2007 : le dernier tournant SEO ?
Avec l’avénement en juin 2006 de Microsoft Digital Advertising Solutions, la donne publicitaire changera-t-elle sur l’Internet ?
Dans la mesure où le marché de la publicité est réputé pouvoir encore doubler en trois ans, il faut y voir de meilleures possibilités de gains, quitte à créer des sites supplémentaires si les différentes régies exigeaient l’exclusivité.
Ou si c’était trop difficile d’harmoniser leurs différentes recommandations sur un seul et même site.
Donc : pas de souci à se faire et ce n’est pas un tournant, plutôt une accélération en ligne droite.
On pourrait donc sourire aux anges en envisageant la multiplication des chèques s’il n’y avait cette interrogation lancinante : Quel avenir pour la SEO ?
Des grincheux se sont fait entendre.
Est-il raisonnable de poursuivre l’expérience qui consiste à confier la vie du Web à un Algo ?
Pour les observateurs objectifs - et l’objectivité consiste à ne pas être partie prenante -, cette expérience est un échec.
La pertinence des résultats est devenue une utopie qui s’éloigne de plus en plus : il y a régression.
Pour parer à ce constat, les moteurs disent
L’utilisateur est satisfait de nos services et par ailleurs nous ne prétendons pas être parfaits.
Et ils expliquent doctement que le produit le plus apprécié d’un moteur qui classe les sites, c’est le client qualifié.
Autrement dit : la pertinence joue à rebours, il s’agit de trouver des consommateurs pour un site et non pas des sites pour les consommateurs.
Nulle honte prométhéenne dans leur discours, cette honte qui s’empare de l’homme devant l’humiliante qualité des choses qu’il a lui-même construites (Gunther Anders), on est dans le champ de l’exploitation commerciale et non pas dans celui de la croissance de l’intelligence globale de l’humanité ou même dans la conservation de ce qui existe / a existé.
Qu’une même requête livre des résultats différents selon qu’on la tape dans la page de recherches ou dans la barre ne gêne personne : la recherche est automatiquement personnalisée.
Et la réponse dépend du DC interrogé.
Avec un DC par personne, tout le monde sera en première position
Car la limite est là.
Non pas dans le nombre croissant de documents à gérer, trier, classer, évaluer, digérer et régurgiter sous forme de pages de résultats - cinquante milliards en 2010 ? - mais dans le nombre limité des requêtes et dans le nombre limité des positions intéressantes.
- Le nombre limité des requêtes : l’utilisateur utilise un langage fruste fait de mots-clés d’une grande banalité.
C’est normal : l’internaute est formaté dans ses besoins par son environnement culturel, il requiert à peu près exactement ce qu’on lui suggère de demander.
Il est d’autant plus statistiquement prévisible qu’il est rythmé par le calendrier des fêtes-vacances-vedettes-actualités.
Ce gentil petit robot n’attend rien de plus qu’une suggestion pour taper, au jour dit, la requête attendue.
En ce sens, le Web n’est ni plus ni moins manipulateur que le reste des médias.
- Le nombre limité des positions intéressantes : il faut être sur la première page des SERPs.
Pour satisfaire tout le monde, les moteurs auront de plus en plus tendance à limiter le champ des réponses : à un langage, à une aire géographique …
Votre site sortira un jour premier … dans votre rue
La SEO, ou SEM, ou webmarketing, permet d’influencer le travail de classement des moteurs.
Peu importe les méthodes utilisées, le but est le même partout : grimper dans les résultats.
Certaines techniques réprouvées par les moteurs continuent à faire des premières places.
C’est la preuve que les moteurs sont impuissants à dominer le spamdexing.
Ou bien que le spamdexing leur importe peu.
Le plus naturel des référencements est devenu une subtile simulation de ce que les moteurs attendent.
C’est la preuve que les moteurs attendent mal, sur des principes obsolètes.
Ce n’est pas une question de marque de moteur.
