Un patron pour les référenceurs

A quel saint vouer les référenceurs ?
La question est d’importance au moment où la profession tente de s’organiser.
En effet, pour autant que l’objectif veuille s’inscrire à une certaine altitude dans la grande tradition des métiers, il est nécessaire de respecter certains principes dont celui-ci n’est pas le moindre :

Tout métier d’une certaine importance a son saint patron.


Les journalistes ne me contrediront pas qui sont sous la protection de Saint François de Sales.
Non plus que les informaticiens (Isidore de Séville).

En quête d’informations et ne pouvant joindre le Dicastère ad-hoc de la Curie romaine, j’ai traîné ma souris jusqu’aux pages de la Wikipedia (Naaaan pitié, pas la Wiki !) où j’ai appris, consternée, que Saint Isidore de Séville serait aussi le patron de l’Internet tout entier.

Les référenceurs tomberaient ainsi tout naturellement sous sa protection.
Au conditionnel, n’est-ce pas ?
Sous toute réserve de modification de ma source par n’importe qui entre maintenant et n’importe quand (ça, c’est un disclaimer approprié).

D’un côté, ça m’arrange bien : j’adore Séville et Isidore fut un grand convertisseur des arianistes à la doctrine fixée par le Concile de Nicée – et il reste tellement de black-hats à ramener dans le giron du droit chemin comme dirait le maire de Champignac !

En même temps, c’est beaucoup de boulot pour un seul Saint.
Et je ne suis pas trop d’accord avec le principe qui attribue automatiquement la gestion du bourgeon au propriétaire de l’arbre.
C’est mon côté rebelle, ça.

En plus, le peuple a de facto une grande influence sur ce qui doit être protégé et par qui.

Saint-Valentin, patron des amoureux, d’accord ?
Tous d’accord ?

Hé bien non, ce n’est pas officiel !
Téléphonez à Rome, vous verrez bien que j’ai raison.
C’est une croyance populaire et ça n’empêche pas de faire un max de blé le 14 février :)

Il y a d’autres patrons que nous, les gens, nous pourrions imposer.
Et il n’est pas nécessaire que le patron soit défunt pour l’imposer, et son martyre n’est pas indispensable non plus : un paquet de Saints officiels ont fini dans la quiétude douillette d’une agonie sympa.

Même pas besoin qu’il soit canonisé.
Soyons post-modernes, enfin quoi !
Rompons avec les détails qui coincent le progrès, nettoyons la tradition de ses scories !

Par exemple, comme patron de l’informatique, je verrais bien William, qui permit au PC de se répandre dans les couches populaires alors que le culte de la Pomme réservait cette initiation aux seuls nantis.

Saint William fut trahi par ceux-là même qu’il avait libérés et il fut mangé par les pingouins.

(Les pingouins étaient en réalité des manchots, on l’explique dans le making of du collector).

Le saint à qui confier le patronage des référenceurs ?

J’ai pensé que Nicolas de Paris pourrait faire l’affaire.
Songez donc : trente ans d’auto-référencement à la dure sur un mot-clé hyperconcurrentiel pour décrocher enfin la première place.
Et qui niera sa parfaite maîtrise du buzz ?

Cette suggestion, je la donne à la nouvelle assoc de référenceurs afin qu’un parrain d’envergure la porte sur les fonts baptismaux (de fontaine, pour ça que c’est un « t »).

Et si saint patron paraît trop prétentieux et prématuré, qu’il lui soit demandé de devenir Président d’honneur.

Soyez fous : osez !