Au sujet d’une entrevue présidentielle
Dans une entrevue retransmise en direct, le rôle du journaliste n’est pas tant de poser les “bonnes” questions (celles que le public attend et qui sont prévisibles) que ramener l’interlocuteur sur les rails de la question posée quand il s’en écarte pour quelque motif que ce soit.
Revoyez l’entrevue : les questions étaient-elles bien posées, l’interlocuteur s’est-il écarté du sujet dans ses réponses, dans ce cas les journalistes ont-ils tenté de le ramener au sujet, y sont-ils parvenus et si “non”, pourquoi ?
De mon point de vue, les journalistes ont fait tout ce qui était possible, y compris couper la parole au Président.
Aller plus loin eût été inconvenant, n’est-ce pas ?
Sous ses apparences de dilettante, NS est un vrai “debater” : même ses “bourdes” devraient être considérées comme préméditées et porteuses d’un sens voulu.
Mais le public préfère spéculer sur l’éventualité d’un manque d’information, voire d’un lapsus.
Il faudrait peut-être expliquer que l’information, le Président l’a certainement, et que la psychanalyse, c’est has been.
NS n’est toujours pas pris au sérieux par certains qui, trompés par les guignols, continuent à l’imaginer maladroit et superficiel, facile à cerner.
Le rire désamorce leur énergie combattive et ensuite …
Hé bien ensuite, ils perdent les élections.
L’allure désinvolte et la spontanéité qui font espérer à certains que le Président est fragile du côté de la communication sont en fait deux atouts majeurs pour lui.
Qui peut vraiment imaginer qu’un avocat de formation devenu Président après trente ans de carrière politique sera un jour déstabilisé par un journaliste ?
Certainement pas les journalistes, ils savent à quoi s’attendre et qu’il s’agit de rester ferme et digne, qu’eux-mêmes seront soumis à la critique.
Et que finalement, il y a plus pour eux à perdre qu’à gagner en ayant “l’honneur” de poser des questions au chef de l’Etat.
Il y a maldonne : le public les imagine en inquisiteurs-délégués alors qu’il est seulement question d’entendre le Président.
Il est facile, ensuite, de critiquer les journalistes pour n’avoir pas rempli une mission qui, en l’occurence, ne leur était pas assignée.
Revoyez l’entrevue : NS tend des perches aussitôt saisies, il conserve la main de bout en bout.
Pour “achever de répondre”, il empiète sans hésiter, légitimement, sur le temps prévu pour la seconde partie alors que le journaliste attend, réduit au mutisme par le respect, rongeant visiblement son frein.
Par trois fois il rappelle qu’il n’est pas un roi, c’est un mot qui avait bien plu au public lors du précédent spectacle, ce n’est pas lui qui l’avait introduit alors il s’en sert.
C’est clairement la séquelle d’une question qui fut mal posée en son temps.
Le Président coupe l’herbe sous le pied : à peine évoque-t-on une erreur qu’il la reconnaît sobrement et sans chercher de justification, sans barguigner.
Et il profite de l’absence de rectification par un journaliste quant à sa confusion (peut-être volontaire) entre nationalité et titre de séjour pour enfoncer le clou.
Qui ne lui donnerait raison de donner ainsi l’occasion d’ouvrir de futurs et stériles débats au sujet de la qualité des journalistes ?
Cela s’appelle une diversion opportuniste et il y a des chapeaux à tirer.
Face à un homme qui a 4000 apparitions à la télévision en dix ans, quel journaliste ferait le poids ?
Un de la BBC
NS a communiqué ce qu’il avait prévu de communiquer, les journalistes ont fait ce qui était possible dans cet exercice difficile, les modérateurs ont fait court et précis, tout le monde a rempli son office.
De débat il n’y eut point mais ce n’était pas au programme.
Et le spectacle fut réussi puisqu’il donne encore à penser près d’une semaine plus tard.
Tant pis si certains en tirent des leçons inappropriées, c’est qu’ils n’ont pas compris ce qui s’est passé.
—
Et non, je ne me mets pas aux chroniques politiques, j’ai attendu que retombe la pression.
Ici, il était question de communication et d’image, deux sujets qui font partie intégrante du référencement.
Et vous savez quoi ?
Je le ferai encore
29 avril 2008 à 20:16
Je suis aussi de ceux qui ne le sous estime pas. Il est très fort, il a une longueur d’avance à chaque pion avancé et tout est minutieusement préparé.
Idem pour ses “bourdes” qui n’ont d’autres fonctions que de le rendre un peu plus humain. Ses expressions, son attitude (viens te battre pauvre con) très “proche du peuple” ne me trompent pas, il souhaite désacraliser la fonction et passer pour le mec “comme tout le monde”, mais il ne l’est pas, oooh non.
On voudrait le faire passer pour un fêtard bling bling qui aime les choses chères qui brillent… Mouais, pour moi c’est juste un exutoire pour les frustrés qui s’autocongratulent entre eux dans leur TSS primaire.
En disant ça je ne dis pas que je cautionne sa politique, mais si il y a bien une chose qui m’énerve chez NS, c’est bien ses opposants. Si mous du slip, tellement déconnectés de la réalité, tellement brouillons, désorganisés…
Il est bien parti pour remettre une tôle en 2012, pas besoin d’avoir émargé à Science Pô pour le déduire.
En fait le paysage politique français est bien morose. Ça manque de W3C adapté j’imagine… Le problème étant qu’il est communément admis dans nos cerveaux que de toutes façons “ce sont tous des pourris”, et comme on a la mémoire courte… On retrouve les même pourritures depuis 30 ans.
En france on vote pour “le moins pire”, c’est comme ça. Même une droite asservie à la cause anglo-saxonne-bruxelloise a toutes ses chances, vu la tronche de l’opposition.
Pour revenir au sujet, certains s’amusent à décortiquer ses tics, ses manies (par exemple quand il lève l’épaule ou quand il retrousse les babines…) c’est très intéressant et révélateur, pendant que l’opposition se mastur… heu… analyse ça sous tous les angles faute de message de fond, le message passe, et le public fait confiance à nouveau… de toute façon entre la peste et le cholera hein…
29 avril 2008 à 20:44
Hé oui, nous lirons bien volontiers les futurs articles sur ce genre de sujets,
mais même un pro peut faire des bêtises alors on peut espérer ….
Je préfèrerai malgré tout ceux d’en face même si je suis d’accord que ce ne serait pas beaucoup mieux! Un changement de CSS et une amélioration du contenu même petite et en plus un “voisinage” de liens différents, ça ferait une différence.