Il y en aura toujours un qui faute d’être meilleur que les autres sera le moins pire dans un contexte donné.
Tous sont logés à la même mauvaise enseigne d’algorithmes rapiécés qui deviennent poussifs et ne sont plus à même de remplir leur rôle.
Ce qu’il conviendrait de pulvériser pour régler ces soucis, c’est la notion même de classement.
Pour une requête donnée exprimée par un requérant au profil parfaitement cerné, il n’existe pas le nombre vertigineux de réponses livrées par les SERPs.
Il faut arriver à un wygiwyd, What you get is what you deserve, ce que vous recevez est ce que vous méritez.
Cerner le profil de chacun est devenu possible par l’exploitation de données collectées au-travers de services gratuits, notamment ceux des messengers et des services de courrier électronique.
Ajoutez un service de paiement en ligne, une plateforme communautaire de type Orkud ou mySpace, le social bookmarking et le compte est bon.
Les moteurs qui disposent de ces services ou de leurs données seront demain les plus performants au niveau commercial.
Les autres moteurs, ceux pour qui l’internaute est un mystère au profil élémentaire, peuvent toujours tenter de concourir au niveau de la pertinence des contenus. (Pour ce que ça compte, la pertinence …)
Ils peuvent aussi tenter d’éduquer l’internaute à chercher mieux, lui suggérer des pistes pour élargir et préciser sa requête.
Mais les moteurs commerciaux les précéderont sans peine sur ce terrain s’ils le veulent.
Reste le rêve d’un moteur open.
Ce rêve revient périodiquement, sa dernière manifestation en date étant celle du fondateur de la Wikipédia, Jimmy Wales.
Le projet n’a rien d’utopique à condition de comprendre que ce qui pourrait le caractériser serait la transparence des algos.
Il ne s’agirait pas de mettre au travail bénévole des millions d’évaluateurs de sites mais de faire participer le plus grand nombre possible d’individus à l’application des critères de tri.
Parmi ces bénévoles, on trouverait un pourcentage significatif de SEOs, bien sûr
Les techniques de triche (ok, disons d’optimisation) ont encore de beaux jours devant elles, elles sauront s’adapter quel que soit le système tant qu’il y aura un classement.
Et comme le pigeon-lambda est avide de compétition, il faut oublier jusqu’à l’idée de voir disparaître les classements.
Ce qu’on peut espérer un jour, ce sont des tris multi-classements au choix de l’utilisateur : par popularité, par ancienneté, par … tout ce qu’on veut pour que chaque site puisse être le meilleur
Et bien sûr, c’est déjà exactement ce qui se passe
Le Système redresse les tournants comme sur un speedway, le circuit est une ligne droite qui certes tourne en rond et ne conduit nulle part de plus intéressant que sur des podiums de pacotille mais soit … du moment que ça rapporte, filtrons les voix dissonantes ou mieux : comme en musique, considérons-les comme appartenant de plein droit au mouvement mélodique.
Ne pensez pas ! Ayez confiance !
Les pour et les contre oeuvrent tous pour votre plus grand bonheur
5 janvier 2007 à 10:25
>Votre site sortira un jour premier … dans votre rue
Je dirai mieux: à votre adresse!
>Ce qu’on peut espérer un jour, ce sont des tris multi-classements au >choix de l’utilisateur : par popularité, par ancienneté, par … tout ce qu’on >veut pour que chaque site puisse être le meilleur
Oui. On le peut et on le doit sinon pas d’espoir seul le marketting consumérisme… gagnera
La pauvreté de la recherche par mot ou
phrase clé est évidente. Il faudrait que l’utilisateur puisse définir le contexte et le but de sa recherche et aussi définir son profil (hum)
Dangereux dans ce monde à cause de toutes les urtilisations possible
politiques et policières. Mais c’est déja le cas alors. On peut réver d’un monde meilleur et étre optimiste. C’est l nouvelle année.