SEO berSZerkers » 2006 » décembre

Archive pour décembre 2006

Portrait d’un black-hat

Jeudi 7 décembre 2006

A quoi ressemble un black hat ?
Beaucoup de personnes dans le public tendent à croire qu’un black-hat naît du bon côté de la Force et que ce sont les circonstances qui le poussent à devenir un paria.
C’est une séquelle de l’influence de Rousseau.
Mais peut-être que c’est exact.

Les profilers de la lutte anti-spam tentent de définir la créature sur base de l’observation de ses méfaits.
C’est peine perdue puisque les méthodes ne varient guère d’un bout à l’autre de la planète et que le spamindexeur, contrairement au pirate informatique standard, ne signe pas ses forfaits autrement qu’au bas d’une facture.

D’autres croient plutôt en une forme de prédestination, et plus particulièrement les généticiens.
La finalité ultime serait de pouvoir distinguer le chromosome défaillant et traiter la nuisance dès l’état foetal, voire avant.

Dans notre société multimédiatiquement saturée par l’image, la seule chose qui intéresse vraiment c’est de voir.
Voir, c’est appréhender, c’est comprendre, c’est s’approprier.

On attendait donc des photos de black-hats.
Et elles vinrent, toutes décevantes.
Dans les conventions SEO, on prit des instantanés de spamdexeurs connus.
Ces images montrèrent des personnes à l’aspect on ne peut plus normal et navrant d’ordinarité.
Rien de sensationnel, pas de bave aux coins des lèvres, juste quelques reflets rouges dans les regards - mais c’est le flash qui fait ça.
Décevante aventure que celle du chasseur d’images qui espérait illustrer ainsi la quintessence du Mal sur le Web.

Comme le plus souvent, ce n’est pas dans l’image brute qu’il faut chercher la vérité.
Et comme d’habitude, seuls les artistes peuvent dévoiler la réalité et montrer la complexité psycho-socio-culturelle d’un état facettaire de l’homme.

Depuis un certain temps, je cherchais une représentation du black-hat qui ne soit ni caricaturale ni textuelle.

C’est disette qui me l’a apportée ce matin sous la forme d’un lien que je vous livre aussi sobrement qu’il l’a fait :

galeries | a hat factory | chapelier
du photographe Johann Fournier.

La mise en scène du chapeau noir me paraît magistrale de pertinence, même si je me doute bien que l’auteur n’a pas créé sa composition en songeant aux spamdexeurs - et encore : lui seul pourrait dire ce qui l’a inspiré.

Tout comme je vous propose de le faire, j’ai découvert ces galeries et j’y ai flâné un peu entre siamese et Horloges, pour me demander en fin de compte comment j’avais pu jusque là ignorer cet auteur.

Je vous invite à me communiquer vos impressions sur cette image de black hat et à me proposer les vôtres en lien dans vos commentaires.

Les dérives du nofollow

Lundi 4 décembre 2006

Frêle valeur de l’attribut rel du lien, le nofollow sert à …
A quoi, au juste ?

Ce n’est pas une valeur officielle mais une création-propriétaire de Google à la fin de l’année 2003.
Depuis son invention et sa généralisation, le nofollow n’a cessé de susciter les polémiques.
Je ne prendrai pas parti, me contentant d’acter que cet attribut ajoute à l’arsenal mis à la disposition du webmaster pour limiter l’usage qui peut être fait de son contenu (une sorte de complément au META robots).

En principe, il s’agissait de lutter contre le spam de liens dans les messages et signatures des forums et des livres d’or comme dans les commentaires des blogs.

De neutraliser les liens des spammeurs, sans pour autant prétendre apporter ainsi la solution ultime.
Et de fait, si un lien <a href=”…” rel=”nofollow”> annule le poids éventuel de la référence (Pas de vote pour le site lié, outrageusement dévié en Le PR n’est pas transmis), il n’empêche pas le lien d’être suivi par le robot ou cliqué par l’internaute.
Le nofollow allait rapidement équiper la plupart des CMS.

Les spammeurs ont réagi en continuant à inonder les blogs et les forums de liens désormais sans poids mais toujours cliquables.
Mais ils ont été obligés d’enrober leurs liens avec un discours cohérent et tentateur, par exemple des plaisanteries (plus ou moins) amusantes.
La nuisance a été obligée de muter :)

Personnellement, j’apprécie tout ce qui force les nuisibles à bosser.
Tout ce qui les oblige à faire preuve de créativité.
Ça fait parfois avancer des domaines laissés en friche et au final ça peut déboucher sur des applications honorables et licites.
C’est positif.

Donc, et malgré la neutralité que j’affichais plus haut, voilà un point de plus à l’actif du nofollow.

L’argument décisif, de mon point de vue, c’est que cet attribut permet au webmaster de valider le lien ou d’en faire une décoration accessoire.
Au risque de se faire enflammer par un lié sans poids.

Et bien sûr il y a les petites utilisations standards, comme aligner mille liens par page sans risquer de passer pour une farmlink du moment que tout est en nofollow.
Le nofollow sert aussi à limiter les liens sortants aux seuls liens de la même thématique sans pour autant se priver des autres liens.

Différencier l’intérêt qu’on porte aux liens, c’est positif.

Ah oui mais …
Seul le robot connaîtra l’opinion du webmaster, à moins que les liens normaux et les liens en nofollow soient colorés de manière différente pour signaler la différence à l’internaute.
Et il faudrait aussi trouver un moyen pour transmettre cette information à l’internaute qui n’utilise pas les couleurs (accessibilité, toujours).

L’attribut, non accompagné d’une signalétique appropriée, est réservé aux robots.
Et mince … don’t do evil, ne faites RIEN seulement pour les robots.

SAUF des sitemaps et des liens en nofollow ? :)