Retour vers le futile
Bientôt Noël et tout va bien, amis blogueurs, dormez tranquilles.
Déstressez : le PR nouveau est arrivé, le dollar et le pétrole diminuent, Microsoft va peut-être s’engager avec Yahoo!, l’industrie du disque se porte bien …
Ah non, erreur : les ventes de CD ont diminué de 50 % depuis l’an 2000.
C’est fou comme les temps changent.
Auparavant, les groupes donnaient des concerts presque gratuits pour promouvoir la vente de leurs disques.
Aujourd’hui, ils donnent leur musique sur le Web pour promouvoir leurs concerts et c’est de leurs concerts qu’ils vivent.
Comment tu veux qu’un groupe inconnu perce encore ?
CDA : En faisant tout gratuit : zik et concerts. Faut pas croire, les mastodontes d’aujourd’hui ont ramé leur part. J’ai vu des groupes devenus immenses jouer dans des salles de soixante personnes.
Peut-être mais s’ils plaisaient ils étaient tranquilles, aujourd’hui les agents artistiques se font rares pour “découvrir” des talents, à croire que le moule est cassé.
CDA : Il y a trop de talents. C’est devenu très populaire, le talent. Presque tout le monde en a.
Ok. J’admets. Mais on s’égarait, là, revenons au pouls des blogs.
Le 24 novembre, Narvic se demandait Tout cela a-t-il encore un sens ? et le samedi 29 c’était au tour de Jean-Marie Le Ray de s’interroger sur La question du sens.
A JM j’aurais pu répondre que pour lui il s’agit d’un sens giratoire puisque son billet précédent s’intitulait “Je tourne en rond …” ![]()
Le tout, c’est que le giratoire ne vire pas au centrifuge …
Voilà deux blogueurs estimables en proie à la pire des questions, celle qui peut stériliser l’activité créatrice.
Ma réponse : “On s’en fiche du sens, l’essentiel est de continuer”.
C’est vrai quoi, le Monty Python et Shakespeare ont épuisé le sujet.
Ce type de questionnement est révélateur d’un spleen qui devient endémique dans la blogobulle et dont il est trop facile d’accuser la crise ou l’arrivée de l’hiver.
La blogosphère pourrait-elle imploser ?
Se dégonfler, faire flop, connaître une désaffectation des blogueurs ou des commentateurs ?
Oui
J’évoquais la crise il y a un instant …
On en parle finalement fort peu dans les blogs.
C’est normal : on n’y comprend rien
Plus précisément : je n’y comprends rien.
Mon cursus est plus que lacunaire en Economie-sociologie-etc
Depuis Marx et Marcuse croisés par hasard, j’ai laissé tomber.
Marcuse, c’est le mec qui a écrit
Une des réalisations de la civilisation industrielle avancée est la régression non-terroriste et démocratique de la liberté - la non-liberté efficace, lisse, raisonnable qui semble plonger ses racines dans le progrès technique même.
Trop compliqué pour moi, tout ça.
Mais j’observe.
Si j’ai bien tout compris, certains se sont goinfrés plus que de raison au temps des vaches grasses, crachant sur l’Etat et oeuvrant pour que diminue son influence, et aujourd’hui ils viennent mendier auprès du même Etat.
La note : cinq mille milliards (de je ne sais plus quoi : dollars ou euros ? mais de toute façon ça fait cher, il y a intérêt à éplucher le ticket de caisse).
L’épargnant échaudé se focalise désormais plus sur la sécurité que sur la rentabilité, on se replie sur les valeurs garanties par l’Etat - dont la signature semble plus fiable que celle des banquiers, allez savoir pourquoi.
Mon épicier spécialisé dans le négoce de l’argent me propose 4,5 %, plus 1 % si je bloque des sous pour un an.
C’est bien, 5.5 %, ça laissera quelque chose même après le passage des impôts et de l’inflation prévue à moins de 3 % en zone Euro pour 2009.
En même temps, la croissance dans la même zone pour la même année 2009 sera riquiquite voire nulle ou pire.
Il va les tirer d’où, les intérêts qu’il va me donner, l’épicier ?
S’il n’y a pas de croissance ?
Je pige pas.
CDA : Rien à voir, la croissance et l’intérêt de l’épargne.
