Pour un positionnement clairement payant
Il serait peut-être temps de cesser de croire qu’il existe pour le positionnement des critères plus pertinents que l’argent.
Je veux parler de payer pour être positionné, ni plus ni moins.
Le Web est devenu une galerie marchande.
Dans cette galerie, il y a des allées qui portent des noms : les noms des mots-clés.
Dans chaque allée, il y a des emplacements plus intéressants que d’autres.
Ces bons emplacements sont plus chers que les autres.
C’est donc tout simple : il faut payer pour avoir un bon emplacement, n’importe quel commerçant peut comprendre ça.
Sur le Web, il n’en va pas autrement mais on refuse de le savoir.
On prétend qu’il est possible d’obtenir un bon emplacement par la valeur de ce qu’on vend : par la pertinence et la richesse du contenu.
C’est complètement idiot, quand on y réfléchit.
Regardez le monde : est-ce la qualité qui prime ?
Les produits en vedette sont-ils faits de vraie qualité vraie ou bien sont-ils promus par des artifices qui tous se ramènent à un investissement financier ?
Produits et stars, pareil.
La qualité est forcément rebelle et underground : depuis la musique underground en passant par les films-cultes, les peintres et les poètes reconnus à titre posthume et jusqu’à l’alimentation bio, les choses de vraie qualité vraie ne se voient reconnaître que si elles passent au stade de la rentabilité.
D’autre part, l’argent est une mesure universellement acceptée et reconnue.
D’ailleurs, tout le monde en veut.
Tout le monde accepte, au quotidien, que celui qui a plus d’argent a droit à une plus grosse maison, à une plus grosse voiture, à de plus beaux vêtements, …
Pourquoi n’aurait-il pas droit à un meilleur positionnement ?
Déjà, on accepte qu’avec plus d’argent on peut s’offrir un référencement de compétition et des encarts publicitaires … et ces deux points acceptés sont le pied mis dans la porte pour faire entrer le positionnement payant
Alors pourquoi ne pas franchir le pas et accepter de carrément acheter ses positions ?
Mais la qualité des contenus ?
Ce n’est pas un souci, l’internaute fera le tri.
Si un site médiocre se propulse aux premières places et s’il ne tient pas ses promesses, il sera puni par la désaffectation de l’internaute.
Il aura moins d’argent à investir dans le positionnement et il descendra dans le classement.
A l’opposé, un site de qualité s’enrichira, il pourra s’offrir des places toujours meilleures et se payer un contenu toujours meilleur.
Mais ? Mais ??!! C’est déjà ce qui se passe, d’une certaine manière !
Ahem … On peut effectivement le penser.
Le problème, ce sont les sites non-marchands et/ou qui n’utilisent pas la publicité.
Ces rebelles malgré eux, ces attardés, ne jouent pas le jeu.
Ils se font une idée assez romantique du Web, ce sont des rêveurs.
Le Web a besoin d’eux, ce sont eux qui l’ont construit, qui ont fait son intérêt, qui ont lancé la machine.
En toute logique, ils devraient être relégués, dans l’immense galerie du Web au positionnement payant, entre le local des poubelles et le bloc des ouatères.
Pour eux, il a fallu inventer tout un cirque qui justifie un positionnement équitable.
Un système à base de notoriété, de pertinence et de volume de contenu.
Une galère pour les moteurs, alors que tout pourrait être tellement simple : tu paies ta place comme à l’Opéra, plus cher = meilleure place.
Pour celui qui a de l’argent à investir et quelque chose à vendre, ces sites ne sont rien de plus qu’un faire-valoir, ils attirent du monde sur le Web, du monde qui finira bien par tomber dans leurs boutiques à eux.
Et si le créneau est intéressant, par exemple pour l’image de marque ou pour se faire des alliés, on peut toujours se l’offrir : l’argent peut tout.
L’argent peut même acheter l’open, l’investir et le récupérer.
En l’aidant réellement, oui.
Je n’ai pas dit que c’est mal.
Je dis que c’est la droite ligne de l’Histoire : l’argent a gagné comme valeur universelle, le nier ne sert à rien.
Avec un positionnement clairement et ouvertement payant, beaucoup d’énergie serait économisée qui est actuellement gaspillée à trouver des compromis, à tenter de décoder l’Algo ou à chercher à le tromper.
On ne parlerait plus de techniques douteuses puisqu’elles seraient devenues sans effet.
On serait délivrés de la tutelle paternaliste des recommandations des moteurs, et il ne serait plus question de morale.
On serait dans le concret.
