Vous avez complété son formulaire en ligne, vous lui avez téléphoné, vous avez convenu d’un rendez-vous et vous y voilà.
Pas besoin de fleurs ni de chocolats, mais n’oubliez pas votre chéquier ou votre Amex.
A moins que quelques dizaines de minutes après avoir téléphoné, il vous aît rappelé pour vous dire que Non, finalement ce ne sera pas possible, votre site ne correspond pas à notre créneau de traitement personnalisé.
Mais une petite formule standard, ok, on peut vous arranger ça, pas besoin de se voir.
Ça arrive que vous ne soyiez pas à la hauteur.
Surtout si votre site est nul et que vous vendez réellement trois couvertures en macramé et que votre trésorerie est notée comme désespérée sur les sites qui livrent des infos sur la santé des entreprises.
Ah bin oui, il a le droit de se renseigner aussi
Et bien sûr, pour les formules low cost, ne vous attendez pas à rencontrer votre prestataire : ce n’est pas un épicier et c’est comme au poker, il faut payer pour voir 
Disons que à partir d’un budget annuel prévu de 5000 Euros (pub non comprise), vous pourrez voir l’artiste en chair et en os.
Un de ses employés, je veux dire.
Le patron, il est toujours autre part, à L.A. pour un séminaire, à l’Elysée ou à Matignon pour arranger une campagne ou l’autre, ou alors tout bêtement il donne son cours hebdomadaire au M.I.T.
Vous vous sentez demandeur, tout-à-coup 
Et vous savez quoi ?
Vous l’êtes, demandeur.
Mais bon, disons que c’est juste une agence normale, son nom vous a bien plu, ses bureaux n’étaient pas trop loin.
Ce qui intéresse le prestataire :
- le budget que vous envisagez;
- si vous comptez acheter des liens sponsorisés (pub) ou pas;
- si vous voulez une restructuration complète de votre site ou si vous vous contenteriez de l’optimisation de quelques pages;
- si le site est vierge question référencement ou bien s’il a déjà été salopé par un dilettante (tout autre pro est un dilettante, c’est comme en plomberie comme je l’ai déjà dit).
Ce qui vous intéresse :
- un budget clair pour des prestations précises avec des objectifs déterminés et des résultats garantis sur telle durée.
Le budget clair, vous savez ce que c’est … ça a tendance à exploser sous la pression des impondérables.
Les offres d’appel, vous connaissez.
Tout est dans les options et forcément les options, ça coûte.
Peinture métallisée, sièges en vraie peau de toro … ça se paie.
Je veux parler de la voiture du référenceur. C’est un peu vous qui la payez.
Les prestations précises, pas de souci, vous en aurez la liste qui devrait ressembler à ceci :
- audit de votre site;
- choix des x mots-clés les plus adaptés;
- optimisation de x pages sur ces mots-clés;
- création de x liens pointant vers votre site, contrôle de ces liens;
- rapport de positionnement (ce sera à fréquence hebdomadaire, seuls les gros budgets sont suivis de plus près);
- rapport de trafic (quotidien, c’est full-auto);
- analyse du trafic (pareil, et indispensable puisque vous n’êtes pas fichu d’interpréter un rapport, on a dit que vous ne vouliez pas mettre les mains dans le cambouis).
Les objectifs à déterminer …
D’instinct, on choisirait le trafic, pas vrai ?
Beaucoup de visiteurs.
Seulement, le positionnement entraîne le trafic mais l’inverse n’est pas vrai.
Le trafic peut être simulé par artifices et ne rien vous apporter du tout, le positionnement peut être amélioré par le référencement et par l’achat de mots-clés (pubs).
Donc : visez le positionnement.
Quelles positions pour combien de mots-clés ?
Commencez petit : deux mots-clés qui feraient apparaître votre site dans les cinq premiers de la première page de résultats des moteurs, ce serait bien à terme de trois mois.
En fait, le référencement vous fera grimper sur tous les moteurs, c’est le dumping par achat de mots-clés qui fera grimper le nombre de visiteurs en provenance du moteur associé à la régie publicitaire.
Plus bas que la dixième place, inutile d’y penser, ça ne vous améliorera pas assez la vie (sauf sur des requêtes hyper-courues).
Et si on vous vend une deuxième page, laissez tomber, personne ne va jusque là, tout le monde trouve son bonheur sur la première page.
Les garanties.
Quelles garanties ?
On vous en fera parce que c’est de bonne pratique mais en excluant les méfaits des impondérables.
Et des impondérables, il n’y a que ça en SEO.
Les moteurs changent leurs algos sans prévenir, les concurrents trichent effrontément …
De toute façon, toutes ces informations sont évidentes, vous les recevrez.
Mais d’autres, il faudra les demander.
Quels sont vos clients que je pourrais rencontrer ?
Bin vous êtes fou ? Ça ne se fait pas !
Faut pas demander des trucs comme ça !
De plus, le référenceur n’aurait aucune difficulté pour vous procurer des témoignages de complaisance 
Tout ce que vous pouvez espérer, c’est une liste de sites déjà traités par le référenceur.
Il en a certainement quelques-uns dont le succès anormal pourra vous convaincre que sans son intervention ils n’en seraient pas là.
Parce que bon, classer SNCR en top position sur la requête train, ce n’est pas vraiment un exploit 
N’oubliez pas que le référencement naturel existe et fonctionne à la perfection si l’offre est unique ou peu concurrentielle.
Mon créneau est-il concurrentiel ?
Si le référenceur est routiné et s’il a pris la peine de se pencher un tout petit instant sur votre demande avant votre arrivée, il pourra vous répondre.
