Le pied sur la longue traîne
La longue traîne, long tail (”longue queue”) chez les anglophones, est un constat basé sur la courbe de fréquentation d’un site : on classe les visites selon leur nombre en fonction des requêtes.
Elle apparaît quand un site reçoit plus de visiteurs sur des requêtes accidentelles que sur les requêtes choisies et délibérément promues.

Image d’après Hay Kranen
C’est schématisé pour l’explication : si vous comptez les requêtes qui amènent chez vous sur un mois, il faudrait peut-être vingt ou trente mille colonnes.
La “traîne” apparaît en jaune, à droite du trait qui marque l’amplitude (la fréquentation) moyenne (nombre de visites / nombre de requêtes).
La traîne est “longue” parce qu’elle contient plus de requêtes que le reste du corps de l’animal (en vert).
Tous les sites ont une fréquentation à traîne.
On peut cependant imaginer des extrêmes.
Un site sans thématique précise et non référencé pourrait afficher un graphique en Lombric.
Un ver de terre n’a pas de queue, ou alors il n’est que ça de bout en bout.

Peu importe l’amplitude, qu’elle soit forte ou pas : un ver de terre reste un ver de terre.
A l’opposé, on pourrait trouver un site qui recevrait tous ses visiteurs sur une seule et unique requête.
Pas de traîne, là non plus.
Ce phénomène hypothétique serait appelé Stylite par référence aux ermites qui se retiraient en haut d’une colonne..

Hypothétique ? Pas vraiment. Ceux dont le site n’est plus accessible autrement que sur la requête de l’URL précise sont des stylites
La théorie dit qu’il y a longue traîne quand les évènements inattendus sont plus nombreux que les événements volontairement suscités.
Tous les sites n’ont pas une fréquentation à longue traîne, notamment les sites sur lesquels on ne saurait arriver par hasard.
Un site très pointu dans un domaine hyperspécialisé aura la queue courte.
Les micro-niches ont souvent la queue courte, tendant vers le Stylite.
En répertoriant systématiquement les premières requêtes de la longue traîne, et en les optimisant, il est possible de les faire passer dans la zone verte.
Depuis quelques années, c’est devenu un sport : on oublie les requêtes par trop concurrentielles pour accentuer l’effort sur des requêtes moins difficiles mais susceptibles d’apporter du trafic-moteur.
On renforcera donc le contenu justifiant le trafic sur ces requêtes non essentielles.
Allant plus loin, on pourra investiguer autour de soi (notamment dans les forums de référencement) pour distinguer de nouvelles niches à exploiter.
Question : sur quelle(s) requête(s) arrivez-vous premier ?
Dites-moi tout, que je voie si ça m’intéresse
L’objectif pour en finir avec la longue traîne, c’est parvenir au Lombric à forte amplitude : le Boa.

