L’analogie médicale
Docteur, mon site est malade.
Devant ce genre de plainte, il ne faut pas tergiverser : intervenons !
Nous partirons du principe que la Nature est faite de plusieurs écosystèmes dont l’un domine à tel point que statistiquement on peut se limiter à son seul cadre.
Celui qui est bien portant sous GG ne doit pas se faire de soucis s’il se sent mal sous les latitudes Yahoo! ou Live.
Si la Nature change, on reverra les manuels mais jusque là, la Faculté tiendra compte seulement du GG-biotope (qui n’est cependant pas toute la web-biosphère).
L’hypothèse de travail : GG est la Nature.
Dans cet environnement, chaque site a au départ des chances égales de survivre et aussi non pas de se reproduire mais de devenir fort et, pourquoi pas ?, éternel.
Certains sites ne vont pas bien et la réponse de la Nature est simple : plus la niche est petite, plus la sélection est grande.
Il y a presque toujours un grand mâle dominant et la Nature adore qu’on tente de le déboulonner parceque pour y arriver il faut se montrer plus grand, plus fort, plus intelligent, plus sexy, et qu’au final ça améliore l’espèce.
Il y a donc toutes les raisons du monde de vouloir assister les sites patraques.
En plus de la progression de l’espèce, c’est une question de solidarité et de surcroît (mais on s’en fiche, pas vrai ?), la web-médecine n’est pas gratuite, par analogie disons qu’elle fait circuler le sang.
Mais gratuitement, on peut donner les conseils du bon sens populaire et la pharmacopée des simples, en n’oubliant jamais (JAMAIS !) les deux principes de l’agriculteur :
1. Méfiance.
2. Méfiance !
Evitez l’auto-médication
L’Internaute change de trottoir dès qu’il rencontre votre site.
Alors, vous basant sur la première évidence qui vous vient à l’esprit, vous faites prendre à votre site des cours de relations publiques qui lui apprennent à sourire mieux.
Et effectivement, il y a plus d’Internautes sur son chemin.
Mais ils continuent à changer de trottoir.
Argl comme on bulle en BD.
Vous avez commis l’erreur de diagnostiquer par vous-même.
Perte de temps et d’argent. Vous avez eu tort.
Votre femme va vous quitter, votre béhème va retourner en Allemagne, votre fils va vouloir faire l’ENA : vous voilà fichu.
Vous auriez du consulter.
Consultez !
A tous les coins de rue se trouvent des spécialistes de la web-médecine.
Pas moyen de sortir sans mettre le pied dedans.
Commencez par un web-généraliste.
Demandez-lui pourquoi votre site tellement souriant de frais continue à rebuter l’Internaute.
Un web-généraliste pourra décoder les symptômes les plus courants.
Par exemple :
Ce n’est pas le sourire, c’est votre haleine.
Soyez beau mais taisez-vous, ou bien voyez un web-stomatologue.
Hé oui, certains sites puent de la gueule et ils s’en rendent rarement compte par eux-mêmes.
D’où la nécessité de consulter, CQFD.
Et ça peut venir d’un tas de sources, depuis une dentition mal entretenue jusqu’à un ulcère à l’estomac.
Avoir son toubib personnel ?
C’est la tentation du potentat qui se compare à Napoléon.
Mais dans le temps, le médecin personnel, c’était avant tout le barbier, ce qui explique que pas mal de référenceurs employés ont précisément ce niveau.
Un web-médecin personnel, payez-vous en un si ça vous chante mais ce serait étonnant qu’il excelle dans toutes les disciplines nécessaires.
Et de toute façon, évitez le CDI : tout le monde sait que :
1. La mobilité est reine.
2. La précarité stimule la productivité.
3. Un outsider se défoncera plus pour vous qu’un insider.
Si vous trouvez que je viens de blockquoter une sottise, adressez-vous à l’économie libérale, j’ai copié/collé.
Mais bref : à l’heure où il existe des experts de l’ongle du petit orteil du pied droit, vous devez songer qu’il serait judicieux de sous-traiter à un spécialiste.
Les spécialistes
Reste à mettre en parallèle les spécialités et les dysfonctionnements des sites.
Le web-nutritionniste s’occupera de l’équilibre des contenus ajoutés, c’est à peu près certain.
Pour tout le reste, il y aura des querelles de compétences.
Par exemple, un déficit de liens entrants est-il du domaine de la web-pneumologie ou de la web-psychiatrie ?
Et le web-proctologue est-il vraiment tout désigné pour traiter les 404 ou bien est-ce la chasse gardée du web-urologue ?
