ExitReality : carton jaune !
Dans la mouvance de la 3D communautaire, Lively et Vivaty développent leurs propres objets ou font appel à des spécialistes.
ExitReality a choisi un autre moyen :pour proposer un stock d’objets et de thèmes qui ne lui coûte rien.
Il s’agit tout simplement d’exploiter le travail des autres !
Sans leur demander leur avis au préalable et sans les payer.
Ma chère, c’est follement Web 2.0, n’est-il pas ?
On peut le dire ![]()
Je connaissais ExitReality, un plugin qui transforme n’importe quel site en 3D explorable.
C’est sympa et amusant dix minutes mais bon, l’internaute n’aime pas perdre de temps.
J’avais oublié.
C’est Jordi R. Cardona de Hiperia3d qui a attiré mon attention sur le problème, dans son article The Worst Of ExitReality (Le pire de ExitReality).
Une petite visite au site concerné m’a confirmé le drame : plus de cent de mes scènes et objets, ou hébergés chez moi, figuraient dans le stock
Ce n’est pas le genre de chose qui fait plaisir.
Mes ouvrages 3D, je les vends, je ne les donne pas ![]()
Non mais sans blague !
Je n’étais pas la seule concernée : la crème de la 3D mondiale était là.
C’est un milieu très petit, celui des worldbuilders, on est un petit 300 (comme le film, hihi) dans le monde et on se connaît tous au moins de réputation.
Bref, la nouvelle a fait boule de neige et ça a commencé à s’indigner et à ruminer.
- Vraiment un mauvais plan pour lancer un service, ça c’est certain.
- C’est si difficile, de demander AVANT ?
- Le deep linking de toute façon c’est une grossiéreté contraire à la Netiquette.
Parce que oui, en plus, les utilisateurs de ExitReality qui choisiraient un fichier à vous pour décorer leur site viendraient chercher ce fichier directement chez vous
Les afficionados du système - il y en a - disent :
“Google ne fait pas autrement, il indexe sans demander”.
Et c’est exact.
Prenons le cas des images.
Google les indexe sans nous demander notre avis.
Mais il y a des différences :
1. En plus d’un lien direct, Google livre un lien qui restitue l’image dans son contexte.
2. Google met en garde, par une notice bien mise en évidence, contre l’utilisation de matériel copyrighté : Google ne vous incite pas à croire que vous pouvez librement utiliser la ressource.
3. Google fournit une documentation précise sur la manière d’éviter l’indexation.
Le point 2 n’est pas anodin : les utilisateurs des scènes et objets 3D listés sur ExitReality pourraient bien se voir attaqués par les auteurs.
On a vu ce genre de situation avec les microstocks, pour des images.
Le “client” de ExitReality aura beau se prévaloir de sa bonne foi, il devra payer.
Google liste aussi les wrl et les wrz.
Mais sans vous proposer de les utiliser librement dans Lively
Il se pourrait que la problématique vienne d’un manque de connaissance des droits d’auteur.
Tout document sur le Web est soumis aux droits d’auteur, sauf dérogation explicite.
Les droits de l’auteur courent jusqu’à 70 ans après son décès.
Après quoi son oeuvre tombe dans le domaine public.
Mais même ainsi il faut encore le citer, l’auteur
Le VRML 2.0 datant de 1997, il y a peu de chance d’en trouver dans le domaine public
La difficulté à situer un auteur n’est pas une excuse : quand tu ne sais pas à qui demander, tu t’abstiens d’utiliser !
Bref, certains se sont plantés de bout en bout.
Mais soit, mon propos ici n’est pas de polémiquer sur le sujet (la polémique c’est notamment sur mon forum, ici : Exit Reality et ici : ExitReality Blaxxun Competitor.
Il s’agit plutôt de donner une solution efficace aux créateurs de mondes affectés de voir leurs univers bradés.
C’est du radical : attention les yeux !
1. Supprimez vos fichiers
Le seul moyen pour mettre vos fichiers à l’abri d’un usage que vous considérez comme abusif est de les supprimer.
Renommer les fichiers ou leurs répertoires ne suffit pas.
Bien entendu, faites précéder cette destruction par une sauvegarde et son contrôle.
2. Placer un robots.txt
Il est facile de se protéger de l’indexation, d’un petit coup de robots.txt
User-Agent: *
Disallow: /*.wrl$
Disallow: /*.wrz$
Disallow: /*.bxx$
Disallow: /*.x3dv$
Disallow: /*.x3d$
Disallow: /*.x3db$
Ce code inscrit dans un fichier robots.txt au root de votre site devrait interdire à n’importe quel robot d’indexer vos wrl et wrz.
Et vos .bxx aussi, qui contiennent de précieux liens
Si vous visez seulement le spider de ExitReality, utilisez ce code :
User-agent: ExitRealitySearchAgent
Disallow: /*.wrl$
User-agent: ExitRealitySearchAgent
Disallow: /*.wrz$
User-agent: ExitRealitySearchAgent
Disallow: /*.bxx$
3. Demander le passage du spider
Quand le robots.txt est en place, il s’agit d’attendre le passage du robot.
Les spiders généralistes passent quand ça leur chante (ici, celui de Google a planté sa tente).
En ce qui concerne le spider de ExitReality, il vaut mieux réclamer explicitement ce passage au moyen du formulaire prévu à cet effet.
Ce spider ne passe en effet pas souvent, j’ai constaté la présence dans son index d’URL obsolètes depuis deux mois.
4. Contrôlez la désindexation
Après quelques jours, vérifiez que vos fichiers ont disparu des pages de ExitReality.
Un détail : pour vérifier, ne vous fiez pas au numéro de page, le classement paraît très mobile (mon BSi a voyagé en page 23, 15 et 7).
Utiliser le moteur de recherche du site et essayez différentes combinaisons.
Ou bien explorez tout, si vous doutez.
N’oubliez pas d’explorer aussi la section des objets et celle des avatars.
5. Réinstallez vos fichiers
Quand vous avez la certitude que vos fichiers 3D ne sont plus indexés, remettez-les online dans des répertoires différents des originaux.
Laissez le robots.txt en place.
Demandez un passage du spider (comme au point 3).
En contrôlant le stock de ExitReality, vous verrez bien si leur spider respecte le REP (Robots Exclusion Protocol).
Si ce n’est pas le cas, mais il n’y a aucune raison d’envisager cette situation, il sera temps de penser à une requête DMCA (Digital Millenium Copyright Act).
Par expérience, je peux vous dire que la réclamation DMCA doit être soumise avec soin et précision, sans improvisation.
Au besoin, je donnerai l’exacte procédure gagnante dans un prochain billet.
Mais rien ne dit qu’il faudra en arriver à ce carton rouge.
26 septembre 2008 à 10:12
On peut aussi leur écrire avec copie à leur hébergeur, comme ceci.
10 octobre 2008 à 9:30
Après … un certain temps, ER propose une solution partielle qui empêche l’utilisation d’une ressource hors d’un contexte choisi par l’auteur.
On dira que c’est un bon début et que ER tient compte des observations et récriminations des auteurs.
http://snipurl.com/48gih
10 octobre 2008 à 9:50
J’en profite pour signaler mes suggestions constructives :