Décroissance

La décroissance est une conséquence naturelle d’un monde aux ressources finies et plus précisément non infinies.
Au cours de l’Histoire, on a progressivement ouvert de nouveaux territoires, réels (comme l’Ouest américain) ou virtuels (comme l’Internet).
Bon, en réel il reste l’Antarctique, on pourra y installer des mines dès que cette saleté de glace aura fondu.

Mais ces nouvelles terres à conquérir sont de plus en plus rapidement saturées.

Et mine de rien, le Web commence à souffrir d’embouteillages.

Bien sûr, il reste plein de choses à faire. Tout plein.
Mais il a tout de même fallu inventer un inutile concept 2.0 pour relancer son intérêt.
Et il a fallu lui greffer les vieux médias pourris de l’audiovisuel pour appâter les moutons.

Les gentils moutons consomment la télé, le ciné, la radio et les journaux au moyen du Web.
Ils communiquent par logorrhées intarissables grâce au Web et au portable.
Et ils s’expriment librement … ce qui ne change rien à leur destin : la tonte à ras.

Heu-reux !

Il faut être un peu spécial pour voir là une manifestation du progrès.
Un téléviseur plat de trois mètres de diagonale n’améliore pas la qualité des programmes, oui ?
On peut faire consommer les gens à coup de progrès de ce genre.
Une voiture ou deux par personne, un ordi ou deux par personne, un portable ou deux par personne …
Mais il y a une limite, et elle se rapproche.

Le nombre des internautes va encore grandir, c’est clair.
Mais sept milliards de clients, c’est seulement sepr milliards, pas huit.
Et chacun dispose de seulement 24 heures par jour.

Allez, je le redis : même si on considère chaque humain comme un client potentiel, le nombre de ces clients n’est pas infini.
En effet, on prévoit que la population mondiale va croître jusque vers 2050 puis se stabiliser et ensuite décroître irrésistiblement (voir ce rapport de l’UNESCO).

C’est donc une croissance irremédiablement finie :)
Certains l’ont bien compris qui s’empressent de filer avec la caisse de l’humanité.

2050, c’est encore loin, n’anticipons pas :)

Soit. Voyons un cas particulier et un avenir relativement proche.

Prenons le cas d’un site qui vit grâce à la publicité.
On peut le lire partout : d’ici à cinq ans, les investissements en publicité vont doubler.
On ne lit pas tripler pour rester prudent mais bon, doubler c’est déjà bien.

Cela veut-il dire que le site qui vit de la publicité doublera son CA ?
Pas automatiquement.

D’une part, le nombre des sites affichant de la publicité fera vraisemblablement plus que doubler.
D’autre part, la valeur des affichages et des clics pourrait diminuer puisque dans ce délai de cinq ans la concurrence se mettra à exister pour de vrai entre les régies.
Et qui dit concurrence dit meilleurs prix pour les clients.
Le client, c’est l’annonceur, pas l’éditeur :)

Mais il y a d’autres aléas en perspective.
Certains sites-de-la-mort-qui-tue pourraient très bien se mettre à l’édition : la Wiki, et même le W3C (rêvons …).

Hé ! C’est de l’argent gratuit, ils en ont besoin, pourquoi se priveraient-ils de cette manne ?
Après tout, les tenants de la publicité sur le Web ont assez oeuvré pour convaincre tout le monde que La pub, ce n’est pas sale.
Si ce n’est pas sale, on doit finir par en voir partout.
Le temps va peut-être venir du retour de boomerang :)

Autre aléas possible à envisager pour se faire peur : un beau gros krach larvé qui réduirait les investissements de la pub.
Pas tout de suite : dans deux ans. Le premier réflexe est d’abord d’investir plus :)

Autrement dit : il peut arriver n’importe quoi, il va falloir pédaler de plus en plus pour simplement conserver le niveau des rentrées.

Tous ensemble avec moi pour le refrain !

Travailler pluuuu-sseuh pour gagner autant :)

La pub restera rentable, et même très rentable, pour le top-10000 alexien, disons.
Etes-vous certain que vous en serez ?
Avez-vous un plan B ?

Envisager la décroissance, c’est surtout envisager le recyclage du mode de vie et exploiter autrement les ressources disponibles.
Ces ressources, pour nous les webmasters, ce sont les internautes.

Il faut les chouchouter, leur donner du bon manger, les tenir au chaud et en sécurité.
Les inciter à se reproduire et à ne pas partir trop loin, à revenir souvent et à amener leurs potes.

Et surtout pas leur flanquer la trouille comme je viens d’essayer de le faire avec ce billet :)

Une réponse à “Décroissance”

  1. SZarah dit :

    Je parlais d’aléas et en voici un qui pointe le bout de son nez : l’ONU pourrait bien taxer le commerce sur Internet :)
    http://afp.google.com/article/ALeqM5gdjWYjWntu4YH_QPDEci5GXE34Hg

    Un autre : Google-Adsense: les parrainages en baisse, résumé sur indeXweb.info.

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.