Ce serait comme lier le trafic au PR.
Bon bin d’accord, on verra bien.
Mais je ne comprends pas non plus cette histoire de “croissance zéro ou négative”.
C’est impossible, une croissance négative.
La population mondiale augmente, oui ?
Les besoins augmentent donc de manière naturelle, oui ?
Le marché s’accroît, la production devrait suivre.
C’est où, le blocage ?
CDA (soupir) : C’est plus compliqué que ça (re-soupir).
En fait, je m’en fiche des intérêts, je n’ai ni envie ni besoin de m’enrichir.
Sans inflation, pas besoin d’intérêts puisque mon pouvoir d’achat resterait constant.
Et dans une société où on pourrait avoir confiance dans l’avenir de la sécurité sociale, il n’y aurait même pas besoin d’épargner pour ses vieux jours ou pour d’éventuelles périodes difficiles.
C’est la peur qui pousse à la thésaurisation, bien plus que l’avidité.
Chez les petites gens comme moi, je veux dire.
Les gros, c’est l’avidité de pouvoir qui les pousse à épargner l’argent des autres en les maintenant dans une trouille constante du lendemain.
Ah les cons !
La confiance à rétablir, c’est celle que les gens mettent dans l’avenir, pas celle qu’ils avaient dans les banques !
Enfin je parle juste pour moi, vous je sais pas.
Mon banquier, je lui fais confiance, c’est un gentil.
Mais il ne peut rien me vendre d’autre que les produits pour lesquels il est franchisé.
Et il y en a des pas frais dans le lot, pas sûrement mais peut-être.
Ça s’est vu.
Il n’y a pas de traçabilité sur les produits financiers.
Tout le monde peut se faire avoir, le banquier de proximité comme le client.
Alors je prends des valeurs garanties par l’Etat.
Comme ça, si ça foire, c’est vous qui me rembourserez, n’est-ce pas ?
Entre épargnants, on s’entre’remboursera tous par taxes directes et indirectes via l’Etat et les seuls à souffrir vraiment seront ceux qui n’ont pas d’épargne du tout !
Bin quoi, “pas moral” ? Vous faites comment, vous ?
Et je vous prie de considérer ce qui précède autrement qu’au premier degré, sinon on n’en sortira pas.
Bon, bin c’est comme je disais plus haut : on verra bien.
En attendant, je m’instruis et notamment avec metalogie dans son article Devenir obamiste, le genre de papier que je peux comprendre.
Et peut-être que je vais m’offrir un master en Economie, histoire d’arriver à Bac+19
J’ai trouvé un pack sympa à ma portée et dans mes prix et full Bologne compliant : sciences politiques, économiques et sociales.
Avec ça, je pourrai la ramener sans passer pour une gourde non initiée.
La patente, c’est le minimum pour dire des couenneries.
C’est ça ou un stage de céramique, je me tâte …
En trois ans, tu ne vas nulle part question maîtrise de la céramique.
Et on peut te juger sur tes réalisations, sur du concret.
Ennuyeux, ça …
Faut démontrer ses compétences … mince alors.
Tandis qu’en Economie-etc, tu peux faire illusion un temps certain, j’en profite pour citer Angela Merkel au Congrès de la CDU, c’était lundi à Stuttgart :
Pourquoi le monde est-il dans l’état où il est ? Parce que nous avons écouté des experts sans aucune compétence. Nous ne le savions pas forcément à l’époque, mais maintenant nous le savons.
La cause est donc entendue
—
Au passage, je salue la chancelière pour son courage : ce n’est pas souvent qu’un politique reconnaît avoir été abusé par des faiseurs de vent.
2 décembre 2008 à 12:34
Le problème, c’est le capitalisme. Accumuler les richesses n’a jamais servi à rien, alors pourquoi rémunérer cela ?
Pour moi, la valeur essentielle, c’est le travail. Sans travail, le monde s’écroulerait. Car quand bien même nous aurions des machines pour le faire, il faudrait les programmer, les dépanner et les améliorer au risque de stagner ou régresser.