Il y a un corollaire néfaste à cette technique.
Les plus compétents dans l’art de remuer la queue (tail) finiront par squatter jusqu’aux plus petites micro-niches.
Les non initiés se retrouveront chassés de positions qu’ils occupaient sans vraiment faire d’efforts, c’est-à-dire par la simple nature de leur contenu.
Le dilettantisme va devenir mortel.
En même temps, c’est excellent pour le créneau “référencement” qui sans être pirate n’en est pas moins humain donc avide.
L’exploitation industrielle de la longue traîne n’est rien d’autre que du spam autorisé par les moteurs, et encouragé par les référenceurs.
Encore quelques années et la savane du Web sera parsemée de boas repus, en pleine digestion
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Lire : Pratique de la longue traîne sur les mots-clés (David Cohen).
Lire aussi chez Sébastien Billard : La longue traîne en pratique (février 2007).
17 avril 2008 à 18:03
Je pense que tu te trompes et qu’au contraire la longue traine est bénéfique.
Vouloir promouvoir son site sur un panel de requête bien spécifique est insensé. Le parallèle avec le spam est maladroit je trouve, moi je conçois (et j’explique) la longue traîne de cette manière:
La somme de tous les mots clés rares ou peu tapés amènent plus de trafic que la somme des mots clés principaux.
Par exemple, sur Amazon : la majorité du traffic cumulé ne vient pas des mots clés principaux (DVD, livres, CD, Britney Spears, Justin Timberlake…) mais bien de la somme de mots clés plus rares (livres particuliers, CD moins grand publics, articles peu connus…).
C’est pourquoi il est d’autant plus stratégique de prévoir une optimisation sur les mots clés principaux mais également de prévoir une structure de site qui favorise le référencement de tous les micro-contenus.
Pourquoi voir ceci comme du Spam? Est-ce que la requête:
http://www.google.fr/search?hl=fr&q=a+guy+called+gerald+berlin+session&btnG=Recherche+Google&meta=
est moins légitime que “CD musique électronique” ? Ou même simplement “CD” ?
Et je vais même plus loin, pour moi la longue traîne est tout simplement le résultat des “dommages collatéraux” d’un site bien structuré et bien pensé pour le référencement. Chris Anderson s’est risqué à schématisé formellement le phénomène, mais il a mis le doigt sur un principe que j’ai pu vérifier très très souvent.
La seule exception qui m’hallucine d’ailleurs un peu concerne mon site de manga. Plus de 80% de mon trafic provient de cette requête, alors que je m’efforce de faire plusieurs fiches des oeuvres…
Et j’ajoute, sans cette longue traîne, on aurait bien du mal derrière tous ces sites installés depuis les early 90’s, nous z’aut’ jeunots du référencement.
17 avril 2008 à 18:24
“L’exploitation industrielle de la longue traîne n’est rien d’autre que du spam autorisé par les moteurs, et encouragé par les référenceurs.”
Une définition qui correspond parfois, sauf lorsqu’il y a pertinence du positionnement. C’est quand même ça qui devrait faire la différence…
Jean-Marie
17 avril 2008 à 18:31
Je pense qu’optimisation pour le référencement sur des termes “clés” voire “stratégiques” et longue traine vont forcément de pair.
Je m’explique.
Vouloir optimiser son site sur des termes concurrentiels et recherché : OK.
Mais quand vous êtes bien positionnés sur un terme de type “vente cd rock”, et que vous vendez aussi des cd de hard rock, de rock metal (et autres déclinaisons du mot clé) vous avez plus de facilité à vous positionner sur ces minuscules expressions (en recherche car longue en nombre de mots) de type : vente cd hard rock pas cher, achat album rock metal.
Pour résumer : on optimise son site sur des termes génériques et on bénéficie des milliers de combinaisons possibles avec les déclinaisons de ces mots (la longue traine)
17 avril 2008 à 20:21
Je pense que ça va dépendre du type de site.
La longue traîne sera la bienvenue pour un site qui touche à une multitude de sujets comme un site de vente de DVDs.
Par contre, il en sera tout autrement pour un site lié à un domaine de compétence précis.
18 avril 2008 à 10:13
Certains sites bénéficient de manière naturelle de l’effet de longue traîne : la Wikipedia, eBay, …
La pertinence est là, pas de souci.
Ce que j’ai tenté d’exprimer, c’est que la mode en référencement tend à classer l’exploitation systématique de la longue traîne dans l’arsenal des optimisations normales.
On en est à créer le contenu qui renforce la pertinence d’une rencontre fortuite ou même accidentelle.
C’est important parce que jusque là on pouvait conseiller aux sites de se spécialiser dans une thématique précise.
Aujourd’hui, faut-il leur conseiller d’étendre leur contenu à toutes les requêtes qu’ils sont susceptibles de rencontrer ?
C’est la tendance.
On en arrivera très vite à tout est dans tout … et surtout dans les mastodontes qui ont les moyens de diversifier leurs contenus.
J’y vois une fracture qui pourrait devenir définitive entre les géants désormais pluridisciplinaires de la première page et les sites spécialisés.
Faudrait voir à ne pas se prendre les pieds dans la longue traîne
22 avril 2008 à 10:45
Hello Sarah
Si le site est optimisé à 100%, la Longue Traine apparait toute seule.
Faire des efforts ou créer un contenu spécifique pour des mots à faible fréquence de requêtes et de visites n’est (en général) pas rentable.
Il reste le cas des sites super optimisés et qui en veulent encore plus….
Le mieux est de montrer la Longue Traine aux rédacteurs qui seront ravis de diversifier leur vocabulaire au delà des mots-clés centraux et obligatoires que certains SEO veulent encore imposer.
David
22 avril 2008 à 10:48
J’oubliais
http://www.slideshare.net/Wynot/pratique-de-la-longue-traine-sur-les-mots-cle
David
21 juin 2008 à 7:31
Jean-Marie Le Ray envisage l’intérêt d’inverser la longue traîne (excellent billet qui décrit aussi l’évolution de la publicité contextuelle).
22 juin 2008 à 10:03
Vous connaissez tous ces longues traînes qui débouchent sur des fiches vides ou sur des documents indisponibles (des livres, par exemple) : c’est cela, l’optimisation industrielle.
Et à ce jeu, les sites non généralistes sont perdants à tous les coups : la première page des résultats finira par appartenir totalement aux majors de la distriburion …