Portrait d’un black-hat

A quoi ressemble un black hat ?
Beaucoup de personnes dans le public tendent à croire qu’un black-hat naît du bon côté de la Force et que ce sont les circonstances qui le poussent à devenir un paria.
C’est une séquelle de l’influence de Rousseau.
Mais peut-être que c’est exact.

Les profilers de la lutte anti-spam tentent de définir la créature sur base de l’observation de ses méfaits.
C’est peine perdue puisque les méthodes ne varient guère d’un bout à l’autre de la planète et que le spamindexeur, contrairement au pirate informatique standard, ne signe pas ses forfaits autrement qu’au bas d’une facture.

D’autres croient plutôt en une forme de prédestination, et plus particulièrement les généticiens.
La finalité ultime serait de pouvoir distinguer le chromosome défaillant et traiter la nuisance dès l’état foetal, voire avant.

Dans notre société multimédiatiquement saturée par l’image, la seule chose qui intéresse vraiment c’est de voir.
Voir, c’est appréhender, c’est comprendre, c’est s’approprier.

On attendait donc des photos de black-hats.
Et elles vinrent, toutes décevantes.
Dans les conventions SEO, on prit des instantanés de spamdexeurs connus.
Ces images montrèrent des personnes à l’aspect on ne peut plus normal et navrant d’ordinarité.
Rien de sensationnel, pas de bave aux coins des lèvres, juste quelques reflets rouges dans les regards - mais c’est le flash qui fait ça.
Décevante aventure que celle du chasseur d’images qui espérait illustrer ainsi la quintessence du Mal sur le Web.

Comme le plus souvent, ce n’est pas dans l’image brute qu’il faut chercher la vérité.
Et comme d’habitude, seuls les artistes peuvent dévoiler la réalité et montrer la complexité psycho-socio-culturelle d’un état facettaire de l’homme.

Depuis un certain temps, je cherchais une représentation du black-hat qui ne soit ni caricaturale ni textuelle.

C’est disette qui me l’a apportée ce matin sous la forme d’un lien que je vous livre aussi sobrement qu’il l’a fait :

galeries | a hat factory | chapelier
du photographe Johann Fournier.

La mise en scène du chapeau noir me paraît magistrale de pertinence, même si je me doute bien que l’auteur n’a pas créé sa composition en songeant aux spamdexeurs - et encore : lui seul pourrait dire ce qui l’a inspiré.

Tout comme je vous propose de le faire, j’ai découvert ces galeries et j’y ai flâné un peu entre siamese et Horloges, pour me demander en fin de compte comment j’avais pu jusque là ignorer cet auteur.

Je vous invite à me communiquer vos impressions sur cette image de black hat et à me proposer les vôtres en lien dans vos commentaires.

4 réponses à “Portrait d’un black-hat”

  1. chiendent dit :

    OK, je cours chercher un lien:http://www.villagehatshop.com/art_history.html
    moins joli que le site cité. Ce site est trop beau et les dessins trop
    légers et trop fins pour représenter des black hats.

  2. SZarah dit :

    Une belle galerie, assurément, mais où sont les chapeaux noirs ?

    Pour ma part et malgré un zeste de culture étazunienne, à l’image du sorcier je préfère celle de Franquin :
    http://www.bulledair.com/index.php?rubrique=album&album=spirou_fantasio3

    Ou alors, mais c’est l’image de Johann Fournier qui m’influence, on devrait pouvoir en trouver chez Félicien Rops ou chez Henri de Toulouse-Lautrec, sans compter qu’il doit en exister de très inquiétants et pittoresques chez Tardi :)

  3. disette dit :

    SZarah, comment avez-vous pu oublier cette référence ?

    Le kit de survie du référenceur à la hache… version finstreet… :)
    http://www.ac-nice.fr/iencarros3v/eluard/2004_2005/albums/images/brigand.jpg

    Merci Tomi Ungerer.

  4. SZarah dit :

    Ah oui, vraiment judicieux !
    Il y a même la hache, trop fort ! :)

    Mais n’oublions pas de remercier Peyo pour son schtroumpf noir, prototype du black hat contemporain :)

    [ Un black hat doit pouvoir dire GNAP ! ]

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