Deux vérités 1/2 sur le référencement

Chaque premier novembre, je fais le point sur l’impact que mes actions, textes et paroles peuvent avoir au niveau du cosmos.
Comme chaque année, j’ai donc interrogé l’univers et il m’a répondu comme d’habitude :
T’inquiètes, ton influence est même trop petite pour être rangée dans la catégorie de l’infinitésimal.
Cette fois, il a même ajouté :
Statistiquement parlant, tu n’existes pas.

Ainsi rassurée sur le fait que je peux poursuivre mes divagations sans nuire à personne, je me suis risquée à poser une autre question au Cosmos :

D’où tires-tu ces infos ?

Et il m’a répondu : De Google, qu’est-ce que tu crois ?

Mince, même mon Cosmos privé est contaminé !

C’est ainsi que j’ai compris que cette dernière année j’ai beaucoup trop brodé sur le thème de Google.
A ma décharge, il faut dire que je ne suis pas la seule à être tombée dans ce travers.
Comme si l’équation référencement = Google s’était insidieusement imposée.

Or, il est clair que je sais que c’est faux et qu’un référencement qui aboutit à 90% de visites par l’intermédiaire de GG est un mauvais référencement.
Et ça, c’est la première vérité : trop de Google.

La deuxième vérité, c’est que les mêmes qui se flattent de ce genre de résultats n’ont rien d’autre à vendre que des visualisations de leurs annonces.
Dans cette optique, le nombre de visiteurs est ce qui importe le plus et le contenu n’est qu’un moyen pour donner plus de visibilité aux annonces.
Le référencement nécessaire pour attirer un grand nombre de visiteurs destinés à consommer des annonces est un référencement très différent de celui qui consiste à attirer des clients potentiels pour un produit réel.
Et non, une annonce n’est pas un produit réel.
Je sais que beaucoup de magazines-papier ont été créés pour servir de support à la publicité et que ce qui se passe sur l’Internet n’est que la paraphrase de cette activité mais l’ensemble : le magazine et ses annonces, c’est du vent.
Le vent n’est pas inutile. Ça fait du fric, ça distrait les masses, ça peut même les instruire mais c’est du vent. Le problème, c’est quand le vent devient indispensable à la survie d’une économie.

Celui qui vend autre chose que des annonces-à-consommer préfère 100 visiteurs pré-triés sur le volet dont il sortira 10 acheteurs que 100.000 touristes en quête de rien.
On me dira que le plus grand nombre est ce qu’il y a de mieux si on peut assurer le même taux de transformation qu’au petit nombre.
C’est vrai, le but est d’obtenir un fort taux de conversion quel que soit le nombre de visiteurs.

Quand on n’est pas fichu de se positionner sur les mots-clés de son créneau, on est bien obligé de se rabattre sur le nombre et d’espérer que quelqu’un finira par acheter.
Le grand nombre, c’est un objectif pour les incompétents (ou pour les montreurs d’annonces, c’est clair).
On va au plus court : on achète des campagnes de publicité.
Le comble est atteint quand un éditeur qui vit d’Adsenses paie des Adwords pour attirer du monde.
Ce n’est pas ça, le référencement.
Et pourtant, le nombre de visiteurs reste en bien des forums un critère de satisfaction, une marque de bon référencement et certains avancent même que les moteurs tiennent compte du trafic dans le positionnement.
En fait, c’est ce qu’ils voudraient :)
Même moi, qui vis sur la frange la plus fantaisiste et la plus inutile de la toile, même moi je peux comprendre ce que ce système a de pervers et d’incohérent.
Comment a-t-on pu en arriver là ?

Et c’est la vérité numéro 2 : trop de Google.

La publicité coûte cher. Il est intéressant de la remplacer ou d’éviter le gonflement de son coût par d’autres moyens.
Le reste de la vérité, c’est que les commerçants paraissent décidés à envahir le social networking.
Ils devront s’y montrer discrets mais il est à peu près certain que les outils communautaires vont leur servir de vecteur, ceci pour limiter les dégâts financiers du côté de leur budget publicitaire.
On me dira que c’est déjà fait mais non, ce qu’on a vu jusqu’à présent ne sont que de timides incursions.
L’objectif est bel et bien l’invasion pour générer du trafic indirect.
Les plus actifs dans l’infiltration des réseaux sociaux seront ceux pour qui le grand nombre de visiteurs est l’objectif principal.
Ça va faire du monde.

Tout est expliqué dans cet article de Jill Whalen sur Searchengineland.com : Social Media Marketing: The New SEO ?.
Je sais, ça date d’une semaine, mais j’avais des tombes à fleurir et juste avant je me suis laissée distraire par le gadget vert de communication de qui encore ? De Google, oui.

Le noyautage des réseaux sociaux par le SMO (Social Media Marketing), est-ce la parade SEO à Trop de Google ?
On verra bien.
C’est une parade légitime. Mais le Web risque de devenir terriblement ennuyeux. On avait des sites-sandwiches, on reviendra aux hommes-sandwiches de 1929. Ça sent la crise.
La faute à qui ?

