Hadopi : debriefing à mi-parcours
Belle journée que celle de hier : soleil et sourires, je n’ai vu que ça.
Et pourtant, le temps est moche comme une ministre trahie par la Machine (une bonne nuit de sommeil et il n’y paraît plus).
J’observe que le pipeline de la mécanique démocratique n’est pas prévu pour les rejets.
Ainsi, le rejet inattendu du projet Hadopi aurait entraîné un bug comme le signale 20minutes.fr.
Le titre de la page Internet de ce «texte adopté n°266» traduit l’incompréhension des ordinateurs et/ou du personnel du Parlement: «Projet de loi et qui a fait l’objet d’un vote de rejet, par l’Assemblée nationale, au cours de sa première séance du 15/07/1981». Oui, vous avez bien lu: du 15/07/1981. Ce n’est plus la loi «Création et Internet», mais «Création et Minitel».
Ce n’est pas que je m’inquiète : quoique loin d’être une hyperultragigapro de l’informatique et de sa banlieue, je connais son côté aléatoirement farceur.
Mais je m’étonne que ce gouvernement ne soit pas capable d’embaucher le personnel compétent capable de prévoir ce genre de dysfonctionnement.
Ce n’est pas sérieux.
J’observe que l’opposition a utilisé une méthode qui me plaît bien : utiliser les règles en vigueur.
C’est une vraie surprise
1. Ils connaissent les règles.
2. Ils s’en servent !
3. Ça marche !
Mince, où on va ?
En même temps, cela m’inquiète de voir l’opposition faire preuve d’intelligence taquine et de créativité.
Au pouvoir, ces gens auraient un potentiel autrement dangereux que l’équipe en place dont les vélléités s’auto-détruisent
J’observe qu’un responsable “assume” la faute - car c’en est une - de l’absentéisme des députés de la majorité.
Quand tu es chef de meute, tu veilles à ce que tes louveteaux ne s’éparpillent pas au moment où il faut creuser les feuillées, tous les cadres scouts savent ça.
Mon admiration est un peu tempérée du fait que cette assumation n’est pas susceptible d’entraîner la moindre sanction
Il n’y aura pas de hara-kiri, juste l’accrochage de nouvelles casseroles qui font rire.
Rien de grave.
Et de toute façon, une équipe ça se remplace quand les ancres flottantes ralentissent trop le radeau.
J’observe qu’il semble toujours naturel pour tout le monde que la Culture soit en charge de concocter des mesures répressives.
J’observe qu’il n’est toujours pas expliqué en quoi le projet Hadopi aidera les créatifs, les auteurs, les acteurs, les créateurs de contenu.
J’observe que les anti-Hadopistes, sauf quelques rares exceptions, se contentent de jubiler, et parfois avec méchanceté, devant cet échec qui n’est que provisoire.
Plus largement, j’observe que ce gouvernement a réussi à se mettre à dos la plupart des forces vives du pays, depuis les enseignants jusqu’aux entrepreneurs.
Quoique loin d’être une hyperultragigapro de la politique, je trouve qu’il serait temps d’ouvrir les fenêtres et de vider la pièce de ses miasmes les plus dérangeants, ceux qui agacent les narines.
Sans être une ultragigapro des RH, je suppose que les candidats ne manquent pas qui sont à la fois ministrables, dévoués, fidèles et compétents.
Mais je peux me tromper
10 avril 2009 à 14:17
Une vraie usine a gaz !
“le pipeline de la mécanique démocratique n’est pas prévu pour les rejets”…
“On dirait le suuud”
11 avril 2009 à 13:21
Ils confondent les artistes et le show-biz, en plus.
15 avril 2009 à 14:12
Ta décomposition en 3 points de la méthode “utiliser les règles en vigueur” m’a furieusement rappelé le commentaire d’un ami sur le même sujet :
“Mince, les failles du système marchent.”