Les 301 sont-elles un pontage (web-chirurgie cardiaque) ou est-ce de la rééducation par kinésithérapie ?
Et la réparation des erreurs génétiques ? Les web-généticiens diagnostiqueront les carences en CSS.
Les web-toxicologues mettront en avant le saturnisme par tableaux.
Aux web-sexologues les liaisons dangereuses (”Sortez couverts ! Ayez le réflexe Wikip’ ! N’oubliez pas le nofollow !“).
Le web-épidémiologiste veillera à surveiller les modifications de la Nature, modifications propres à déséquilibrer le mode de fonctionnement des sites, il donnera les indications utiles pour les ajustements propices au rétablissement de la population.
Bon, il y a du boulot.
Des spécialistes, il n’en manque pas et pour s’inspirer, il y a heureusement une chanson qui égrène dans la bonne humeur et la ringardise la litanie des problèmes possibles.
Vous connaissez ?
Ah mon dieu qu’c'est embêtant d’être toujours patraque
Ah mon dieu c’est embêtant, je suis pas bien portant.
La suite cette oeuvre impérissable (impérissable malgré la quantité de soucis évoqués) , vous pouvez la consulter sur Bide et musique.
Ce qui constitue un exemple de lien judicieux dans la thématique : bingo le classement prochain sur site malade, requête de longue traîne s’il en est
Méfiez-vous des charlatans
Vous trouverez toujours un web-spécialiste pour vous prescrire des pilules bleues ou de l’EPO pour contrer une perte passagère de régime ou pour booster vos performances.
Mais il y a pire : le prétendu spécialiste qui vous prescrira exactement ce qu’il faut pour vous tuer le site.
Ce n’est ni une question de morale ni une question de loi.
C’est une question d’argent.
Parceque ça, tuer votre site, vous pouvez le faire tout seul et pour rien, pas vrai ?
La limite exacte de l’analogie entre la médecine et la web-médecine est ici : dans l’effet placebo.
Parceque s’il est arrivé (ça se dit) que la confiance placée par le patient dans le prestataire de soins (peu importe sa qualification) ou dans le remède permette d’améliorer voire de guérir le souci, sur le WEB ça ne marche pas !
Si vous vous adressez à un charlatan, faites-le donc avec la plus profonde conviction ![]()
Les médecines non reconnues doivent être appliquées aux Internautes, pas aux sites, ça s’appelle le buzz et c’est d’effet limité dans le temps
La web-médecine à la chinoise
Le bon médecin traditionnel chinois peut avoir beaucoup de clients, il a peu de malades.
En effet, il est payé pour veiller à la santé de ses clients, pas pour réparer leurs bobos.
Et non, il n’est pas payé pour ne rien faire.
Il connaît, il prévoit, il anticipe.
Quand tout va bien, il est temps de considérer que c’est le moment de passer à cette web-médecine-là.
Et bien sûr, rien de mieux qu’un insider pour cette tâche
7 septembre 2007 à 14:40
Ben content d’être un adepte de la web-médecine chinoise sans le savoir,
7 septembre 2007 à 20:48
Je trouve ça beau de réconforter les malades et les mourants, mère Thérészrah.
8 septembre 2007 à 16:19
Evidemment, il ne s’agit pas des insiders de Lindbeck et Snower.
L’ouvrage conseillé vous inspire-t-il SZarah ?
8 septembre 2007 à 16:45
A vrai dire, c’est bien à ce type de insiders que je pensais, j’ai effleuré le sujet le trois de ce mois sur le theSZaurus de mes autres méfaits … mais j’ai d’autres Insiders dans ces méfaits
8 septembre 2007 à 18:21
Le clin d’oeil au theSZaurus ne m’avait pas échappé… mais j’y voyais là une référence à une autre catégorie d’initiés.
8 septembre 2007 à 18:30
Insider ?
11 septembre 2007 à 16:49
Malheureusement il est parfois difficile d’être dans cette position d’outsider qui est celle de l’évolution et de la créativité. Au passage, bravo pour le theSZaurus.
11 septembre 2007 à 22:50
Oui mais c’est tellement plus beau à vivre,
enfin si on aime la solitude et si on ne cherche pas trop la respectabilité …
Le paradoxe c’est de dire qu’on est artiste c’est inside,
et dire qu’on un bourgeois c’est outside.
Le bourgeois n’est plus tellement présentable …
12 septembre 2007 à 20:53
Ma dislexie va m’empêcher de retenir qui est qui entre inside et outside.
C’est inside the System ou outside the System, il faut toujours faire et refaire ses choix.
