Les blogueurs seraient des journalistes en mou ?
Dans le journalisme, l’heure est aux interrogations : comment continuer ?
L’horloge est arrêtée depuis trente ans mais c’est une autre question
Continuer à vivre de ce métier.
Continuer à faire vivre ce métier.
De nombreux claviers ont succombé dans la recherche des réponses comme dans les expériences à tendances salvatrices.
Faut-il commencer par l’information et son traitement ou bien par l’homme en charge de la traiter ?
Ou alors saisir le problème par la fin de la chaîne : le consommateur ?
Rien n’est plus tendancieux et trompeur que les analogies mais en même temps quand l’analogie est rigolote je n’hésite pas un instant, surtout si le sujet est anodin.
Il y a le journaliste en dur : fiable malgré d’inévitables erreurs vite reconnues (bon gré mal gré, peu importe : on rectifie).
Et il y a le journaliste en mou : ne pas tenir compte de la référence même si le propos est sympa.
Pour le lecteur, c’est donc tout simple
Vous aurez beau vous triturer les méninges, un journaliste c’est ça :
- (pré-web) personne qui informe le public par les journaux, la télévision ou la radio;
- (depuis le Web) personne qui traite de l’information dans un système médiatique.
Le reste (les discussions sur la carte de presse, la définition administrative, le corporatisme …) c’est de la masturbation intellectuelle.
Mais de celui qui se prétend “journaliste”, on attend une certaine rigueur.
Qui ça “on” ?
Le lecteur mais pas seulement lui : le juge aussi.
Celui qui porte la casquette du journaliste est tenu - dans l’inconscient populaire comme dans la jurisprudence informelle - à conduire une enquête complète et empreinte d’un effort d’objectivité avant d’ôter le capuchon de son porte-plume.
Les blogueurs sont tous des journalistes conduirait à pouvoir appliquer à tous ceux qui expriment leur opinion la sévérité réservée aux professionnels.
Or, la grande majorité des blogueurs sont seulement avides de participer au débat démocratique.
Et faute de formation et/ou d’expérience, ils tombent dans tous les travers de la mauvaise information : relais de rumeurs, contre-vérités, plus la damnée légion “dénigrement-diffamation-insultes-atteinte à l’image-irrespect de la vie privée” (et pire).
Travers dont n’est pas exempt le journalisme en dur, certes.
Mais l’information recrée l’information et l’info du journalisme en mou finit par orienter la réalité, par la modifier.
Les propagandistes de tous les bords l’ont bien compris qui ont investi les blogs et les autres médias faciles et peu coûteux à mettre en oeuvre.
Mais comme commentateurs
Dans l’univers des médias, toutes les opinions ne se valent pas.
L’opinion qui prévaut est celle qui est la plus répandue.
Le journaliste en mou qui atteint un certain seuil de notoriété ne peut plus prétendre à l’innocence, il est permis de considérer qu’il sait ce qu’il fait et pourquoi il le fait et, en conséquence, on peut lui appliquer les rigueurs réservées aux durs.
Il ne bénéficie plus du bouclier de l’incompétence, du manque de formation et de la bonne foi des irresponsables.
Pour les mous qui tiennent à conserver les avantages de la mollesse, il y a donc un risque à bien se référencer.
25 novembre 2008 à 20:12
Le commentateur est un propagandiste qui ne prend pas de risques ! Cela me fait sourire mais c’est vrai d’autant plus que la propagande ainsi faite peut être insidieuse.
28 novembre 2008 à 15:42
Cela ne vaut guère, mais enfin :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Acta_Diurna sur le journalisme
Où l’on trouve une traduction ( que je n’ai pas vérifiée ) du truculent Pétrone
.
18 décembre 2008 à 15:59
Quand on voit les infos des blogs sur la première page du Monde.fr la limite entre le dur et le mou devient floue. De plus dans un environnement où les gouvernants essayent de s’approprier tous les leviers de l’information, la blogosphère est encore le meilleur espace démocratique !