Beaucoup de petits artisans du Web disparaîtraient mais ce ne serait pas plus grave que quand, lors du passage des villes de l’éclairage au gaz à l’éclairage électrique, cent mille allumeurs de réverbères furent mis au chômage du jour au lendemain
Ceux-là vont m’écharper, je le sens ![]()
Mais les autres, les créateurs de contenus intéressants, ils n’auront rien à me reprocher, parce que dans ce système ils seront nécessaires et soit ils seront rachetés ou employés, soit rémunérés pour simplement être là et pour continuer à valoriser le Web.
Et pour ne pas gaspiller, on mettra de la pub sur leurs pages
25 octobre 2006 à 21:01
Arf, SZarah… Disette a connu une Ile dont le ferment social reposait sur des coutumes aussi obscures que destructrices.
Un des mythes majeurs du Lieu reposait sur la probabilité que, disons… tous les trois mois, les habitants pouvaient être exclus de la société si jamais, ils ne participaient pas au rite du ‘pointe-moi-du-doigt’.
Pointe-moi-du-doigt, c’est le nom de l’acte fondateur qui consiste à désigner physiquement un membre de la famille, un être cher, un personnage talentueux, un bienfaiteur…
Pour une fois qu’une mise à l’index n’est pas une condamnation!
Nul ne sait exactement quels sont les fondements d’une telle pratique. Certains y voient (sans doute par analogie), le symbole primitif du tissage et de l’interdépendance si caractéristiques des vies insulaires.
Au début, la communauté était suffisamment conservatrice pour équilibrer son jeu. Si l’un des membres venait à manquer à ses obligations, il aurait encore le loisir, après une courte épreuve, de réintégrer le groupe.
Mais, pour une raison qui tient peut être à une croissance démographique instable, et qui de toute évidence, souligne la fébrilité du rapport ethnique ; des rumeurs, des réactions de repli, des ententes contre-nature, des salons privés… ont commencé à voir le jour.
C’est comme si subitement, la survie de chacun dépendait du nombre de doigts le désignant.
Mécaniquement, les rapports se transformèrent. Certains ethnopsychiatres relèvent une féminisation de la société pour exprimer l’idée que le mode de communication prédominant (et donc l’existence de chacun) reposait désormais presque entièrement sur la séduction.
Ceux que la Nature avait lésés, ne pouvaient faire autrement que de miser sur un rapport de force, d’entretenir l’idée d’une menace, d’un complot que sais-je ?… pour être finalement pointés, donc sauvés.
J’évoquerais dans mes propos futurs, si l’occasion m’en est donnée, comment l’argent est venu à transformer fondamentalement la conscience collective de ces indigènes ; comment, un rite pacifique s’est transformé en théâtre de freaks.
Pour l’anecdote, cette communauté a fini par se détourner tellement du sacré qu’elle s’est crue un instant élevée dans ‘l’élection’ d’un couple de monarques qui, au fond, étaient peut être les individus qui méprisaient le plus la médiocrité ambiante…
Mais, ceci dépasse largement le cadre de notre propos… même si il met en lumière le décor grotesque de notre tragédie.
26 octobre 2006 à 10:39
Les paraboles de Disette … un régal d’abstraction, ou l’art consommé de mettre les choses dans une perspective intemporelle.
Mon interprétation, c’est que l’exclu était celui qui n’avait été montré du doigt par personne d’autre : cessant d’être reconnu, il était éjecté, nié, il disparaissait.
La perversion vint quand on retourna le principe : celui qui était le plus montré du doigt devenait le leader, le chef, le roi.
C’est le comptage qui permit cette dénaturation : peut-être le premier crime de la Science contre l’humanité
Depuis qu’il n’est plus question de se déclarer soi-même au moteur mais de le laisser nous trouver par l’intermédiaire d’un lien placé sur un site qu’il connaît déjà, on en est revenus à la coutume que tu décris.
Pointe-moi-du-doigt, dis au monde que j’existe …
C’était l’idée de base.
On en a fait : plus tu as de doigts pointés sur toi, plus tu es leader dans ta partie.
C’est le principe des BL et de la démocratie (mais là c’est un seul doigt par personne).
Mais il ne faut pas perdre de vue que ce n’est pas le principe premier et ta parabole le rappelle joliment.
Dans le principe premier, il n’y a pas de compétition, pas de notion de leader, seulement une notion de reconnaissance d’existence.
Peut-on exister sans le regard des autres ?
Sur le Web, certainement que non.
Mais un seul regard suffit pour que l’individu soit enchaîné au fil rouge de la communauté.