Et puis, la politique nataliste est anti-environnementale. Pourquoi inciter les gens à se reproduire quand on sait que chaque homme supplémentaire sera une nouvelle bouche à nourrir ? Pire, un homme occidental supplémentaire c’est une voiture supplémentaire, des innombrables déchets supplémentaires etc… etc…
Tout cela est dû à la vision basée sur le court terme de nos politiques. Cette vision est imposée par la nécessité du profit immédiat. En vérité, la croissance des populations permet au capital d’augmenter le nombre de personnes asservies à son financement.
Pour moi, la seule vraie réponse est le capitalisme plafonné.
2 décembre 2008 à 12:41
« A JM j’aurais pu répondre que pour lui il s’agit d’un sens giratoire puisque son billet précédent s’intitulait “Je tourne en rond …”
Le tout, c’est que le giratoire ne vire pas au centrifuge …
Voilà deux blogueurs estimables en proie à la pire des questions, celle qui peut stériliser l’activité créatrice.
Ma réponse : “On s’en fiche du sens, l’essentiel est de continuer”. »
J’aime bien ce passage.
Ça m’a rappelé le sketch de Devos : http://michbuze.club.fr/lavache/devos_le_plaisir_des_sens.htm
Jean-Marie
2 décembre 2008 à 16:02
@ nico :
“Pour moi, la valeur essentielle, c’est le travail. Sans travail, le monde s’écroulerait.”
Faut ptète pas exagérer quand même hein
. Il doit manquer des mots pour que je comprennne…
2 décembre 2008 à 17:57
@ nico
Ça dépend des points de vue et heureusement qu’il y en a plusieurs sinon ce serait ennuyeux
Pour moi, un homme supplémentaire, ce n’est pas “une bouche de plus à nourrir sur le compte de la communauté”.
C’est une force de travail et une force de consommation.
S’il vient d’ailleurs, c’est un apport culturel.
Bien sûr, dans une société sclérosée, décadente, en perte de rayonnement et presque stérile (comme chez-nous, oui) tout nouvel arrivant sera considéré comme un intrus.
Bébé ou immigrant, même combat.
Quand on en est à justifier le rejet des nouveaux par “On a juste assez pour nous”, c’est qu’on est fini-terminé
Nos enfants vivront mieux que nous, plus longtemps, ils seront plus intelligents et plus heureux.
A condition que nous ne nous laissions pas corrompre par le marasme et par la peur.
Ceux qui nous intoxiquent en nous donnant de “bonnes” raisons pour nous diviser sont des peureux, en fait.
Et ils nous communiquent leur lâcheté.
Mais les faits sont là :
- la planète pourrait actuellement nourrir douze milliards d’habitants;
- la population mondiale se stabilisera de manière naturelle vers 2050.
On peut donc le faire !
Pas avoir peur des nouveaux, ni des bébés ni des immigrants : on en a besoin, c’est notre richesse de demain.
En fait, il faut cesser d’avoir peur tout court.
J’aurais bien dit un mot aussi sur le “travail” … mais c’est tea-time
2 décembre 2008 à 17:59
@ jmleray
J’aime bien Devos aussi … et Bedos et tous ceux qui pensent profond avec humour et tendresse.
Heureuse que ce passage vous ait plu
3 décembre 2008 à 12:59
Franchement, dans cette crise on ne parle plus de valeurs humaines.
Mon objectif, mon but, ma vie ne consiste pas a gagner plus, travailler plus, consommer plus…
Les politiques ne parlent plus jamais de valeurs simple, quand on voit le ministre de la famille nous parler de travailler le dimanche, je me dit qu’on ne vit pas sur la même planète!!
3 décembre 2008 à 14:26
There is NO “crise” ! C’est ça le truc
, de la même manière que “there is no spoon”.
4 décembre 2008 à 17:04
pour ceux qui l’auraient loupée, une vidéo intéressante sur le fonctionnement des banques http://www.dailymotion.com/video/x75e0k_largent-dette-de-paul-grignon-fr-in_news
et la polémique qui va avec
http://www.rue89.com/mon-oeil/2008/10/13/largent-dette-video-star-du-net-a-une-sale-petite-odeur
15 décembre 2008 à 19:26
C’est vraiment très fâcheux ! Ou va t-on mettre toute notre fortune gagnée avec Adsense ?
16 décembre 2008 à 13:20
Suggestion totalement désintéressée : investir dans une île.