La fête est finie
Durant plus d’un lustre, le référencement a été une matière relativement simple à dominer.
Dans les environs de Paris, un seul interlocuteur, et pas trop malin au départ : GG.
Il était question de mots-clés, parce que GG carburait aux mots-clés.
Et de linking, bien entendu, parce qu’il était question de PR (pardon pour ce mot).
Bien sûr, l’Algo évoluait et on suivait avec attention les indicateurs pour opérer les fins réglages destinés à le satisfaire.
Vous avez dit bricolage ?
Pour les sites mal référencés, il y avait la roue de secours de la publicité.
Et ce fut la fête.
Cette orgie pouvait continuer seulement dans un contexte figé : un seul moteur et des principes simples en évolution lente.
Mais au début de 2007, les observateurs ont compris qu’il se passait quelque chose.
Il ne suffisait plus d’appliquer les recettes classiques pour assurer un positionnement.
Même sans qu’il soit question de pénalités, des pages plongeaient et yoyotaient.
En cause, vraisemblablement et à vue de nez : l’explosion du nombre des pages et une trop grande vulgarisation des méthodes de ref.
Les trucs et astuces, une fois que ça se généralise, ça ne sert plus à rien, ça nivelle les performances.
Même la pub, les ptiloups (mais c’est un autre sujet).
Faute de pouvoir expliquer et démontrer comment ça marche (à ma connaissance, le référencement n’a jamais été scientifique autrement que par l’observation statistique) , on a commencé à envisager l’aléatoire comme facteur de positionnement ![]()
Quand on commence à comparer le ref au poker, c’est qu’on est largué.
Au poker, comme au bridge, il est question de faire le maximum avec les cartes qu’on a reçues.
Rien à voir avec un site : là, on construit son propre jeu.
Le problème, c’est que la plupart des sites en lice ont été tellement trafiqués que leur structure de linking interne et externe ressemblent à une usine à gaz.
Pas besoin de microscope pour constater que ces sites sont des constructions artificielles destinées à exploiter les petites manies du grand moteur.
Il sera extrêmement difficile de réhabiliter ces sites, mieux vaut peut-être faire table rase et reconstruire bio.
Et bio, ce n’est pas à confondre avec le concept naturel qui a été surexploité ces deux dernières années.
Ce naturel-là, qui passe par une optimisation, c’est encore une construction, c’est-à-dire une tentative pour influencer le moteur.
Toute optimisation est une tentative de triche (mon point de vue n’a pas varié depuis mon premier billet).
Construire sain, ce n’est pas optimiser.
On optimise une construction mal née.
Optimiser, c’est réparer, coller des rustines, tenter d’obtenir ce à quoi on n’a pas droit par la nature même de son contenu.
Mais c’est devenu naturel.
Exemple : faut-il insister sur l’importance de la structure du site ?
“URL courtes” : principe de base, allez disons le mot : dogme.
Placer toutes les pages en root grâce à l’URL-rewriting, c’est optimiser la structure pour faciliter le travail du robot.
Et c’est naturel … puisque le parfait débutant des années ‘90 faisait ainsi : tout au root.
Pour un pro, et le Web est affaire de pros à présent, c’est l’imitation grossière d’une nature maladroite.
Et cela fonctionne ainsi d’usine sur les blogs et les forums, par exemple.
Bref : on adapte la structure à ce qu’on croit connaître des compétences limitées du robot.
C’est aussi, dit-on, pour faciliter la mémorisation de l’adresse par l’internaute mais là je me permets un léger “Haha !” ironique.
Qu’on ne prenne pas ce qui précède pour un début de croisade contre l’URL-rewriting, mon propos tendait seulement à démontrer que l’optimisation dans le but d’aider le moteur est passée au stade industriel et que c’est considéré comme naturel.
A partir de 2007 aussi, les choses se compliquent au niveau des classements.
Avant, il y avait les SERP’s et basta.
Mais il y a d’autres pages à investir : celles du classement des blogs, des images, des actualités …
Bien peu de référenceurs s’y intéressent, même parmi les stars historiques du créneau.
(En passant, c’est pour ça que j’aime bien WRI : on n’y dort pas sur des lauriers fanés).
En même temps, on réalise massivement l’importance du linking interne et certains deviennent fous, allant jusqu’à placer des liens internes en nofollow.
La fête se transforme en tableau de Jérôme Bosch.
Et forcément, on en vient à invoquer le hasard, le destin, la Puissance Supérieure
J’ai tout tenté et rien ne marche, je suis maudit
Et s’il suffisait d’offrir dans un emballage pratique un contenu original, intéressant et cohérent susceptible de faire référence ?
Ah mince, la combine ultime ![]()
Salauds d’intégristes de la simplicité !
GG ne restera pas toujours le seul moteur utilisé par l’internaute, même en France.
Beaucoup de gens sont nés au Web sous GG, mais ils ont pris de la bouteille et un jour, ils oseront changer.
Quand ? Dans un an ? Deux ? Peu importe : ça arrivera.
Serez-vous prêts ?
Et même si GG conservait sa place de leader ?
Serez-vous prêts quand GG et les autres seront capables pour de vrai d’analyser le contenu lui-même pour décider de sa pertinence, sans plus s’arrêter aux vessies présentées comme des lanternes ?
Enfin bref derechef, je ne vais pas m’éterniser sur des truismes : les temps changent et la fête est finie, il s’agit à présent de (re)construire sain et solide (simple, donc), de ne pas se focaliser sur GG comme source unique de trafic, de faire un code propre et d’oublier jusqu’au mot “optimisation”.
Content is king, structure (du site ET du contenu) is queen et tout est dit (pour l’instant).
