L’offensive des domaineurs

C’est quoi un domainer ?
En français, c’est un domaineur.
Pour expliquer aux gens du petit peuple, disons que c’est un collectionneur de NDD.
D’autres font dans la carte Magic ou dans le sous-bock, le domaineur préfère les NDD.

Passion étrange que celle-là diront ceux qui ignorent tout du charme de cette activité.
La passion des autres, c’est toujours bizarre.
C’est bien de passion qu’il s’agit.
Une passion dévorante pour son propre portefeuille et plus tard pour le portefeuille des autres.

On commence avec dix NDD créés ou ramassés parcequ’ils étaient jolis, qu’ils sonnaient bien, et on y prend goût.
De fil en aiguille, on finit par se retrouver avec des murs saturés de NDD scotchés partout.

On rencontre des potes aussi fondus, on troque, on vend, on complète sa collec’.

Je t’échange les trois basiques de “Ours-à-poil-ras”, le .net, le .com et le .org, contre le “Vachhette-de-brie.fr” qui me manque.

Ah bin hé, “Vachhette-de-brie” avec une faute, ça vaut plus, pas vrai ?
C’est pareil qu’un timbre mal imprimé :)

C’est fun et convivial.

Et c’est un placement, bobonne, je t’assure !
Chacun de ces NDD vaut potentiellement une fortune, j’te jure !
T’as qu’à voir chez les Ricains comme ça pète, les NDD !
Nos enfants et leurs enfants pourront en vivre, tu verras !

Certains embarquent bobonne dans leur trip, vendent la baraque et investissent tout dans leur passion.
Voilà comment Robert et Germaine se retrouvent dans le bizness.

Bien sûr, un NDD ça coûte et il est difficile de tous les exploiter en collant un site derrière.
Alors on les parque, ça fait assez pour amortir leur nourriture et même, ça rapporte sans qu’on doive s’en déssaisir.

Coooool !

Et un jour, on ouvre une boutique de NDD.
Comme font les passionnés de n’importe quel objet.
On prend pignon sur rue, on paie des impôts sur les plus-values, on s’intègre.

Faut juste trouver des clients.

Pour ça, il ne faut pas compter sur le marché naturel, il est déjà pris par les grossistes.
Alors, on tente d’inventer le créneau.

Et comme la mode est au spam des applications Web 2.0, spam qui porte le nom de Social Media Marketing (j’en parlais dans mon billet précédent), on investit les forums de webmasters.
On choisit les bons fora, on multiplie les sujets, on pose des questions auxquelles personne n’aurait jamais songé.

La première chose à faire est de susciter de nouveaux passionnés.
On les attirera avec des arguments susceptibles de leur plaire - les mots placement, rentabilité, gros profits sont de mise.
De passion, il ne sera plus question.
On en profitera pour créer un site dédié au domainage et pour fédérer les transactions.

C’est beaucoup d’efforts pour une activité de loisir qui a dérapé, je trouve.
Et si l’activité était pensée d’entrée de jeu pour la rentabilité, je crains que tout le monde ne rentrera pas dans ses frais.

Cependant, les gens étant ce qu’ils sont, nul doute que le domaining finira par percer en France.
Il y aura des success stories, on les inventera s’il le faut.
Mais je doute que le domainage trouve un jour des lettres de noblesse.

Edit : J’ai renoncé à lister les fils initialisés depuis une quinzaine par les domaineurs, il y en a partout, sur WebmasterHub comme sur WRI et ailleurs.

10 réponses à “L’offensive des domaineurs

  1. alex dit :

    Bonjour Sarah,

    Le domaining c’est vraiment comme les timbres ou les cartes à jouer, parfois un coté collection inutile, mais je dirai que c’est encore plus fort que la collection de timbre, car il y a une impression géographique, je disais dans un billet “Acheter un nom de domaine est à comparer à l’achat d’une surface de la lune ou une étoile dans l’univers”
    http://www.referencement-blog.net/?83-choisir-un-nom-de-domaine-a-speculer

    En ce qui me concerne, il faut que je fasse attention, car j’en ai déjà sans doute plus d’une cinquantaine qui ne servent à rien :D

  2. kazhar dit :

    Moi je diminue leur nombre en ne les renouvellant pas (ou pas tous).
    Mais je suis arrivé à une bonne cinquantaine.

  3. Arsène dit :

    Bonjour, je m’appelle Arsène et je suis un domaineur compulsif.
    J’essaye d’arrêter.
    C’est dur, mais, déjà trois mois que je n’ai pas pris de nom de domaine.
    ;)

  4. SZarah dit :

    J’avais lu ton billet, Alex, il explique bien le côté séreux de la chose, moi je fais dans le futile :)

    Kazhar, je traîne moi aussi un certain nombre de NDD … et je suis bien incapable de les exploiter ou de les vendre. Peut-être finirai-je domaineuse :)

    Arsène, il faut d’urgence créer l’ADR, Association des domaineurs repentis :)

  5. chiendent dit :

    Pour quand les domaineurs compulsifs anonymes :lol: ?

  6. HawkEye dit :

    Ces derniers mois j’ai acheté quelques dizaines de domaines périmés, ou originaux (auxquels Robert & Germaine n’avaient pas pensé)…

    …puis, épris d’un certain remords, je me suis rendu compte que je ne pouvais pas me résoudre à parker ces domaines comme du bétail: j’avais déjà des idées, ne fût-ce qu’une étincelle, pour chacun d’entre eux… pas question de “SEDOifier” ces idées potentielles… c’est sale.

    Ca m’fait une belle jambe maintenant: suis obligé de créer près de 80 nouveaux sites, dans des thématiques aussi biscornues que diversifiées (y’a un spécialiste des “combustibles bio” ou des “logos hardcore” dans la salle ? :D

  7. SZarah dit :

    Témoignages intéressants …
    Serions-nous tous peu ou prou maquignons et un peu embarrassés de l’être ?
    Il s’agirait alors de déculpabiliser et d’envisager une gestion sereine du cheptel :)

  8. st-antigone dit :

    perso j’ai pris quelques ndds dans des thématiques réservées d’hab aux militants végés … je crois que cela va m’amuser de travailler dessus, une petite revanche à prendre sur la normalité (militante) et beaucoup de travail en plus. Enfin si je m’y mets. :-)

  9. beehuman dit :

    J’avais acheté un domaine en 2000, du genre quinze mots et quatorze tirets. J’en ai rien fait alors que je l’avais pris pour 3 ans.

    En 2006, j’ai eu une frénésie avec plein d’idées. Finalement on peut mettre ce plein d’idées sur peu de sites et je n’ai gardé qu’une demi-douzaine de NDD. Certains que je n’exploite toujours pas mais qui ne sont pas parkés.

  10. myzini dit :

    Bonjour, j’aime bien le parallele que tu fais avec le collectionneur et c’est un peu comme cela d’ailleurs que je vois le domaining.

    Pour ce qui est du futur marché sur le domaining, il existe déjà mais cela ne sera jamais un grand marché. Chaque année il se vend des milliers de marque à travers le monde et nous n’en entandons jamais parlé sauf une ou deus de temps à autre les plus connus.
    Le domaining sera ainsi.

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