Berszerking class hero
Après cette semaine vécue dans la tourmente fiévreuse des Bourses d’ici et d’ailleurs, et après avoir appris pour la Nième fois la mort du PR (mais tant que je n’aurai pas vu le corps avec le faire-part signé GG agrafé dessus …), j’ai décidé de faire relâche du côté du référencement et de m’adonner aux joies de l’introspection à but jubilatoire.
En clair : récréation !
J’aurais bien aimé parler de l’affaire de la Société Générale, pourtant.
Vous savez bien : la banque.
Déjà oublié ? Mémoire de poisson rouge ?
Gentil client, ça ![]()
Revenez nous voir !
Mais oui, ce sera vite oublié …
Sept milliards d’Euros, c’est ce que peut gagner un ouvrier en travaillant quoi ?
233000 ans, à peu près.
On ne va pas en faire un drame.
Pour récupérer ça, il suffit de travailler plus.
J’aurais bien voulu entendre le Président s’exprimer sur ce coup-là.
Histoire de lui faire préciser son idée des trois tiers, vous voyez ?
Un tiers pour les actionnaires, un autre pour les salariés, le dernier pour les investissements.
Je connais des boîtes qui crèveraient si elles ne réinvestissaient pas tout mais bon, il a assez de relations pour connaître des contre-exemples.
C’est lui, le pro.
Et de toute façon il apparaît seulement pour danser sur l’estrade quand la nouvelle à annoncer est bonne, ou alors qu’elle est sans aucune importance.
Il a appris ça en Russie :
Ton image doit être associée au bonheur du peuple, camarade.
Le traducteur a oublié de traduire du peuple et le Président a pris ça pour lui ![]()
Il a cru comprendre :
Montres-leur ton bonheur à toi.
Grâce à moi, vous avez donc l’explication des dérives de comportement stigmatisés par une certaine presse d’une certaine gauche irresponsable, la même que celle qui a longtemps cru que l’URSS était un paradis égalitaire.
Ah bin peut-être que c’était le même traducteur, pas vrai ?
Les méchants diront que le bon côté des choses, si le Président ne se montre plus que pour les bonnes nouvelles, c’est qu’on le verra de moins en moins ![]()
Perso, je trouve que ce serait dommage, j’aime bien son show, ça justifie enfin la redevance de la télé.
J’aurais voulu parler de ça.
Ou alors, j’aurais voulu lancer un mouvement pour que nous nous flagellions tous, nous les pauvres demeurés qui comprenons si peu de chose à n’importe quoi qu’on peut nous vendre n’importe quelle salade pourvu qu’elle soit emballée avec aplomb et humour et que nous puissions en discuter librement - La liberté de parole est une largesse du Prince surtout quand elle ne sert à rien, Machiavel a écrit quelque chose dans ce genre-là et on est en plein dedans.
Parceque bon, c’est vrai que nous sommes un peu concons.
Déjà qu’on se fait des illusions sur notre état réel.
Avec nos portables, nos autos vertes et notre maîtrise de choses qui n’ont strictement aucune importance, nous nous croyons dans le tertiaire, dans l’évanescent, dans les nuages.
En plus, on se croit malins, en tout cas plus futés que les autres.
Bien joué, l’intox !
Mais il suffit de gratter un peu et sous le vernis on trouve le serf ou l’esclave.
On ne cesse pourtant pas de nous le répéter, que nous sommes des riens-du-tout, et même en chansons, mais nous, on se contente de danser sur la musique, on n’intègre pas le message.
Même quand le texte est réduit à sa plus simple expression.
Un exemple ? Facile !
J’avais moins-un an quand j’ai entendu une certaine chanson et comme je comprenais la langue, j’ai certainement été marquée par le texte.
Il dit quoi, le texte ?
Oh pas grand’chose, juste l’essentiel : que nous sommes éduqués dans la confusion pour être dominés.
Dans le premier couplet, ça.
Ensuite, ça continue :
Quand ils vous ont torturé et terrifié pendant une vingtaine d’années,
Ils s’attendent à ce que vous choisissiez un boulot,
Quand vous ne pouvez pas vraiment réfléchir, vous êtes tellement plein de crainte.
La peur, ça marche toujours.
Les Communistes, les Terroristes, le Réchauffement climatique, l’Islam et les Banlieues il suffit de se pencher pour ramasser des motifs de nous instiller la pétoche.