13 septembre 2007 à 1:00
En économie ce n’est pas un choix,
l’insider c’est celui qui a une situation stable,
l’outsider se raprocherait de ce qu’on nomme précaire en france.
sinon il y a aussi l’art outsider, l’art des non-initiés qui s’approche de l’art brut concept introduit en France par bernard Buffet.
en bref on est in ou out par rapport à des groupes de références, à des cultures … Je ne crois pas que cela soit un choix …
mais je dérive de ce que tu as voulu exprimer, perso je ne sais pas certain que je sois devenu ce que je suis par des choix, par contre je crois que ce qui m’a fait éviter de m’enfoncer dans le pire ce sont quelques choix.
donc oui il faut savoir défaire quelques un de ses choix pour en faire d’autres.
13 septembre 2007 à 11:05
Je suis d’accord.
17 septembre 2007 à 17:13
merci mais j’ai quand même raconté n’importe quoi avec mon bernard buffet,
))
c’est plutot jean dubuffet … comme quoi je ne suis pas un insider en art
18 septembre 2007 à 13:44
… Ni même un insider de l’orthographe … Ajouterais-je
18 septembre 2007 à 22:24
… Pourtant, on ne peut pas dire que je ne fus pas initié …
comme quoi même chez les insiders il y a peut-être d’autres raisons que les groupes d’appartenances …
Ais-je le choix de mon orthographe ?
la question reste posée.
Bon, je vais arrêter de polluer le blog avec mes questions à la con qui n’ont pas grand chose à voir avec le référencement.
19 septembre 2007 à 9:11
Ton discours n’est pas hors propos, st-antigone.
Le référencement, c’est de la communication basique.
Pour communiquer, un formatage est nécessaire, c’est là qu’interviennent l’orthographe et la syntaxe.
Si tu veux être compris, tu n’as pas le choix.
Et si tu veux être compris par le plus grand nombre, tu dois utiliser le pauvre éventail des 3000 mots communément compris.
Faire des phrases sujet verbe complément.
Eviter le point-virgule. Réfléchir à l’utilité de la virgule, même.
Et ça, c’est seulement au niveau de la forme
Au plan du signifié, il s’agit de faire plaisir à l’internaute-client.
Quitte à lui mentir. Rares sont les sites qui lui disent combien il est laid et stupide, qu’il ne comprend pas grand’chose au fonctionnement du monde et qu’il perd son temps.
Ce n’est pas vendeur
La phrase de base devient donc sujet verbe compl I ment.
En conséquence, l’Internet exalte les illusions que l’internaute nourrit sur lui-même, c’est très peu éducatif.
Voilà pour le contenu et sa forme.
Mais ce n’est pas la fin de la misère intellectuelle du Web, parcequ’il y a les moteurs
Pour distribuer la communication, il faut en passer par le formatage du contenant afin de se faire comprendre par les moteurs.
Le souci vient du fait qu’un moteur est devenu un interlocuteur préalable à tout interlocuteur humain et que c’est un crétin malgré ses prétentions à pouvoir évaluer un contenu.
On en est arrivé à formater le contenu pour intéresser le moteur.
C’est sans grande importance pour la plus grosse partie de ce qu’il est question de communiquer : des fiches techniques, des tarifs, des infos brutes et ponctuelles.
Mais pour tout ce qui n’est ni mesurable ni quantifiable, il y a disqualification sur l’Internet.
Comme la nature est bien faite, ce qui n’est pas tangible intéresse peu de monde.
Sauf vers la fin, bien entendu, où tous réalisent qu’il y a un terminus malgré la richesse et la gloire et les premières places dans les SERPs
20 septembre 2007 à 12:45
Oui l’expression est aussi une question de formats et de techniques,
en maîtriser le plus possible permet d’optimiser ses chances d’être compris.
Pour ma part j’aime bien utiliser plusieurs techniques pour pouvoir “parler” à plus de gens.
J’aime bien aussi lire et regarder de la science-fiction aux sens gigognes, cela me donne des idées pour passer des idées plus compliquées que ce que les gens veulent entendre sans qu’ils passent à autre chose.
Il est possible en fin de compte que je sois plus optimiste que toi SZarah.
Et puis surtout je crois que l’optimisation et le travail permettent de ne pas trop m’attarder sur ce que je n’aime pas chez les autres.
Je pourrais en conclure mon laïus par cette question qui rejoint ton billet :
Le Référencement est-il un anti spleen pour les sites à part et une source de maladies et de stress pour les sites (les webmasters) plus dans les normes ?
à plus,