Chrome : le défi lancé à IE
Quand j’ai commis le billet Chromeless, c’était surtout pour exprimer mon opinion sur le mot “chrome”.
Depuis, j’ai beaucoup lu, et notamment l’opinion de webmasters routinés.
Olivier Duffez, le Boss de WebRankInfo, a listé 10 bonnes raisons de ne pas utiliser Google Chrome mais je ne me retrouve pas dans ces menus défauts faciles à corriger.
Il est normal qu’un produit en version alpha béta présente des bugs jusque dans sa licence d’utilisation, je ne vais pas m’arrêter à si peu : Google a toujours su rectifier le tir quand le client gronde.
Moi-même, je traîne encore des bogues de conception alors la tolérance, je connais.
Mais c’est amusant de constater que Google produit comme Microsoft (et d’autres), des logiciels-bananes : livrés verts, ils mûrissent chez l’utilisateur ![]()
Et oui, je sais que c’est une blague éculée mais il faut bien penser aux rookies qui sortent frais pondus chaque jour.
Et je tenais à profiter de l’occasion pour signaler que cette pratique n’est pas l’apanage de Microsoft.
Je dois vous signaler ce qui n’est peut-être pas un détail : Chrome est le premier navigateur que je n’ai pas eu envie de tester moi-même.
Je l’ai fait, bien sûr, mais pas sur ma bécane d’exploitation.
Et je sais pourquoi : je n’éprouve aucun besoin d’un navigateur de plus.
Avec IE et FF, je dispose de tout ce qui m’est nécessaire pour auditer, tester et démonter.
Si encore j’utilisais intensivement les services de Google, je pourrais me dire que Chrome est une sorte de machine virtuelle optimisée pour ces services.
Mais j’utilise très peu d’outils GG et je ne compte pas en utiliser plus : d’abord je tiens à mes outils locaux et ensuite le “tout-en-ligne”, je n’en veux pas.
Donc, je peux me passer de Chrome.
Ou plus exactement : les arguments pour l’utiliser ne me suffisent pas.
Et je ne crois pas être la seule.
Il me semble que dans le milieu des webmasters - du moins celui que je connais -, Chrome sera le premier outil de GG à risquer le flop.
Bien sûr, les webmasters et les journalistes, pas plus que les blogueurs, ne sont les arbitres de la mode mais GG, pour atteindre le très grand public, a besoin de relais et de buzz.
Or, j’ai cru lire beaucoup moins de sympathie et d’enthousiasme que pour des produits précédents.
Peut-être parce qu’il s’agit cette fois d’un produit important, pas d’un gadget ni d’un accessoire mais d’un outil omniprésent.
Les innovations apportées par Chrome, principalement l’indépendance de chaque onglet (le seul truc qui m’épate), devraient pouvoir être rapidement copiées par les autres navigateurs.
Bien sûr, c’est trop tard pour IE8, Google a bien joué.
Sauf si Microsoft a anticipé le coup et que la release finale de IE8 nous prépare une surprise de taille.
Avec Chrome, Google s’est avancé sur un terrain où il risque de subir les rigueurs d’une concurrence qui lutte pour rien moins que sa survie.
Chrome est clairement un défi lancé à Microsoft.
Le géant IE, quoique déjà entamé par FF, ne doit cependant pas être considéré comme moribond ni même en vrai danger.
S’il a concédé des parts de marché à l’open, c’était à un Open fort estimé pour son désintéressement et son côté frondeur.
Chrome ne bénéficiera pas de cet effet “anti-MS” cher aux afficionados de l’open-free-sympa.
Il ne s’agit plus de David contre Goliath mais de Goliath contre aussi gros que lui.
Le créneau est stratégique et bénéficie d’une très grande visibilité (sur tous les écrans et tout le temps, haha) : la lutte sera âpre et se déroulera avec l’utilisateur comme arbitre.
Le capital de sympathie de l’un et de l’autre auront certainement un rôle à jouer.
Aimez-vous toujours IE ? Et Google, toujours aussi ?
Ne les trouvez-vous pas trop présents, l’un sur votre PC, l’autre sur le Web ?
Cette double omniprésence est tolérée comme un équilibre inconfortable.
Et voilà que Google veut s’assoir un peu plus sur la chaise du voisin ![]()
A nous de choisir si nous voulons un peu plus de Google pour un peu moins de MS, ou bien si le status quo nous arrange (avec FF qui grignote, qui grignote …).
C’est peut-être le premier échec d’importance que GG aura à subir, moralement parlant : ce serait un échec face à un concurrent, pas le ratage d’une expérience en terrain vierge.