Ils continuent de vous droguer avec la religion et le sexe et là télé,
Et vous vous croyez tellement intelligents et sans classe sociale et libres,
Mais vous n’êtes encore que des putains de paysans à ce que je peux voir.
Ah bin c’est un peu comme je disais plus haut, ça ![]()
Putains de paysans, voilà ce que nous sommes.
Ce n’est pas moi qui dis putains, c’est le troubadour.
Et enfin :
Ils vous racontent enfin qu’il y a encore des positions au-dessus,
Mais que pour y arriver vous devez apprendre comment tuer en gardant le sourire,
Si vous voulez être comme les mecs sur la colline.
Voilà ![]()
Elle est pas belle, la vie ?
Simple et radieuse …
Enfin-bon, le message en gros c’est que nous sommes trop conditionnés pour percevoir notre état réel de minables.
Et ça dit qu’on nous apprend que pour arriver au top, il ne faut pas hésiter à utiliser les grands moyens.
Pendant longtemps, j’ai cru que c’était une de ces protest songs bêlant contre la guerre mais pas du tout, son message vaut en toutes saisons.
En fait, c’est une chanson hyper-réaliste.
Cette chanson est de John Lennon, elle est sortie en single en 1973 (avec Imagine sur la face A) et c’est devenu un standard repris par quantité d’artistes.
Les interprétations que je préfère, dans l’ordre (soyez sympas les jeunes : regardez au moins les deux premières).
Green Day
Noir Désir
Marianne Faithfull
Marilyn Manson (image fixe mais voix d’enfer).
Parmi mes interprétations préférées, il y a encore celles de David Bowie, Ozzy Osbourne et Cyndi Lauper.
Enfin-bon, tout le monde le sait, tout le monde l’a dit, sur tous les tons et ça ne change rien
Référencement nul pour ce message !
C’est à désespérer de vouloir instruire des veaux comme nous.
Peut-être parcequ’en plus d’être concons nous sommes masochistes ?
Ou bien que sous prétexte qu’un sur dix mille peut sortir du lot, les autres acceptent tout, y compris la perspective de terminer leur vie sur un grabat médicalisé avec des tuyaux enfoncés partout ?
Et encore ! Pour ceux qui peuvent se l’offrir
C’est vrai qu’entre le début et la fin de l’esclave il y a la bouffe, la télé, les vacances, la maison et les jeux.
Tout ça merdique et standardisé, bien entendu.
Entre nous : même les gros yachts sont standardisés, il y a un standard pour chaque niveau de la misère humaine
Mais ça vaut mieux que la bonne vieille boucherie guerrière à laquelle sont encore addictés les peuples moins … moins quoi au juste ?
Moins bien dirigés, voilà ![]()
On a du bol !
Songez-y chaque fois que le Président (le vôtre ou un autre, là aussi c’est standard) vous agace sur son estrade.
Songez-y chaque fois qu’une banque se gourre au point de perdre quelques milliards.
Allez, pas d’avarice, un Lennon d’anthologie : Instant karma
Je vous laisse le soin de traduire et d’interpréter.
[ Aaaah
Ça va mieux. ]
26 janvier 2008 à 19:38
Il y a toujours moyen de refuser mais le prix à payer est terrible http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/loupchien.htm
26 janvier 2008 à 21:24
Bien la traduction et les interprétations diverses de notre cher Lenon!
C’est la dualité, on est soit le loup, soit le chien, pas drôle tout ça.
Quelques uns l’ont compris mais essayent d’être minables et de mourrir esclave avec élégance, en faisant croire que à leur idiotie, une sorte de résistance passive: cet intermédiaire entre le loup et le chien, la fausse liberté du Bobo!
Pour en savoir plus sur le bonheur d’être un abruti heureux lire (science fiction): http://fr.wikipedia.org/wiki/Globalia
duquel on peut citer ce très grinçant sophisme:
La liberté c’est la sécurité, la sécurité c’est la surveillance, donc la liberté c’est la surveillance.
26 janvier 2008 à 22:02
Ni dieux, ni lois, ni maîtres et le ciel pour toiture, j’ai tenté l’aventure à une époque. Je n’ y ai rencontré que la liberté d’avoir froid, la liberté d’avoir faim, la liberté d’avoir peur… mais pas le bonheur ni pour moi ni pour aucun de ceux que j’ai pu rencontrer qui partageait ce style de vie.