ODP, le retour attendu ?
Mercredi 29 novembre 2006Le 20 octobre, DMOZ.org plongeait sous la couverture-radar et disparaissait des écrans.
La partie annuaire allait rapidement refaire surface sur base d’une sauvegarde mais l’essentiel manquait à l’appel.
L’essentiel : l’interface de soumission des sites et celle de gestion de ces soumissions.
La boîte noire ne livrait rien à part un bruit blanc et il était permis de se perdre en conjectures.
AOL avait-il lâché l’ODP ?
C’est vrai que AOL aurait eu beau jeu de profiter de ce crash historique pour laisser tomber l’ODP s’il en avait eu l’intention. Un petit communiqué laconique sur base de force majeure et ce reliquat de Netscape était liquidé.
Mais bon, AOL n’a rien dit.
Et ce silence fut interprété, bien sûr
Quelqu’un chez AOL connaissait-il seulement l’existence de l’ODP ?
Quelqu’un savait-il seulement où se trouvaient physiquement les serveurs ?
Un raton laveur avait-il grignoté le câble de l’alimentation principale ?
L’annuaire était-il destiné à périr faute de pouvoir s’enrichir de nouveaux sites ?
Les éditeurs allaient-ils se décourager et quitter l’épave ?
Tellement de questions, et pas toutes innocentes !
A l’intérieur comme à l’extérieur, la communication cafouilla à tel point qu’on pourrait en faire un cas d’école.
Non par incompétence ou par manque de volonté mais simplement par manque d’informations à orchestrer.
Il y avait une seule chose à dire et elle fut dite sobrement :
C’est cassé, c’est en réparation, croisons les doigts pour que ça aille vite.
On parla de lacunes dans la communication.
Franchement, qu’aurait-on gagné à envoyer un mail-standard à tous les éditeurs ?
Le forum était là, y venaient ceux qui se sentaient concernés.
A l’extérieur …
Certains se léchaient les babines et donnaient libre cours à leurs fantasmes.
L’Annuaire était dépassé face aux moteurs, comme tous les annuaires d’ailleurs, il subissait d’âpres critiques depuis longtemps, mieux valait le laisser agoniser.
On lut des propositions de rachat - mais avec qui diantre communiquer pour faire une offre ?
Que de pognon on pourrait se faire sur un tel annuaire !
Comme c’est étrange : rentabilisé, il ne serait plus dépassé ?
D’un coup, c’était toute la problématique des grandes oeuvres collaboratives qui faisait les frais de la conversation.
En l’espace d’un mois, les critiques concernant la Wikipédia se multiplièrent, comme s’il fallait d’urgence trouver une nouvelle cible aux tirs des marchands.
Haro sur l’oeuvre humaine libre de visées mercantiles !
A vrai dire, je m’attendais à plus de férocité, à plus de lazzis, à une plus grande jubilation.
Mais sans doute a-t-on bien intégré le coup de la peau de l’ours qu’il faut éviter de vendre trop tôt, et sans doute assez de films ont-ils montré que le zilla qui a l’air mort peut se relever ![]()
Ou bien est-ce le respect que l’on doit au travail des éditeurs ?
En tout cas, on sut éviter les sujets qui fâchent et les éditeurs surent garder leur réserve.
Les plus dépités sont les éditeurs.
En effet, si les Technos peuvent bosser (tournevis et clavier, déplacement à mains nues de précieux téraoctets, … bricolages de Technos, quoi), les éditeurs ne peuvent rien faire sinon sombrer peu à peu dans le découragement et continuer à faire bonne figure dans l’attente d’une nouvelle bonne ou mauvaise.
Les plus blessés sont ceux qui ont consacré le plus de temps et le plus d’efforts et depuis le plus longtemps à cet édifice unique qu’est l’ODP.
Blessés de ne pas savoir quoi répondre aux questions.
Et blessés de savoir que beaucoup d’éditeurs ne reviendront pas.
Mais surtout : blessés d’avoir eu peur.
Si si, il ne faut pas se la cacher, cette peur.
Même moi, nano-éditrice de fraîche date qui ne craint pas de sortir la nuit dans les bois, j’ai eu un petit pincement au creux de l’estomac.
Jusqu’au moment où j’ai trouvé assez d’informations à synthétiser pour me faire une opinion qui vaille plus qu’une impression ou qu’un espoir.
Alors … Où voulais-je en venir ?
A ceci : l’ODP est sur le chemin de la rentrée.
Ce n’est qu’une question de temps et de priorités (les pros savent que les priorités changent au quotidien).
Mais la chose paraît certaine : l’ODP n’est ni liquidé ni en voie de liquidation.
Des gens s’affairent (je n’ai pas dit comme des bêtes, ils s’affairent, c’est tout) à la reconstruction et aux tests, et c’est clair que ça irait plus vite s’ils pouvaient tester uniquement ce qui foire
L’interface de soumission et celle d’édition reviendront quand le système aura été testé comme assez stable pour garantir raisonnablement tout risque de rechute.
Pour Noël ?
Ce serait un beau cadeau.
(Et Noël peut tomber le premier décembre, ou le premier lundi de décembre.)
(Et si je me trompe, je me prive de soldes en janvier.
Faut savoir assumer ses états d’âme rationalisés.)