Ma révolte de début mai

Comme j’ai raté Mai ‘68pas la TM pour être née trop tard et qu’autour de moi on en dit beaucoup de bien avec de la nostalgie dans le regard, parfois je me dis que c’est le mois idéal pour contester.

Mon problème, c’est que j’ai beau chercher, je ne vois rien qui nécessite une contestation.
Dans mon rayon d’action, je veux dire.
Rien à révolutionner.

Si je sortais de chez moi, nul doute que je trouverais vite fait mais il faudrait être maso pour quitter le paradis rien que pour trouver des ennuis, pas vrai ?

Heureusement, il y a le Web !

Je n’ai pas eu très loin à aller pour trouver de quoi me révolter.
Chez Jean-Marie Le Ray, sur un fil que je squatte, j’ai trouvé ceci :

Et en outre, autre révolution majeure : il y a aujourd’hui davantage de contenus librement accessibles que de contenus payants.
Des contenus de même nature !
Il devient en effet de plus en plus difficile, au point de tendre à l’impossible, de trouver une info payante qui ne soit pas aussi disponible sans rien payer.

(in L’homme est un animal social)

C’est une illusion commune que cette croyance.
Le “deep Web” inaccessible au commun des mortels représente encore plus de 100 à 500 fois ce qu’on peut trouver sur le Web public.

Rien que le contenu des revues scientifiques accessibles seulement par abonnement … je vous laisse imaginer.
Et encore s’agit-il seulement de quantité.
Au niveau de la qualité, le rapport entre le visible et l’invisible, entre le librement accessible et le réservé-payant, je renonce à l’exprimer.

Le “Web public’ est un jouet amusant tombé aux mains des commerçants.
Il s’y trouve très peu de vraiment intéressant pour celui qui a une culture générale normale.

Lisez ceci comme si c’était en gras, j’ai la flemme de baliser : “Il se trouve sur le Web de l’actualité futile en quantité industrielle et mille fois répétée mais très peu d’information”.

Examinez un peu de quoi est faite cette information.
Mettez de côté ce qui, sur le Web, parle du Web.
Mettez de côté les jeux et l’”entertainment” en général.
Mettez de côté le commerce.
Mettez de côté la communication qui traite des sujets ci-dessus (ce bruit de fond fait du blabla des internautes).
Mettez ce blog de côté.
Et le vôtre aussi, bien sûr :)

Que reste-t-il ?
Rien.

Et ce n’est pas neuf : Léo Ferré le clamait il y a longtemps déjà, Il n’y a plus rien.
Tu écoutes ça, si tu n’as pas l’antidote d’au moins quinze ans d’âge sous la main, tu te flingues.

Ou alors tu fais un site Web, tu poses le pied sur un territoire que tu imagines vierge.
De quoi t’illusionner un peu, un an ou deux, ou trois si tu es dur à la détente.

Mais ce n’est là qu’une machine molle qui décrit le monde de façon élémentaire pour des idiots qui perdent leur temps à le consommer et à en parler.
Un nombril qui inclut tous les nombrilismes.

C’est un nombril qui accélère les mutations, par exemple la disparition de la presse.
Après quoi il phagocytera quoi donc ?
La télé ? On regrettera moins.
Le Web n’est pas un vecteur de plus, c’est LE vecteur terminal.

Le pire, c’est que la foule le considère comme le sauveur du monde.
J’ai un avis différent (’manquerait plus que ça que je bêle à l’unisson).

Comme je l’ai déjà dit à maintes reprises (j’ai réitéré de nombreuses fois cette information), le Web c’est la Bête, il porte d’ailleurs son chiffre puisque en hébreu carré “www” peut aussi se lire “666″.
Si-si, c’est comme ça :)

L’Apocalypse le dit à peu près ainsi :

Aux derniers jours, rien ne se fera qui ne portera la marque de la Bête.

On y est ! :)

TOUT va passer par l’Internet :)
Tout portera ce “www” immonde :)

Le côté positif, c’est que, si on en croit les Ecritures, cette période déplorable ne durera pas très longtemps.
Et ensuite ça ira mieux.

Bien sûr, on peut ralentir le processus en redirigeant par 301 le www.example.tld vers example.tld tout court.
On peut réduire le nombre d’occurences du signe néfaste :)
Désitérer la séquence délétère :)

Ah mais ! Je n’oublie ni le boulot ni la Mission Sacrée ! :)
Ni d’inventer des mots :)

Enfin-bon, faites ça en masse et on verra bien si ça rétablit le climat ou si ça fait gagner le PSG, les miracles ça tape où ça peut.

En même temps, je ne suis pas certaine que ce soit vraiment utile.
Déjà pour la “globalisation” j’avais dit qu’il ne fallait pas lutter, qu’au contraire il fallait l’encourager.
Histoire d’arriver plus vite à ses limites et qu’elle se casse la gl toute seule.
Il y a des signes que c’est en train de se produire, pas vrai ?

Freiner les cons, ça les empêche d’arriver dans le mur.

Voilà pour ma révolte du début de mai.
Pardon à monsieur Le Ray de l’avoir mêlé à cette fantaisie mais il me fallait un prétexte pour m’insurger.

