Pour permettre son exploitation efficace, un document doit être structuré.
La structure du document doit respecter les standards auxquels sont habitués les visiteurs.
Sinon, c’est de l’Art et sa compréhension est réservée à ceux qui ont du temps à perdre pour décoder le contenu.
Cela ne s’applique pas seulement au texte mais à n’importe quoi qui prétend être pratique d’utilisation.
Considérez une grande surface de vente : il y a des rayons clairement identifiés.
On n’y trouve pas les perceuses à côté des yaourts.
Ou alors, c’est au sens propre un souk et ça a un charme certain, mais il faut du temps pour y trouver ce qu’on est venu y chercher.
C’est pré-optimisation de la vente.
Mais attention : sur l’étal du marchand de légumes, c’est structuré.
Les carottes sont avec les carottes et les haricots avec les haricots.
Le Web, c’est le souk, tout le monde est d’accord.
Mais un site, c’est un étal, et c’est mieux quand c’est organisé.
On me dira qu’il y a les boutiques d’antiquités, tout y est mélangé n’importe comment, et qu’il y a Ikéa.
Oui mais non, ces endroits de vente participent à une autre conception, celle du parcours simili-erratique mais en réalité très finement étudié et contrôlé : un modèle à tenter de transposer sur un site.
[ Accessoirement : dans les grandes surfaces commerciales, c’est à la sortie qu’on trouve les petites choses inutiles voire nuisibles et qui font grossir.
Placez donc vos annonces à la sortie de votre site, pour que l’internaute les consomme au moment où il veut se tirer.
Le tout est de savoir où se trouve la sortie de votre site mais c’est facile avec vos statistiques, et c’est un autre sujet. ]
Revenons aux choses simples :
- le contenu, c’est principalement du texte;
- il convient de structurer le texte de manière à ce qu’il soit le plus facilement exploitable par les internautes;
- parmi les internautes, il y a bon nombre de personnes complètement inféodées aux modèles traditionnels de structure, il faut donc éviter d’innover.
Le modèle le plus connu, le plus courant, le plus vulgaire, c’est le livre.
Le roman est structuré très simplement : en chapitres.
Comme structure, on trouve donc :
- Titre du roman
- Chapitre 1
- Chapitre 2
- …
- Chapitre n
Deux niveaux.
Et les romanciers sont devenus tellement paresseux que la mode s’est imposée de ne plus donner de titre aux chapitres.
Avant cette déliquescence qui se prétend progrès, on trouvait pour les vraies oeuvres littéraires des structures plus élaborées.
Considérons La légende des siècles de Victor Hugo.
Nous y trouvons trois séries.
Chaque série est séparée en chapitres eux-mêmes divisés en sous-chapitres, ce qui donne par exemple (que les puristes placent des majuscules là où ils le jugent bon) :
- Titre : La légende des siècles
- Première série : Histoire - Les petites épopées
- D'Eve à Jésus
- Le sacre de la femme
- La conscience
- Puissance égale bonté
- Les lions
- Le temple
- Booz endormi
- Dieu invisible au philosophe
- Première rencontre du Christ avec le tombeau
- Décadence de Rome
- Au lion d'Androclès
- L'Islam
- L'An neuf de l'Hégire
- Mahomet
- Le cèdre
(...)
- Deuxième série
- (...)
- (...)
- Dernière série
- (...)
- (...)
Il s’agit d’une structure à quatre niveaux, titre compris.
Comme il s’agit de Victor Hugo, tout est dit, on ne discute pas : quatre niveaux titre compris, il n’en faut pas plus.
[ Les ratiocineurs diront que Décadence de Rome ne comportant qu’un seul enfant ne devrait pas se trouver au même rang que les autres chapitres mais l’enfant en question, Au lion d’Androclès, est en fait divisé en parties qui, se succédant dans un concept commun, ne peuvent être listées comme s’il s’agissait d’entités autonomes.
