Les synonymes concurrents.
Un tutoriel, des tutoriels.
Voilà ce que dit l’Académie, voilà ce que dit la Wikipedia.
Pour environ cinq millions de résultats.
La Wiki signale :
(…) on nomme tutoriel (de l’anglais tutorial) un document de tout type (…)
L’anglicisme tutorial (déconseillé par les organismes de néologie français et québécois) est cependant beaucoup plus utilisé (…)
Un tutorial, des tutoriaux.
Voilà ce que dit le peuple.
Ce bâtard anglo-français engrange environ onze millions de résultats.
Le pourtant très correct didacticiel cale à moins d’un million de résultats.
Comment choisir ?
L’Académie fonctionne sur recommandation de spécialistes qui se réunissent pour émettre des avis.
Pour l’informatique, la francophonie rassemble ainsi près de cinq mille avis : journalistes, universitaires, techniciens, auteurs scientifiques.
Le travail se fait par petits groupes d’une vingtaine de personnes.
Les commissions ISO ne fonctionnent pas autrement et on y retrouve le même type d’intervenants.
Ce n’est donc pas une poignée de vieux qui décident de l’avenir de la langue mais des professionnels praticiens.
Et dans tous les domaines, il est tenu compte du langage de la rue.
L’Académie avalise très souvent l’usage courant.
A l’heure où le langage populaire est formaté par le vecteur le plus médiocre qui soit (la télévision), le peuple répète ce qu’il entend de la bouche des présentateurs et c’est ainsi qu’on finira par perdre définitivement décade (dix jours) au profit de décennie (dix ans) … ou plutôt que décade finira par signifier Populaire : dix ans.
Ainsi, en d’autres temps, octet fut choisi pour traduire byte malgré le fait connu qu’un byte peut comporter un nombre de bits différent de huit.
Mais il fallait un mot conceptuel ET qui sonne français.
On n’allait pas garder bêtement byte, n’est-ce pas ?
A prononcer baïte, d’ailleurs … le mot fut proposé, croyez-le ou pas.
On créa aussi informatique et bureautique, histoire de ne pas se laisser déborder par l’anglo-saxon.
Nous sommes les seuls à comprendre ces mots, ça fait initiés, on adore ça et tant pis si le reste du monde (Quels gamins !) utilise les termes anglais.
Je vous passe la question de l’e-mail, on a fait très fort là-dessus aussi.
Sur le Web, le langage populaire, c’est celui des webmasters.
D’après les chiffres cités plus haut, les webmasters ont tranché pour l’anglicisme en ce qui concerne le tutoriel.
Ils ont tranché de manière pragmatique, un peu coincés tout de même par la règle.
L’idéal eût été tutorial et tutorials comme nos amis du reste du monde mais oups, la règle veut que le pluriel de -al soit -aux et bienvenue les tutoriaux et en avant pour une nouvelle exception culturelle !
Le peuple a choisi l’anglicisme tutorial et son pluriel aux normes françaises.
C’est vraiment n’importe quoi mais bon, vox populi …
Quitte à faire dans le folklore, j’aurais choisi tutoriel, bien de chez nous et au pluriel décent.
A présent, la question : Qu’en pense GG ?
La question est importante dans la mesure où il est possible que l’utilisation de termes corrects favorise le positionnement d’un document.
C’est une rumeur persistante
Faut-il conseiller tutoriel, tutorial ou didacticiel ?
Si GG considère qu’il s’agit de synonymes, ce n’est pas pour autant qu’il est conseillé de rédiger un texte en les utilisant l’un pour l’autre.
En principe, un texte de référence bien écrit fera un choix, celui de son auteur, ce sera l’un des trois et pas un cocktail des trois.
Mais quel choix obtiendra la meilleure cote aux yeux de GG ?
Le désormais pédant didacticiel, considéré comme précieux et académique et qui peut aussi désigner un logiciel ?
Le correct et finalement bienvenu néologisme tutoriel ?
Le populaire et bâtard tutorial ?
Ou bien un cocktail des trois ?
Voyons la requête didacticiel et constatons que le vainqueur utilise dans son titre les trois possibilités et que le mot de la requête vient en dernier.
C’est un site de référence millésimé 2001, avec sitelinks, et tout porte à croire (à commencer par la qualité du contenu) qu’il mérite un fort trustrank pour autant que cette mesure existe.
Observons que ce même site sort premier sur la requête tutoriAl, toujours avec des sitelinks mais qu’il se retrouve seulement second sur la requête tutoriEl qui fait pourtant partie de son NDD, et sans sitelinks cette fois.
Mais si on met la requête au pluriel pour rencontrer exactement le NDD, on le retrouve premier.
Je laisse aux exégètes le soin de mesurer l’importance du NDD, du singulier et du pluriel, de l’âge du capitaine, … mon propos n’est pas là.
Mon propos était d’illustrer que GG ne semble pas pénaliser l’utilisation de synonymes concurrents.
Quant à savoir s’il donne un bonus à cette utilisation, c’est une autre question.
Quoi qu’il en soit, dans cet exemple précis de tutorial, tutoriel et didacticiel, on ne saurait faire autrement que conseiller à ceux qui utilisent exclusivement l’un ou l’autre d’ajouter les synonymes qui sont écartés par manque de pragmatisme ou par fanatisme de langage.
12 février 2007 à 0:49
Je devrais sans doute faire ça…
Mais j’aime les titres courts et sans redondance… pour l’internaute.