La perversion, c’est la compétition.
On peut lui trouver quantité de justifications, à commencer par la sélection naturelle nécessaire à la survie de l’espèce.
La nature a tendance à éliminer les faibles.
L’homme est plus tortueux : les faibles, il les exploite à son profit, il transforme leur gestion en valeur ajoutée.
Que serait un roi sans sujets ? Que serait un gros PR sans la multitude des petits doigts pointés sur lui ?
L’homme sait tricher : il peut élever un faible au rang de leader (spamdexing).
L’homme sait truquer : il a donné plus de valeur à certains doigts qu’à d’autres (poids des BL, retour au suffrage censitaire).
Résumons : le système des BL n’a rien à voir avec une quelconque démocratie, le Système est corrompu par le spamdexing et il est fondé sur une perversion de l’idée d’origine.
C’était bien, sur l’île, au début …
26 octobre 2006 à 10:50
“Celui montré du doigt n’est pas mis à l’index.“
26 octobre 2006 à 14:47
SZarah, ne croyez pas que je sois insensible à la dimension temporelle.
Aujourd’hui, la conscience collective des indigènes (que j’appellerai à ce stade génétique « freaks ») est à ce point altérée qu’à la notion de temps, on préfère celle éminemment plus profane d’instant.
Au commencement, le temps de l’Ile était celui de la religion. Le rite était l’occasion de réaffirmer périodiquement les valeurs communautaires… et chacun de finir dans l’exaltation d’une dance, une catharsis.
« Les liens sont le sang du web. »
Aujourd’hui, avec la quantification perverse de l’existence (que vous avez parfaitement analysée comme une inversion dangereuse de proposition), la vie de l’indigène autrefois booléenne (j’existe dans une communauté / je ne suis pas) se mesure.
Des freaks existent donc plus que d’autres.
Le pouvoir de ces freaks vient de la nature transmissive de celui-ci.
Ces freaks qui ont un supplément de vie, s’ils me calculent bien, me donneront en retour une existence plus riche.
Le passage de la Communauté au Marché est alors franchi.
Le passage du Temps à l’instant (évaluation permanente des liens et des existences des Freaks) est alors souhaitable car efficiente.
Je vous parlerais prochainement, si SZarah me permet une parole supplémentaire sur son blog, des signes prédictifs de cette perte d’identité collective.
On pourra ainsi suivre les dégradations du rite ‘pointe-moi-du-doigt’… en analysant le ‘pointe-moi-du-doigt-mou’ - (appelé aussi ‘pointe-moi-du-doigt-302’) -, le ‘pointe-moi-du-doigt-myope’ - dit en ‘no-follow’ - et d’autres pratiques modernes qui rendent plus visible notre existence sur l’Ile.
27 octobre 2006 à 16:25
SZarah,
Doit on comprendre dans votre billet que le référenceur 2.0 n’existe que par son portefeuille ?
Doit on comprendre que le laboratoire secret auquel vous participez n’arrive pas à identifier d’autres critères gagnants que ceux de l’argent ?
Qu’en est-il du vote ?
Qu’en est-il de la popularité mesurée par la fréquence de passage des internautes ?
Qu’en est-il de la durée de navigation ?
Qu’en est-il de la profondeur du parcours sur un site ?
Qu’en est-il de l’impact des adsenses… je ne peux pas croire que ceux ci jouent de quelque manière que ce soit dans le positionnement ?
Vous voulez communiquer ??
Bloguez, Bloguez tant qu’il vous fera plaisir ! …
… mais de grâce, ne cachez pas sous le devoir de réserve les conclusions que vos lecteurs sont en droit d’attendre…
27 octobre 2006 à 20:34
Ben oui quoi ! Y’en a de plus en plus qui sont sans le sous ! C’est un marché énoooooOOOOooorme ! Et en augmentation exponentielle !
27 octobre 2006 à 20:56
Crois-tu Taranis, qu’en choisissant de titrer ce billet pour un positionnement clairement payant, SZarah essaie de nous préparer à l’idée qu’il va falloir bientôt verser une cotisation pour pouvoir lire ses analyses ?
27 octobre 2006 à 23:06
D’où me vient ce sentiment étrange que quelqu’un non seulement essaie mais réussit à se moquer de moi ?
Qu’importe ! Je vais répondre, et d’abord à cette question du laboratoire secret
Il a à peine eu le temps d’être inauguré.