C’est là que le roman privé de titres de chapitres retrouve sa légitimité
]
Un, deux, trois, … beaucoup, ainsi comptaient les sociétés primitives.
La capacité de calculer n’a rien changé à cette limite.
Nous comptons trois dimensions et il nous est difficile de nous en représenter plus (même si on peut les utiliser).
Trois est l’exacte mesure de la capacité structurelle de la pensée humaine.
En matière scientifique, par exemple sur Medline, l’arborescence compte un niveau de plus … mais cette source est destinée à l’exploitation par des cerveaux formés.
En bref : le titre et trois niveaux, point barre.
Et chaque niveau doit porter un titre.
Comme les concepteurs du HTML avaient lu Victor Hugo (mais si, bien entendu) et qu’il leur en était resté quelque chose, ils ont prévu des balises pour les sections des documents.
Il s’agit évidemment des balises Hn.
Reprenons :
- Titre : <h1>La légende des siècles</h1>
- <h2>Première série : Histoire - Les petites épopées</h2>
- <h3>D'Eve à Jésus</h3>
- <h4>Le sacre de la femme</h4>
- <h4>La conscience</h4>
- <h4>Puissance égale bonté</h4>
- <h4>Les lions</h4>
- <h4>Le temple</h4>
- <h4>Booz endormi</h4>
- <h4>Dieu invisible au philosophe</h4>
- <h4>Première rencontre du Christ avec le tombeau</h4>
Quatre niveaux, de H1 à H4, suffisent.
La norme prévoit deux niveaux de plus : H5 et H6.
C’est parce qu’elle a prévu l’utilisation par des cerveaux formés (H5) et par des cerveaux aliens (H6).
Ne vous servez pas de ces niveaux si vous voulez ratisser large.
Mais utilisez systématiquement les autres ! (de H1 à H4)
Existe-t-il une autre manière pour baliser proprement un document ?
Non ./
Il faut utiliser les balises H : structurer à la hache.
Par défaut, les navigateurs dessinent les balises H en différentes tailles et graisses, le H1 étant le plus important donc le plus visible.
Vous pouvez facilement arranger ces tailles et graisses (et la police, la couleur, …) au moyen des CSS MAIS veillez à conserver la hiérarchie
jusque dans le rendu visuel : H1 plus important que H2, H2 plus important que H3 et ainsi de suite.
L’internaute vous en saura gré.
Un détail important : sur le Web et plus particulièrement pour les moteurs, l’unité documentaire de base est la page,
pas le site.
Le H1 désignera donc le titre de la page et non pas celui du site.
Le title pourra froidement reprendre le contenu du H1 sans que ça nuise en rien au référencement.
Evitez de placer un lien en H1 vers la Home.
C’est bourrin.
Autre détail : la page étant l’unité de base, elle ne peut comporter qu’un seul H1.
Et s’il ne s’y trouve pas de H1, un H2 n’y a guère de sens, d’accord ?
Comme un H3 sans H2. Etc …
Et comme une page sans H1
Restez logiques, les ptiloups.
Dernier détail : les balises H sont des titres, elles ne suffisent pas à faire un contenu, sauf pour les moteurs idiots sur des pages satellites.
Il faut ajouter du contenu entre les H.
Avec une exception pour le Plan du site et encore, je préfère trouver une courte description de la section après chaque titre.
Aurais-je tout dit sur le H ?
Sans doute que non.
Mais probablement assez pour que vous puissiez en faire un usage judicieux, efficace et honnête.
Pour ceux du fond dont je vois les anti-sèches dépasser des manches et qui rigolent, un dernier vers de Victor, pour la route :
(…) l’oeil était dans la tombe, et regardait Caïn.
Vivez caïn-caha, empochez votre cash, ça ne durera pas.
Il est probable qu’un jour le moteur mettra à la poubelle les abus de H.
(Humour).
PS : assez contente de ce caïn-caha