Et si c’est IE qui doit céder, ce ne sera pas grave pour MS, qui en a vu d’autres et dont la puissance globale reste intacte et discrète.
Je resterai chromeless jusqu’à démonstration que Chrome peut remplacer IE ou FF pour mes besoins.
La démonstration devra passer par des témoignages, parce qu’il n’est pas question que j’embarque un troisième navigateur au quotidien.
Deux skippers, ce n’est pas trop pour une galère mais trois, non vraiment, ce serait exagérer
5 septembre 2008 à 8:35
Hello,
Je pense que ton analyse est correcte et je ne crois pas non-plus à un succès de Chrome. Tout au plus, il permettra de faire savoir au grand public qu’un navigateur est un logiciel qui peut se choisir (d’où le contentement de Mozilla).
J’ajouterai juste à celle-ci, quand à l’adoption de Chrome par les webmasters, qu’il y a beaucoup de webmestres, comme moi, qui ont développé leurs extensions pour FF. Changer pour Chrome serait un non-sens, quand bien même il serait légèrement meilleur (ce qui n’est pas le cas, objectivement). J’installe FF à tous mes clients car il fait parti de ma solution CMS.
Et puis comme tu le dis, FF est un vétéran de la guerre des navigateurs. J’ai toujours été étonné de la ferveur des anciens combattants entrain de se souvenir dans le froid de leurs camarades morts au combat pendant des annnées jusqu’à la mort. Dans une moindre mesure, je pense que ceux qui se sont battus pour imposer Firefox ne sont pas prêt de retourner leur veste…
PS:En fait, j’étais inscrit, mais je me souviens plus quand.
5 septembre 2008 à 10:44
Salut,
A mon avis le grand perdant est forcément IE, plus on parlera de navigateurs plus le grand publique comprendra qu’il a le choix. Chrome, je n’y crois pas beaucoup, je pense qu’ indirectement c’est FF qui prendra des parts de marchés.
5 septembre 2008 à 11:10
Comme vous, je pense que Chrome va tirer les marrons du feu pour que FF les mange
Et si ça se trouve, c’est prévu comme ça : il me semble que GG vient de renouveler son partenariat pour trois ans avec Mozilla.
En même temps, il est possible que des internautes se mettent à choisir délibérément IE …
A lui de montrer la belle patte
L’autre nuit, j’ai rêvé que MS sortait un IE Open …
ÇA, ce serait de la réplique !
5 septembre 2008 à 18:02
Dans un premier temps, c’est FF qui va trinquer : curiosité des openistes pour un nouveau produit open.
5 septembre 2008 à 20:37
Les Open ne sont peut être pas si naïfs : http://forum.ubuntu-fr.org/viewtopic.php?id=249030
6 septembre 2008 à 6:23
un_blogger
Tu as raison, c’est des méfiants
Et j’ai un ami très proche qui tutoie le boss de Java alors tu penses bien que je sais de quoi ils sont capables, ces rigolos. Et “naïfs”, certainement pas
Je connais bien le milieu, j’ai même géré un LUG il y a … au début
6 septembre 2008 à 23:07
hello
Pour des SEO, l’aspect HYPER important c’est que la fenetre de recherche et la barre d’adresse soient confondues. C’est FONDAMENTAL.
GG a intégré le fait que les newbies tapent les adresses dans sa fenetres (memes des diplomés).
Le résultat, c’est que GG affiche son 1er résultat de recherche en suggestion, cela accentue l’importance de la 1ere position.
Le résultat c’est que GG va récolter TOUTES les URL tapées …Bonjour les stats de GG Insight sites (quand il sera opérationnel).
Cela change la donne pour le SEO. Il va falloir faire encore mieux pour les positions. Et ce navigateur est bigrement tentant : ergo, rapide, il occupe un minimum de place dans la fenetre (Ok pour les miniPC)….
Moi je teste et j’adopte quand je suis pressé.
David
10 septembre 2008 à 22:56
Bonjour,
techniquement parlant, je ne suis pas sûre qu’il soit “si simple” de reproduire le fonctionnement par onglets de Chrome. Je crois qu’il s’agit de l’architecture de base de la bête, et qu’à moins de tout jeter et de recommencer à zéro, ce qu’il ne semble ni capable ni désireux de faire, IE aura du mal, à moins de rajouter encore et encore des couches…
Ensuite, la distribution de Chrome s’appuiera sur un outil extrêmement puissant, Adwords. Qu’est ce qui empêche Google de développer des parrainages spécifiques, bien rémunérés ? Et toute la communauté méfiante mais apâtée par le gain des webmasters suivra.
Il est aussi possible que cela fasse partie d’une stratégie à trois bandes pour affaiblir IE, quitte à renforcer Firefox.