un monovore, à vous de voir.

Tout le reste, pour lui, c’est l’emballage.
Et si un chien est capable de s’acharner sur un sachet en papier qui a contenu un sandwiche il y a quinze ans et en conserve une seule molécule d’odeur, le robot n’a aucun odorat.

En conséquence, il faut lui donner du texte.

C’est important, parce que contrairement au chien, si le robot ne trouve rien à manger, ce n’est pas lui qui meurt mais l’emballage.
Votre site, quoi.
Un site sans texte est en danger de mort par inanition du robot.

Le robot ne voit pas combien votre site est agréable à regarder, il se fiche complètement de la finesse des bordures et de la justesse des tons, c’est le genre qui ne pense qu’à bouffer.
TexteTexteTexteTexte … J’ai faim de TEXTE.

Votre contenu est fait d’images ?
C’est une galerie de photos ou de peintures ?
Au risque de vous décevoir, je dois vous dire que pour un robot, votre site est vide !

Non seulement vous devez attribuer à CHAQUE image un Alt=”description_de_cette_image” (une description pour CHAQUE image, pour que le robot fasse Miam ! comme moi devant une boîte de chocolats fourrés) mais vous feriez bien de placer une description plus longue, bien visible sur la page de l’image.

Votre site est en Flash ?
Un jour, les robots seront tous capables d’explorer les fichiers en Flash pour y trouver le texte nourricier.
Mais jusque là, songez sérieusement à doubler votre Flash par son équivalent en texte.

En attendant, il est possible de donner un contenu alternatif si le Flash ne peut être exploité par le robot … mais c’est surtout utile pour l’internaute dépourvu du plugin adéquat.

L’essentiel, c’est de comprendre que

Faites du contenu.

signifie en réalité

Faites du TEXTE.

6 réponses à “Un sac de contenu, s’il vous plaît. C’est pour le robot.

  1. disette dit :

    Quand le robot mange du contenu…
    L’édition française poursuit Google pour contrefaçon

    Les professionnels du livre ont mis leur menace à exécution. Le Syndicat national de l”édition (SNE) poursuit en justice Google pour contrefaçon et atteinte au droit de la propriété intellectuelle. L”organisme, qui représente 90 % des éditeurs français, reproche à l”américain de numériser sans autorisation des œuvres littéraires encore protégées par le droit d”auteur. Il en met des extraits à disposition – de façon aléatoire – sur son service « Google recherche de livres ». Plusieurs milliers d”ouvrages seraient concernés.

    « Nous exigeons l”arrêt immédiat de la numérisation de ces œuvres ainsi que la suppression de tous les ouvrages diffusés par Google sans autorisation. Nous demandons 500 000 euros de dommages et intérêts par infraction constatée », détaille Serge Eyrolles, président du SNE.

    Voilà une info concrète qui ne manquera pas de vous faire réagir… :)

  2. SZarah dit :

    Effectivement, cette bonne nouvelle incite aux commentaires, merci :)

    Ceux qui vivent de leur plume ne sauraient faire autrement qu’approuver la démarche du SNE.

    La problématique est simple et il n’est pas besoin de légiférer pour le cas des moteurs de recherche, cas qui n’a rien de particulier : il suffit de faire appliquer les lois existantes en matière de droit d’auteur et de reproduction des oeuvres éditées.

    Il est nécessaire de remettre à l’heure certaines pendules, les éditeurs sont là pour ça, c’est une partie de leur fonction et ils viennent de montrer qu’ils sont attentifs.

    Peu importe de quel moteur il s’agit, il faut bien se rendre compte que son CA est riquiqui comparé à celui des éditeurs : le pot de fer n’est pas celui qu’on pourrait croire :)

    Quant à l’influence … certains feraient bien de prendre garde à ne pas perdre le capital de sympathie populaire qu’ils ont difficilement engrangé.

    En clair : aucun moteur ne fait le poids contre les éditeurs et la masse des auteurs et des autres intervenants de la chaîne éditoriale. Rien qu’en langue française, un titre sort toutes les vingt minutes environ, 7/7 et 24/24.

    Que l’Internet se transforme en un nouveau canal de distribution, pas de souci : c’est bien.

    Mais que ce soit dans le respect des lois et de contrats signés.

    Oui mais … il s’agit seulement d’extraits.
    La loi prévoit le droit de citation.
    L’extrait doit être limité en taille (au choix de l’auteur ou de l’éditeur, donc il faut demander) et ne peut constituer l’essentiel du document le concernant : il faut une partie consistante d’analyse, de présentation ou de critique.