Pour le reste, je reçois trop d’informations pour la capacité de traitement de mon PB (personal brain, “cerveau personnel”, en principe vous en avez encore un aussi sauf si vous êtes branché médias).

Alors je ne sais pas trop si je dois plaindre ces milliers d’étudiants français en route vers l’Everest pour sauver le Web 2.0 avec leur pouvoir d’achat sous le bras ou bien s’il me faut militer pour que la soupe médiatique populaire passe en CreativeCommons.

Je verrai ça après la Révolution ! :)

En attendant, je vous livre ma dernière découverte chez l’épicier : une pâte à tartiner à base de vergeoise.
On trempe la tartine dans le café sans risquer d’y perdre le biscuit.
C’est une avancée capitale pour le confort du petit quatre-heures.
Et ça ne doit rien au Web.
Il reste de l’espoir !

Joyeux Premier Mai à vous !

10 réponses à “Ma révolte de début mai”

  1. alex dit :

    Salut Sarah,

    Comme disait le vieille adage : “Trop d’information tue l’information.” ;)

    Dans un société de savoir 2 principales difficultés :

    - trouver uniquement l’information pertinente pour soi

    - rentabiliser cette information

    Cela parait stupide, mais il ne faut pas se perdre à “surfer sur le cyber-espace”, il faut savoir où l’on souhaite aller.

  2. nico dit :

    Je pense qu’il reste énormément de choses intéressantes sur le web à lire. Par contre, je te concède le fait qu’il a plutôt été produit dans les années 90.

    Le problème, c’est qu’on est passé d’une poignée de webmasters bénévoles avec un minimum de culture à des milliards de bloggeurs aussi cons que leur souris.

    Normal que le web te fasse cette impression… Reste à espérer qu’ils se lasseront d’interférer pour se contenter de le consommer.

  3. st-antigone dit :

    Qui a décrété que le web n’était qu’un outil de connaissance ?
    c’est une ville, avec ses lieux populaires,
    ses universités, payantes ou pas,
    ses bordels, payants ou pas,
    et ses jolis endroits.

    Des gens y travaillent,
    d’autres s’y montrent,
    beaucoup s’y construisent des liens,
    empruntés de violences et de préjugés,
    mais tout de même des liens.

    Même si l’argent et le sexe n’y sont pas toujours là pour être des juges de paix, c’est un peu comme la vraie vie, il faut évite de se croire dans un cauchemar, même si on ne vit pas dans Utopie.

  4. julien dit :

    Je suis d’accord avec st-antigone, le web est juste une projection de ce que nous sommes réellement. Les brides et les codes que l’on nous impose depuis tout petit en moins.

  5. Arsène dit :

    “Les brides et les codes que l’on nous impose depuis tout petit en moins.”
    C’est l’anonymat qui doit provoquer ça.

  6. julien dit :

    Eh oui… Et là se révèle la vraie nature de l’homme.

    Et pour citer le journaliste Gonzo de Las Vegas Parano:
    “Celui qui se transforme en bête se délivre de la douleur d’être un homme”

    :-D

  7. st-antigone dit :

    Pour te rejoindre en ayant l’air cultivé,
    st-antigone a dit un peu la même chose avec :
    “devenir une brute procure un certain repos de l’âme,
    un bien-être qui fait oublier les mauvais coups reçus et donnés.”

  8. SZarah dit :

    Oui mais la révolution cognitive risque-t-elle d’affecter ceux qui ont le cerveau baveux comme le ventre d’une limace en pleine course et si oui, dans quelle mesure et avec quels effets sur la mémoire collective ? Et faut-il prendre au sérieux, au tragique ou avec indifférence un système basé tout entier sur le modèle économique de la publicité participative ?

  9. st-antigone dit :

    Tous les cerveaux sont un peu humides, non ?
    Quant au modèle économique du web,
    mon site par exemple n’est ni participatif,
    ne reçoit aucun revenu lié à son contenu,
    et il fait partie du web, non ?

    Sinon je trouve comme toi, que beaucoup trop
    agissent sur les mêmes modèles de communication
    sans se poser trop de questions persos.
    Sans le vouloir ils font quand même un choix,
    qu’ils devront assumer,
    celui de la faillite ou de la réussite collective.
    Perso j’essaie dans la mesure du possible,
    que si il y a faillite collective, mon monde n’en patisse pas,
    ou pas trop. Et pour cela, la gestion au quotidien,
    est préférable aux grandes idées et aux révolutions.

  10. Encre de Lune dit :

    […] Chez SEO berSZerkers, un commentaire intéressant de l’article de Jean-Michel Ray, L’homme est un animal social. A son affirmation Et en outre, autre révolution majeure : il y a aujourd’hui davantage de contenus librement accessibles que de contenus payants. Des contenus de même nature ! Il devient en effet de plus en plus difficile, au point de tendre à l’impossible, de trouver une info payante qui ne soit pas aussi disponible sans rien payer. […] […]

Laisser un commentaire

Vous devez être connecté pour laisser un commentaire.