Ecrivez pour les robots
Vous connaissez le dogme :
Faites vos sites pour les internautes, pas pour les robots.
La plupart des chroniqueurs humanistes ont repris cet énoncé à leur compte sans tenir compte un seul instant qu’il s’agit d’un propos de robot.
Et c’est un mensonge, bien sûr.
Si on cherche le succès, il faut écrire pour les robots.
Il y a deux types de robots : l’internaute et celui du moteur de recherches.
Ils ne sont pas très différents.
Prenons le cas d’un article.
L’internaute est formaté (éduqué / conditionné / habitué) pour appréhender un contenu d’une manière standard.
Dans l’ordre, il s’attend à trouver :
- un titre concis qui comporte les mots-clés descripteurs de la substance de l’article;
- un chapeau ou un abstract qui résume l’article;
- un corpus qui développe systématiquement le résumé en sections qui portent chacune un sous-titre;
- des preuves du dire de l’article sous forme de références (des liens).
L’ensemble doit être court, parce que l’internaute manque de temps.
Les mots doivent être simples et exempts de jargon, à moins que l’article s’adresse à un sous-ensemble précis de la population.
Si ces conditions ne sont pas remplies, l’article sera survolé au lieu d’être lu.
Voilà en ce qui concerne le robot-internaute.
Le robot-moteur manque lui aussi de temps, il veut trouver la même structure et sa principale différence avec l’internaute, c’est qu’il ignore tout des jeux de mots, qu’il n’a pas d’humour et que les connotations culturelles implicites, il ne les connaît pas.
C’est l’essence du beauf’, le robot de moteur.
Or, le robot n’est pas ce qu’on prétend qu’il est : un visiteur comme les autres.
C’est un visiteur qui peut en amener beaucoup d’autres.
C’est un visiteur VIP, le robot-moteur.
Il faut le charmer pour qu’il ramène du monde.
Il convient donc d’éviter d’exprimer ce que ce crétin n’est pas fichu de comprendre.
Exit l’humour, les jeux de mots et les connotations culturelles implicites.
De même que les mots que sa pudibonderie techno-génétique ont mis à l’index.
A la réflexion, il convient d’éviter exactement la même chose si on ne veut pas se priver d’une partie de la clientèle humaine.
Un discours qui se veut universel (commerçant) doit donc être mutilé et auto-censuré par son auteur.
Formaté. Stérilisé. Equarri. Simplifié. Epuré. Optimisé. Beau-frérisé.
Sinon, c’est de la littérature.
C’est là que les humanistes gémissent
Mais noooon ! Le robot-moteur veut qu’on écrive pour les humains afin d’améliorer sa propre intelligence du discours !
Soit.
Mais dans les faits, un site se porte mieux s’il est robotisé.
Les webmasters ne sont pas complètement idiots (pas tous), ils s’en sont rendus compte et ils formatent, ils optimisent, il font de la lèche au robot-moteur.
L’objectif, c’est l’audience.
Donc : formatage du discours.
(Accessoirement).
De ci de là, on peut lire qu’il faudrait prendre exemple sur le journaliste, celui qui fait ses articles pour ses lecteurs.
Ceux qui écrivent ça ne sont pas du métier.
Parce qu’un journaliste n’écrit pas pour ses lecteurs, jamais.
Un journaliste a un seul vrai lecteur, il écrit pour un robot très spécialisé dans l’ingénierie de l’écriture, un robot humain qui a pour titre Rédacteur en chef.
GG est votre rédac’chef à tous, les ptiloups qui voulez réussir.
Pas le mien
10 mars 2007 à 14:49
“Si on cherche le succès, il faut écrire pour les robots.”
Et la marmotte qu’est vachement copine avec le robot, elle t’apporte ton petit chèque !