    Autrement, il s’agit purement et simplement de reproduction illicite, je ne comprends même pas qu’il existe une polémique à ce sujet.

  3. disette dit :

    Quant à l’influence … certains feraient bien de prendre garde à ne pas perdre le capital de sympathie populaire qu’ils ont difficilement engrangé.

    Bravo SZarah, voilà une parole qui aurait pu être mienne.
    Il me semble effectivement que Google Unlimited Industry ferait bien de balayer aux frontières de son activité légale.
    Il est clair que la suprématie du moteur tient largement au capital confiance qu’il a su construire… et il n’est pas sûr que la diversification commerciale menée ne se fasse sans une remise en question de sa popularité.
    Restons vigilants et soutenons le travail des auteurs (plus que les intérêts des éditeurs… même si l’un et l’autre vont de pair).
    GG pourra pretexter haut et fort son intention d’améliorer l’analyse sémantique du moteur de recherche… no pasara !.

  4. SZarah dit :

    Je me demande s’il ne serait pas opportun d’étendre un peu la problématique.
    Finalement, très peu d’auteurs s’expriment sur les fora, on y trouve plus de webmasters avides de pouvoir s’approprier gratuitement un volume sans cesse croissant de contenu que de défenseurs des droits d’auteur.

    Il ne faut pas minimiser le rôle des éditeurs.
    Ils prennent des risques, en tout cas ceux qui n’ont pas perdu de vue leur vocation première qui est d’éditer des auteurs inconnus.
    Ce qu’ils gagnent sur un best-seller, ils le réinvestissent en partie dans des oeuvres inconnues.
    Ils préparent sans cesse l’avenir de la littérature.
    C’est un métier magnifique.

    Mais depuis quelques années, c’est la distribution qui tend à décider.
    Les distributeurs de masse connaissent les goûts de leurs clients.
    Ils sont tentés de demander aux éditeurs des produits qui se vendront à coup sûr.
    Et certains éditeurs les suivent, ne prenant plus de risques.

    Les éditeurs perdent ainsi (pas tous, heureusement) une partie de leur vocation.
    Mais ils font des sous, c’est clair.
    Ils deviennent satellites de la distribution.
    Et si le livre ne s’est jamais aussi bien porté qu’aujourd’hui, ça ne signifie pas que la qualité est plus grande que jamais.

    Avec un Google capable de quantifier au niveau mondial les préférences des lecteurs, le processus risque de s’accélérer.
    Avec, au final, une stérilisation de la créativité.
    Et peut-être, qui sait ?, Google comme seul et unique directeur de toutes les collections, dans toutes les langues et tous sujets confondus :)

  5. disette dit :

    Je considère les éditeurs comme des chefs d’entreprise doués d’une expertise, d’un sens critique et capables d’évaluer le potentiel commercial d’une ‘oeuvre’, euh… d’un produit culturel, plutôt. (C’est joli comme expression, pas vrai ! …coup de coude… mais j’ai pas le smiley qui correspond).
    Pour le reste, le violon que l’on veut bien ressortir sur la profession, mieux vaut qu’il retourne dans son étui….
    Le web pourrait justement offrir un merveilleux tremplin aux auteurs, si les majors respectaient la protection du droit d’auteur (et je n’évoque pas là le système de redistribution mis en place dans nos sociétés modernes - SACEM, SDRM…-, simplement la possibilité de mettre en ligne un contenu sans risquer qu’il soit outrageusement détourné…

  6. disette dit :

    Arf, disette s’est peut être mal exprimé… Vous allez me dire : “Mais les majors ne réclament que cela : faire respecter le droit d’auteur en sanctionnant le piratage de produits culturels…
    Oui, oui, Copier, c’est VOLER.

    Tiens, copier c’est voler ?
    Mais alors qui propose une vidéo montrant Google en train de numériser notre joli patrimoine littéraire…
    Et que répondera GG à cette accusation… et bien, qu’il a les moyens financiers, juridiques, logistiques, techniques…d’assurer à grande échelle la protection du droit d’auteur et de ses droits voisins sur le web.
    Vous voyez où je veux en venir…. Non… Bah, vous suivez où quoi ??… Szarah a déja tout dit…
    …à une chose près, c’est que cette protection ne se décrète pas mais est le fruit d’un contrat c’est à dire d’un accord de volonté entre les ayants-droits et les éditeurs…

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