SEO : enfin une formation !
Un référenceur, ça se forme sur le tas.
C’est ainsi pour toutes les nouvelles professions.
Ensuite, quand l’expérience a fait son oeuvre pour permettre de dégager les grandes lignes d’une formation, et pour autant que le métier paraisse porteur et pérenne, les écoles s’en mêlent.
Pour les référenceurs, c’est fait : dès septembre, une formation universitaire sera proposée à certains Bac+2 mais aussi à des étudiants d’autres horizons et à ceux qui pratiquent déjà la discipline.
01.net en a parlé : Le référencement Web entre à l’université et ça se passe à l’IUT de Mulhouse.
Premiers sur la balle comme souvent, les Academics ont créé des synergies avec le privé pour proposer cette formation qui, on peut en être assurés, fera des émules.
D’un point de vue personnel, je suis relativement satisfaite des prérequis exigés, et satisfaite aussi de la possibilité de valider par VAP ou VAE une expérience déjà acquise.
Le niveau sera suffisant et les référenceurs déjà sur le marché ne seront pas écartés.
C’est propre et net.
Là où je suis moins convaincue, c’est concernant l’étendue du savoir prodigué.
En effet, connaître les recommandations des moteurs et les maîtriser, assurer la veille et optimiser les pages, ce genre de choses, c’est très bien, c’est nécessaire, c’est indispensable.
Mais nous savons, vous et moi, que la performance ne vient pas de là.
Pas encore.
Les moteurs peuvent encore être grugés et un travail propre et honnête ne suffit pas à assurer l’exploit exigé par les maîtres d’oeuvre.
Et je ne vois pas comment les Academics pourront montrer aux étudiants comment on peut obtenir des résultats quand on dispose d’un gros parc de sites et de serveurs.
Je ne les vois pas non plus participer aux concours SEO publics, où leurs compétences réelles risquent de se voir ridiculisées, non plus que polluer pour tests de braves requêtes standards.
Un labo SEO, ça se passe in vivo, pas en éprouvette.
Je ne comprends pas du tout comment on compte démontrer et illustrer par l’expérimentation les techniques industrielles (je ne parle pas des amuse-gueules du type cloaking ou des gamineries que j’expose dans mon Manuel illustré du référenceur stupide).
Je crains fort qu’il s’agisse essentiellement de former de bons petits soldats aptes à faire un travail propre dans le contexte d’un Web supposé pacifié, contexte qui n’existe pas.
Il s’agirait donc d’un pari sur l’évolution des moeurs du Web.
A mon avis, c’est à la fois terriblement ambitieux et terriblement risqué.
Exactement ce qu’il fallait oser faire pour donner une orientation positive au référencement, redorer son blason terni par les excès et pour fonder une profession.
Je n’aurais pu imaginer mieux, certains en ont rêvé et les Academics l’ont fait.
—
Discussion du sujet sur les forums WebRankInfo avec intervention de certains organisateurs de la formation :
Le référencement Web entre à l’université.
8 avril 2008 à 12:27
Il ne nous reste qu’à espérer l’évolution positive du web et à y contribuer.
8 avril 2008 à 13:58
Chiendent>
We are the woooooooorld, we are the childreeeeeeeeeen…
Ou bien:
http://videoz.unblog.fr/2007/01/21/humour-les-guignols-we-fuck-the-world-avec-bush/
C’est comme tu veux
8 avril 2008 à 14:00
On va déjà partir du principe que si ce sont des profs d’unif qui donnent les cours ca va être terriblement théorique, il leur restera à engager des vrais référenceurs comme assistant de laboratoire pour les exercices pratiques.
Malheureusement, le référencement n’est pas une science exacte, c’est plutôt de la haute cuisine.
Une technique strictement identique marchera sur un site et pas sur l’autre, et c’est là tout le savoir faire des grands cuisiniers, devinez quel ingrédient de la recette est un peu différent au niveau du goût pour ajouter ou retirer un autre, voire modifier complètement la recette.