Si sa réponse vous donne l’impression que le référenceur va traiter votre cas sans tenir compte de ses spécificités de thématique comme de structure, laissez tomber.
Il n’y a pas de site-standard en référencement, donc pas de solution standard.
Celui qui vend un kit de référencement standard est un référenceur standard.
Vous valez mieux que ça
Avez-vous déjà un client dans mon créneau ?
C’est un peu le souci, ça.
Ne prenez aucun risque : si ce référenceur gère déjà le référencement d’un autre marchand de couvertures en macramé pour chiens, allez voir ailleurs.
Mais rien ne l’oblige à vous le dire, qu’il booste déjà votre concurrent.
Bon, peut-être que c’est dans un autre créneau géographique ou de langue mais si vous êtes sur Internet c’est pour vendre un peu plus loin que le coin de la rue, non ?
C’est d’ailleurs une autre bonne question à poser : comment référencer un site multilingue ?
Plusieurs domaines ?
Un hébergeur dans chaque pays concerné ? Ou bien un seul site et alors où ?
Avec des sous-domaines ou avec des dossiers ?
Non mais je le sais que ça n’a rien à voir, c’est juste histoire de vous filer une question embarassante à lui poser pour voir s’il est cap’ ou pas 
C’est la question-piège, ça.
A poser quand il vous a convaincu sur tout le reste.
Mon site doit-il être refait ?
Modifié ? Transformé ?
Si votre site n’est pas bien construit, il faudra y travailler bien plus qu’en se contentant d’en optimiser quelques pages.
Par exemple, chaque page doit présenter un titre et une description qui lui sont propres.
Si ce n’est pas le cas et qu’à votre question le référenceur, reste évasif ou dit que ça importe peu, c’est qu’il a choisi de vous injecter des doses massives d’achat de mots-clés.
Ce n’est pas un référenceur mais un détaillant en mots-clés.
Les résultats, c’est pour quand ?
Si vous achetez des mots-clés, les résultats peuvent suivre en quelques jours.
Pour le référenceur, c’est la solution de facilité mais elle ne saurait durer sans injection continuelle de nouveaux encarts.
Le référencement durable passe par une stratégie de liens externes (qui pointent vers votre site) et internes (qui assurent la circulation de l’internaute à l’intérieur du site) comme par une structure efficace (sans parler du contenu).
Les liens externes (BL) peuvent être loués ou obtenus par partenariats ou encore par inscription dans des annuaires.
Le référenceur routiné dispose des moyens nécessaires pour obtenir facilement de tels liens.
Mais point trop n’en faut à la fois et il s’agit d’éviter les inscriptions automatiques comme les liens suspects, et il faut aussi faire varier le texte et la page-cible des liens.
Poussez-le à vous expliciter la stratégie de liens qu’il compte appliquer à votre site.
Utilisez-vous des techniques déconseillées par les moteurs ?
Pages satellites ? Cloaking ? Mots cachés ? Nuages de liens ? Liens venant de farm links ? Carpet bombing de mots-clés ?
C’est une question très importante parce que beaucoup de thématiques n’ont en réalité aucun besoin de ce doping pour qu’on puisse espérer un bon référencement propre tandis que certains secteurs les exigent (au risque d’entraîner des pénalités par les moteurs).
Si votre créneau est très concurrentiel, vous échapperez difficilement à la prise de risques.
Mais l’important, c’est que vous le sachiez.
Si votre site vient à être blacklisté, vous pourrez dire que vous ne connaissiez pas les manoeuvres de votre SEO, et vous serez réintégré plus rapidement.
Le moteur ne sera pas dupe mais c’est le jeu.
Vous pouvez aussi choisir de ne rien vouloir savoir des méthodes utilisées.
Ou exiger qu’il ne soit fait usage d’aucun système de triche.
Mais de toute façon, précisez les limites des risques que vous acceptez de prendre.
Sinon, vous risquez de vous retrouver avec un site-cobaye pour des techniques dangereuses.
Avez-vous déjà eu des clients pénalisés ?
Si la réponse est négative, soit on vous ment soit vous avez affaire à un référenceur qui ne prend aucun risque ou qui jusqu’ici est passé outre aux soucis ou encore qui n’a jamais eu besoin des techniques critiques donc jamais eu à traiter de sites très concurrentiels.
C’est un menteur, un veinard ou un enfant de choeur.
Si la réponse est positive, n’en déduisez pas que ce référenceur est un méchant tricheur fier de l’être.
Le référencement optimal, c’est la recherche des limites.
Le client veut toujours tout illico, vite et fort.
Un jour ou l’autre, un moteur frémit de l’algo et on se retrouve de l’autre côté de la ligne blanche.
Demandez de quel(s) site(s) il s’agit : c’est une référence qui en vaut bien une autre.
Vous apprendrez comment ils sont tombés, pour quelle raison et comment ils sont remontés et combien de temps ça leur a pris pour récupérer leurs places.
Et vous serez soulagé
Ensuite ?
Ensuite, vous signez le chèque et la longue attente commence.
Plus tard, quand vous serez grand, vous vous occuperez du référencement de votre site dans votre boîte à vous, vous vous serez offert en CDI un esclave spécialisé, mais vous continuerez à fréquenter votre référenceur de temps à autre pour lui acheter les nouvelles tendances, faire le point sur vos résultats, pour faire des frais, aussi 
On se fâche rarement avec son premier bon référenceur et il connaît la musique, il sait que vous le quitterez un jour non pas à cause de lui mais pour être plus indépendant, et que vous repasserez le voir de ci de là, comme pour une visite à une ancienne maîtresse