9 réponses à “Deux vérités 1/2 sur le référencement”

  1. Taranis dit :

    Oh ben, la wave google va bien finir par se briser sur un roc concurrent. C’est peut-être cela l’essence du web… Réussir à catcher la bonne vague au bon moment. M’est avis que peu sauront changer de wave… Et pourtant les similitudes avec l’économie sont flagrantes. Le référencement n’est qu’un “reflet” du commerce: à n’avoir qu’un client, on s’expose à une banqueroute.

  2. Skyll dit :

    …un référencement qui aboutit à 90% de visites par l’intermédiaire de GG est un mauvais référencement. Et ça, c’est la première vérité : trop de Google…

    Je suis pour et contre…. en gros, google truste 80% des recherches en france… si tes clients/consomateurs sont francais… il ne reste que peu de choix..

    une requete très bien placé sur yahho ou live, me ramene 2 à 4 visiteurs/jour… cool la même sur google un peu moin bien placée m’en ramene 200/jour…. dur de pas se focaliser sur ce qui te ramene le plus de visiteur non ?

  3. Taranis dit :

    Bien sûr Skyll, que la quantité importe. D’ailleurs je compte bien un jour racheter les empires de Lagardère et de Bolloré … Le même jour bien sûr :) .
    Je ne peux cependant m’empêcher de donner plus d’importance à la qualité du susdit visiteur de site. Oui il faut payer son beefsteack, mais je préfère manger un steack d’araignée une fois le mois que des steacks hachés congelés tous les jours :) .
    Je digresse :) . Bah, c’est à la fois une philosophie de vie tout autant qu’une conscience de ma (petite) place. Sans préjudice d’une éventuelle ambition, hein ;) .
    Ils sont forts ces ricains :) .

  4. benoitneuts dit :

    est-ce que tu as des clients qui te commandent du référencement pour dire ça ? parce que bien des clients veulent avant tout des visiteurs ;-)

    mais le message est intéressant, reste qu’en terre francophone le social bookmarking n’est pas très développé (heureusement du coup)

    voir ici : http://minilien.fr/a0k7ap (je n’ai pas d’action chez eux, ce n’est pas pour le trafic non plus :-P )

  5. SZarah dit :

    Observer que les réseaux sociaux sont plus développés aux USA qu’en France est une chose. Rêver qu’ils ne vont pas étendre leur influence en France relève de l’espoir. Mais tout le monde n’est pas en retard sur ce point, pour preuve ce sujet :
    http://www.go-referencement.org/social-media/optimez-votre-referencement-avec-les-reseaux-sociaux.html#comment-1111

  6. SZarah dit :

    Quant à la demande des clients, il faut également prévoir. Si en France un client qui vend uniquement en France sera heureux d’entendre Dans trois mois, 90% de vos visiteurs viendront par GG, il n’en ira pas de même s’il vend aux USA : dans ce cas, il voudra un référencement multi-moteurs. Et là, le frenchie standard sera largué parcequ’il bosse uniquement pour cartonner dans GG.

  7. SZarah dit :

    Enfin, pour ce qui est des drames de la dépendance, les exemples abondent, en voici un parmi bien d’autres :
    http://www.webrankinfo.com/forums/topic_page_82861_30.htm#796823

  8. benoitneuts dit :

    @SZarah #1
    j’espère que les réseaux sociaux vont s’étendre en France. C’est d’ailleurs déjà le cas.
    (heureusement du coup) était en réaction à ces lignes :
    “” Le reste de la vérité, c’est que les commerçants paraissent décidés à
    “” envahir le social networking.
    Heureusement que le social networking n’est pas encore trop développé (et du coup ni trop envahi).

    @SZarah #2
    La demande des clients :
    - bonjour, je voudrais du référencement
    - oui, c’est-à-dire ?
    - je veux être premier sur GG

    Le premier boulot du référenceur, c’est la pédagogie : former pour acquérir les compétences techniques du webmaster SEO et expliquer qu’être premier sur GG, ça ne veut rien dire (et il en faut de la pédagogie pour dire ça à un client ;-P )

    Le référencement multi-moteurs est valable aussi en France :
    les clients sont tout aussi voire mieux qualifiés venant de Yahoo, Live, Orange et d’autres moteurs secondaires que de Google.

    @SZarah #3
    “Drame de la dépendance” : “drame” me semble un peu exagéré :-D

  9. SZarah dit :

    Question social networking, tu as remarqué l’offensive des domaineurs sur les forums, tout de même ? C’est un tout petit début de ce qui nous attend.

    Le ref multi-moteurs marchera bien quand il y aura un meilleur équilibre entre GG, Y! et Live : les gens pourront se consoler d’un côté de ce qu’ils auront perdu d’un autre :)

    Et oui, drame fait assez “couverture de press-people”, j’aime bien :)
    Mais l’ensemble de ce blog dramatise pour le plaisir :)

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