L’instant d’après, son principal ingénieur était embauché par un moteur dont je tairai le nom pour la simple raison que je l’ignore (croyez-moi ou non, peu importe, trente autres personnes pourraient témoigner)
Voilà de quoi entretenir les paranos, non ?
Mais que sont devenus les locaux virtuels, la machinerie, le bar ? Toujours enterrés sous une épaisse couche de iFrames inviolables, mais désaffectés sinon pour d’épiques rencontres de sudoku
Et le projet ? Le projet, ses lignes étaient tracées bien avant la construction du labo, il n’y avait aucune raison de ne pas en poursuivre l’exécution pour motif de décapitation. C’est toujours en cours.
28 octobre 2006 à 0:34
Ha mais Disette, c’est qu’on peut déjà payer pour lire ses analyses !
28 octobre 2006 à 1:21
J’insiste : ce ne sont en aucun cas des analyses, seulement des divertissements étayés par des rumeurs presqu’aussi douteuses qu’elles sont suspectes, divertissements faits pour le simple motif du plaisir, énoncés comme des approximations relativistes et développés comme des origamis en pâte à modeler !
Tant pis pour celui qui les prendrait au sérieux !
Et bien entendu ces non-analyses ne valent pas un maravédis, ni même une génuflexion avant d’entrer.
28 octobre 2006 à 1:46
Taranis Says :
Tu sais Taranis, si je visais la retraite à 40 ans, je ne pratiquerais pas autrement…
Abracadabra… : Je m’assure le soutien d’un grand forum
Abracadabra : je prends un chien …
… en leasing.
Classe, non ?
28 octobre 2006 à 11:34
Tes propos sont obscurs, disette. Veux-tu parler d’un type de chien à usage particulier ?
28 octobre 2006 à 12:59
Voilà une question trés trés obscure, Taranis. Le mieux ne serait-il pas de demander directement à SZarah, non ? :roll
28 octobre 2006 à 13:41
Si c’est pour faire une planche sur La place du chien dans le référencement, je préfère la mettre directement dans la Wikipedia. Et en chinois, tiens.
29 octobre 2006 à 18:59
Le kit de survie du référenceur cyniqueJe me doutais bien que cette histoire de chien vous travaillait…
… Curieux ?! Cet art consommé manifeste encore quelques principes actifs…
29 octobre 2006 à 20:00
Le kit de survie du référenceur cynophile29 octobre 2006 à 23:32
Entre la défense des chiens et celle de la couche d’ozone, il y a longtemps que j’ai choisi.
Pi Arsène a raison : c’est cynophile. Cynique ou cinéphile, vous auriez raillé de même
30 octobre 2006 à 7:32
…. de même si vous aviez retenu : κύων.
30 octobre 2006 à 11:02
J’aurais pu utiliser κύων en effet, mais pour délatiniser le canis et l’engrecquer, ce qui aurait donné un improbable quonophile, non merci
30 octobre 2006 à 14:44
Votre mauvaise foi frôle celle d’un Cynosarge…
Ma référence 1ère était celle au Κυνικοί de votre titre…
30 octobre 2006 à 15:02
La mauvaise foi fait en effet partie de mes moindres qualités mais le remède est simple si on ne la supporte pas avec humour : pour se mettre à l’abri, il suffit de prendre un antisthènique
31 octobre 2006 à 7:14
Et maintenant vous voulez me droguez ?!?
Une solution alternative, plus écologique consisterait tout simplement à ce que l’orgueil s’incline devant la raison…
31 octobre 2006 à 7:17
J’en perd mon orthographe… tout cela va me conduire droit à une déprime d’automne si je ne suis pas vigilant…
31 octobre 2006 à 9:00
Ce serait un précédent fâcheux et à vrai dire, une trahison de mon image. Si je m’incline, c’est par respect pour le grand âge de mes aînés, quoi qu’ils puissent dire
Dont acte : J’avais tort.
C’est très confortable, une déprime d’automne : on s’y remplume pour les frimas, on ralentit le rythme, on prépare les combats du printemps suivant, on fourbit les serveurs, … 2007 sera sévère et plus que jamais une Durluth™
31 octobre 2006 à 10:22
Je veux bien vous suivre sur votre chemin de lumière par sur celui du conformisme…
31 octobre 2006 à 12:49
Mais n’est-ce pas justement du pur conformisme moderne que de s’incliner devant la raison ?
Relisez bien : j’ai écrit J’avais tort, pas Vous aviez raison
31 octobre 2006 à 13:16
Vous sauvez votre image SZarah
Seul les gens qui maitrisent leur ego trouvent grâce aux yeux du Monde…
Place à la légèreté !