Le rabot du robot : universal search, universal knowledge, universal merchandizing

Doncques, il advint que GG finisse par mixer ses différents index pour livrer des pages de résultats où se mêlaient des news, des pages, des cartes, des images, des vidéos et d’autres types de documents.

Cela reçut le nom de Universal Search.

Cela devait finir par arriver.
Il était logique de donner à chaque document la juste position qui lui revenait peu importe son type, mais les positions intéressantes restaient limitées en nombre.

Les référenceurs allaient devoir bosser sur tous les fronts et non plus simplement dans leur type de document de prédilection :)

Ce fut le début du Grand Foutoir.

Pour une fois, l’information est facile à tracer, elle part d’un billet de Danny Sullivan, Google 2.0: Google Universal Search, elle est viviséquée par l’indispensable Olivier Ertzscheid dans un long billet fort justement intitulé Recherche universelle, dérive des continents et “supermarchandisation” de l’information puis relayée et expliquée pour les nezdbeux gens normaux par Moteurs News, Google : nouveau look, nouvel algorithme, bref : nouveau Google, c’est là que je l’ai trouvée :)
Bookmarquez les trois sources, surtout, elles serviront encore !

Est-il besoin d’en remettre une couche pour parachever la critique de l’oeuvre de GG au niveau de la documentation ?
Mon avis est que oui, parceque trop de gens se disent heureux et satisfaits des résultats obtenus sans se rendre compte que leur connaissance est désormais formatée à l’aune d’une conception américaine.
Pétés de bonheur se disent certains.

Et c’est vrai que c’est fun de pouvoir trouver en dix secondes la preuve que Rock will never die : A tout le monde … mais cette forme de culture n’est pas suffisante pour assurer la survie de la créativité, ni même son entretien.
Le document est devenu spectacle et moyen d’inciter à la consommation.
La simple consultation d’un document est rentabilisée.

Cette connaissance issue des moteurs devient (est déjà devenue ?) une culture qu’on peut instrumentaliser à des fins purement mercantiles.
La satisfaction de l’internaute est un dommage collatéral important : il ne devrait pas être satisfait s’il n’avait été au préalable conditionné par la sensibilisation de ses zones de plaisir.

Il suffit de donner aux internautes leur vrai nom : consommateurs et tout devient plus clair.
Il n’y a plus lieu de se poser la question de savoir à quoi peuvent servir les merveilleuses technologies de la communication, on a enfin la réponse.
Il s’agit de massifier la consommation, rien de moins, et pour cela l’uniformisation orientée d’un système de classification fait merveille.

Et tant pis pour ceux qui savent que l’intérêt des consommateurs n’est pas seulement économique et technologique, ils sont renvoyés à leurs utopies puisque les budgets pour l’industrie de la connaissance sont désormais réservés aux acteurs privés.
Au final, la culture commune dont l’Europe a besoin risque bien d’être américaine.

Mais the beat goes on, c’est le principal.
Dans le grand foutoir, il saura trouver un chemin non formaté.
Autrement dit : il faut trouver un moyen spécifique à notre culture pour exploiter les formidables banques de données des moteurs.

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