Les enfants de choeur

Pour réussir à bien positionner un site dans les SERPs, est-il nécessaire de comprendre le fonctionnement des moteurs de recherche en général et en particulier celui du moteur le plus utilisé ?

Il semblerait que non, puisque de très nombreux sites se trouvent aux positions d’excellence sans avoir fait l’effort du moindre référencement volontaire et sans aucune intention d’optimisation.
Bien sûr, certains sites rencontrent de manière naturelle les exigences des moteurs, mais c’est loin d’être le cas pour tous ceux qui se trouvent sur le podium.

La tentation de comprendre peut naître d’une curiosité purement intellectuelle, ou encore dans le cadre d’une recherche fondamentale ou qui tend à créer une concurrence nouvelle par un reverse engineering basé sur l’observation et l’analyse des résultats.

La raison la plus fréquente de la curiosité, c’est tout de même le souhait de réussir à mieux positionner les sites dont on a la charge.

Et pour réaliser cet objectif, il n’est pas nécessaire de connaître la mécanique mais simplement les causes et les effets.

Pour conduire une voiture, il n’est pas nécessaire de savoir comment une simple rotation du volant fait tourner les roues en même temps.
Les démultiplications de la force, ses transferts, les crémaillères, … le conducteur s’en fiche, il lui suffit de tourner le volant et la voiture suit le mouvement.

On peut être un parfait conducteur sans rien connaître à la mécanique ni même à ses principes.

Il suffit de savoir que si on agit sur le volant, la voiture va tourner.
En tout cas ses roues, parce qu’une voiture à l’arrêt, ça ne tourne pas.
Il faut du mouvement.

Et bien entendu, il faut avoir conscience de la relation entre le volant et les roues.
Un homme du paléolithique aurait du souci à se faire devant une voiture, ne serait-ce que pour en ouvrir la portière.
Mais un exemple, un seul, suffirait pour qu’il comprenne.
Et aussi, il faut apprendre que ce qui paraît concomittant n’est pas forcément la cause d’un effet.
Actionner un clignoteur ne fait pas tourner la voiture.

En référencement, c’est la même chose.

Un nombre très limité de règles permet de se placer dans les SERPs.

Mais bien sûr, pour la Formule 1, il faut de bonnes machines et de bons pilotes.
Et aussi un bon règlement - mais les bons pilotes s’accommodent des mauvais règlements, ils savent même comment tirer profit des faiblesses de l’organisation.

Quant au podium, pour le viser il faut non seulement le pilote et la machine mais aussi de quoi opérer des réglages fins.

C’est là qu’on redécouvre l’utilité de connaître le plus possible des paramètres qui font que la voiture tient bien la route, roule vite et gagne.

En référencement, ce n’est pas plus compliqué :)

Donc, ce l’est, et pas qu’un peu.

On peut voir les choses du côté du pilote, du côté du motoriste ou du côté de l’ingénieur qui règle l’équilibre des paramètres.

On peut plonger dans la théorie et examiner l’heuristique pour déterminer un modèle mathématique puis résoudre le système qui n’est jamais que linéaire.
On peut observer ce qui se passe, démonter les voitures des concurrents pour tenter de comprendre comment ils réussissent (quand ils réussissent).
On peut essayer différents réglages, par exemple changer la pression des pneus et tester la nouvelle tenue de route.
On peut même changer le pilote :)

Et il ne faut pas oublier de tenir compte de l’état de la piste : un petit frémissement de l’Algo et hop, il pleut, on a chaussé des gommes inadaptées, on hésite à rentrer au stand pour en changer, et badaboum c’est le crash.
Mais n’anticipons pas :)

Le parallèle mou va s’arrêter ici, parce que entre les deux types de compétition il y a une différence fondamentale.
La F1 est un sport qui passionne des milliards de personnes qui n’y participent pas.
Le référencement passionne seulement les pilotes concurrents.

Et si tous les pilotes de F1, comme leurs machines, sont globalement au même niveau, les pilotes de sites sont bien loin d’être égaux.

Certains croient sincèrement qu’actionner le clignoteur fait tourner la voiture.
Ils l’ont vu ! Ils ont mal vu, ou bien ils ont mal interprété ce qu’ils ont vu. Mais ils y croient.
Ils l’ont lu ! On leur a menti. sciemment ou par ignorance. Mais ils y croient.
En plus, ça leur paraît logique … Rien n’est plus chronovore que la logique mal fondée.

Alors, la grande question est là : faut-il le leur dire ?

Leur montrer le volant, le levier de changement des vitesses ?
Leur dire quel indice d’octane utiliser ?
Leur montrer où se trouve la trappe du réservoir de carburant ?

Certains, en vils mercenaires, ont choisi de vendre ou de louer leurs capacités de coaching, d’autres, idéalistes, les prodiguent à titre gracieux mais au compte-gouttes dans des propos sybillins, d’autres encore, les plus malins sans doute, ouvrent des espaces de discussion où s’érigent des chapelles de certitudes.

Tout cela pour quoi ?
Pour transformer de gentils enfants de choeur en redoutables carnassiers et les inféoder au veau d’or ? Pour les réduire en esclavage rémunéré ?

Comment disait Antoine, déjà ?

Ah oui !

Mais qu’est-ce que je fouOUUUUUUS ici ?.

Il s’est répondu à lui-même : il est parti pour les îles :)

2 réponses à “Les enfants de choeur”

  1. Arséne dit :

    Il y a aussi des gens qui ont fait un site et qui aimeraient bien que ça leur rapporte quelques deniers.

  2. SZarah dit :

    Si c’est juste pour faire quelques deniers, il n’y a pas de mystère :
    - un thème unique par site;
    - un bon contenu en croissance constante;
    - une notoriété progressive par de judicieux BL dans la thématique;
    - respecter les recommandations que les moteurs font aux webmasters;
    - faire mijoter le temps nécessaire pour atteindre mille visiteurs par jour;
    - à ce moment-là, placer des annonces.
    Les quelques deniers tomberont dans l’escarcelle.
    Mais qui se contente de ça ?

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.