—
Ce billet est un rebond sur l’article brillamment rédigé et richement commenté Les enjeux du référencement de Laurent Bourrelly sur Adicie.com.
11 juillet 2008 à 14:33
Ref : Et forcément, on en vient à invoquer le hasard, le destin, la Puissance Supérieure
ah bon ? c’est la même chose pour toi tout ces mots ?
Adieu donc ! tu diras en revoir de ma part aux autres.
http://www.webrankinfo.com/forums/viewtopic_96504.htm#924377
11 juillet 2008 à 15:00
Tout a une fin, mais la fin marque toujours l’origine d’un début, donc il y aura sans doute une autre fête mais comment se présentera-t-elle et sera-t-elle aussi festive ?
11 juillet 2008 à 19:11
Non, sinon j’utiliserais un seul mot, j’ai fait l’économie de deux “et/ou” (c’est les soldes)
Pas question ! Ils voudraient acheter ton pseudo aux enchères
11 juillet 2008 à 22:54
Il faut faire attention avec les soldes, on a tendance à endosser des mots trop larges.
11 juillet 2008 à 23:43
Salut Sarah,
Plus on avance et plus le référenceur est indispensable, c’est le bonheur
Par ailleurs, sur “Mais il y a d’autres pages à investir : celles du classement des blogs, des images, des actualités …”
Pour ce qui est du classement des blogs, j’essaye de me maintenir sur Critéo, mais Wikio cela va être chaud
Pour les images, je suis impressionné par le nombre de visites via cette Google Img (9ème sources sur mon blog), mais elle a évidemment un taux de rebond énormissime, d’où un intérêt limité.
Pour les actus, je veux bien tenter de m’inscrire sur Google News, mais je pense qu’il vaut mieux que je reste sur le journal du réf et secret de moteur, c’est plus accessible
12 juillet 2008 à 9:35
Tout dépend de ce qu’on appelle “optimisation”.
Si l’optimisation, c’est de coller des rustines, je suis d’accord avec toi.
Si l’optimisation, c’est de penser son site pour l’utilisateur… alors il faut simplement le faire, encore plus.
Comme on “optimise” un livre de classe et un contenu scolaire pour le niveau d’un enfant de sept ans ou d’un étudiant.
Je ne partage pas non plus la vision d’Adicie sur “la fin de la fête”. La suprématie absolue de Google est un des plus forts taux de pénétration en France, dans d’autres pays comme par exemple l’Espagne, même si il est dominant, il est loin d’être aussi important (30% pour Altavista).
So what ? On avait appris à faire les css pour deux navigateurs, les référenceurs français apprendront à travailler pour plusieurs modèles. Ils comprendront enfin que leur vrai métier est de trouver du traffic, pas de compter les places sur un podium.
Mais parier sur la fin proche de l’hégémonie Google parce que ses soubresauts actuels, qui à mon avis s’expliquent très bien, ne va pas dans le sens des référenceurs, c’est un peu prématuré
12 juillet 2008 à 13:52
En même temps, une prophétie ne se réalise pas sans avoir été annoncée
Quand tous les sites offriront la même pertinence mesurable de contenu , donc quand ils seront optimisés au maximum, comment fera GG pour les départager ? La solution envisagée réside dans l’analyse comportementale de l’internaute : il y aura un classement par utilisateur … et plus rien à comparer
12 juillet 2008 à 14:38
Ah ben si, on pourra commencer à comparer les utilisateurs… et à leur fournir un contenu qui correspond à leur profil… et… non, j’en dis pas plus: je suis dos à la fenêtre.
12 juillet 2008 à 15:20
En fait, je suis d’accord avec toi, mais je pense simplement qu’on n’arrivera jamais au point où “tous les sites offriront la même pertinence mesurable de contenu”
15 juillet 2008 à 18:06
Tout à fait d’accord aussi surtout la partie ou tu dis : “Les trucs et astuces, une fois que ça se généralise, ça ne sert plus à rien, ça nivelle les performances.”. C’est pour celà qu’un référenceur doit sans cesse faire ses propres recherches et experiences et pas seulement se contenter de lire à droite à gauche des astuces.
20 juillet 2008 à 20:25
Une bonne analyse, comme souvent ici.
J’aime la formule Content is king, structure is queen. Il ne faut pas entêter le référencement externe, mais j’approuve largement l’idée.
30 juillet 2008 à 11:57
Cherche pas il est parano Adicie ^^.
Les random penalty et autres théories du chaos, visions prophétiques qui jouent sur la peur (on le sait, ça fait vendre…) et autres imprécations sur le marché que l’on nous rabâche depuis… heu… l’an 0 non? Y’a plus de jeunesse, tout part en vrille ma bonne dame…
Tout ce joyeux boxon reflête pour moi l’apothéose de la psychose du référenceur qui se rend compte que même après avoir passé 10 ans de sa vie à passer la brosse à reluire à 3 milliardaires attardés, tout s’écroule parce que finalement tout le monde a pompé tout le monde et jamais personne n’a sortie la moindre étude empirique digne de ce nom.
Qu’est-ce que je me marre sérieux en ce moment, je ne pouvais rêver mieux moi qui ait un boulot monstre pendant que toute la planète france se coince la bulle et tourne au ralenti, entre les pleurs et les cris de professionnels où tu as l’impression qu’ils viennent à peine de se réveiller (inadmissible pour un “pro”) et les forums ou rebondissent joyeusement et très sérieusement les “tu crois que c’est vrai cette random machin, ça expliquerait beaucoup de choses sur mon site…”
Ah non sérieux, ils sont chtarbés ces référenceurs