Apprendre les techniques standards de la cuisine ressemble encore plus au référencement, pour donner les bases (à faire et à ne pas faire), il faut moins de deux jours. A ce niveau, le pauvre célibataire sera capable de réchauffer une boîte (là c’est dur), de se cuire une cotelette ou même un bifteck. La cuisson des légumes, des pommes de terre, voire du macaroni bne posera pas non plus de problèmes, … voire pour les plus téméraires, un oeuf sur le plat. Reste à voire si l’apprenti cuisto arrivera à utiliser une grosse recette …. Pour le référencement, les deux jours suffiront probablement à lui permettre de faire passer un petit site sur une recette (pardon recherche) locale à condition qu’il ne choississe pas directement la solution d’avangarde, une inscription massive dans les annuaires, bons ou mauvais. Pourtant, je doute que sans mise en pratique, l’apprenti référenceur arrivera à corriger la recette pour faire un navarin.
On peut faire une similitude entre un référenceur et un maçon.
A 18 ans, il sort de l’école et connait les techniques de bases.
A 25 ans, il maitrise l’art de la truelle suffisament pour travailler sans problème.
A 30 ans, il n’est guère meilleur qu’à 25 ans mais a surtout appris à peaufiner.
A 50 ans, le maçon a garder toutes ses abtitudes de ses 25 ans. Pourtant, a force de vices et d’expériences, il fait en moins de temps le même travail. Ce qui compense souvent la lassitude et le manque de vivacité de son âge.
On espère qu’une “école de référenceurs” en fera au moins des maçons de 18 ans.
8 avril 2008 à 14:30
C’est dans la logique des choses, en son temps l’alchimie aussi est passé du stade des recettes de cuisine a celui d’une science rigoureuse.
Si l’on en est resté au stade des recettes de cuisine Ybet, c’est parce que ce sont les seules qui s’échangent publiquement. Tu peux avoir toutes les recette du monde, ce n’est pas cela qui t’apprendra à gérer une chaine d’hôtel, une école hotellière, bien.
8 avril 2008 à 15:03
C’est quoi ce besoin des référenceurs à toujours faire des analogies bizarres
.
Maçonnerie, cuisine… on est tous des artisans quoi whouhou, c’est très noble, moi qui ne sait rien faire de mes 10 doigts, ça me fait plaisir ^^.
Moi aussi je vais y aller de ma petite comparaison, faut que je termine mon article de comparaison avec le karaté, on verra ce que ça vaudra.
9 avril 2008 à 10:17
Bonne initiative. En espérant que le contenu des cours sera mis à jour régulièrement car effectivement, la veille est au coeur du métier.
9 avril 2008 à 17:40
Le bon plan dans l’histoire, c’est d’intégrer le cursus en tant que prof plutôt qu’étudiant, non ?
9 avril 2008 à 19:05
Taranis : 1 point
10 avril 2008 à 13:25
Vince, tu as raison, c’est bien là qu’est le coeur du problème. Cela a toujours été vrai de la partie technologie pure de l’informatique, cela sera aussi et encore plus vrai pour ce nouveau “métier” car l’évolution va encore plus vite et il s’agit purement de battre la concurrence en devançant les autres sur ce que peut-être cette évolution … prospective et boule de cristal.
C’est aussi pour cela que normalement les formations donnent de bonnes bases théoriques. La théorie est plus stable que la technologie et plus fiable que la boule de cristal.
10 avril 2008 à 17:07
On en parlait ici aussi : http://www.epivoila.com/referencement/licence-atc-referenceur-et-redacteur-web.html
11 avril 2008 à 8:16
J’espérais franchement des réactions du type
Comment ça “enfin !” ? Il y a des années que nous formons des référenceurs ! venues de différents établissements scolaires qui effectivement donnent deux heures par ci par là sur le sujet.
Mais rien
Donc : la formation devra mettre un peu l’accent sur la veille
14 avril 2008 à 9:44
se sera(i)s marrant un changement d’algo en plein milieu de l’année, sans prévenir ( comme d’hab ) rendant la moitié des connaissances apprises récement obsolètes…
alors en gros ? apprendre à faire une veille ?
14 avril 2008 à 18:58
Oui mais pas seulement : distinguer les indicateurs, relativer leur importance, connaître les leviers et être capable de les manipuler, ça devrait pouvoir éviter d’être à la merci d’un changement d’algo.
L’avenir est à la construction de sites facilement adaptables aux humeurs des moteurs. L’aventure ne fait que commencer