Variations communautaires

Variation blog de garçon : dans un catalogue, j’ai repéré un ensemble “chaussettes et cravate au motif assorti”.

Serait-ce le retour aux vraies valeurs ? “Haha !” si je puis me permettre :)

Ne craignez rien : j’ai égaré l’URL.

Il y a un peu moins de deux ans, j’avais titré sur les clochards du Web, on m’avait jugée condescendante et encore n’avais-je envisagé que les seuls webmasters, pas les internautes.

Le temps a passé, l’ingénierie sociale s’est massifiée, ça gazouille tant et plus et le moment est venu de fermer le ban.
Les vedettes récupèrent ça très bien, l’air du temps.

Voilà que les cyberpunks me snobbent par surenchère, Dominique Nora sur West side stories en a même trouvé un gros qui fait rien qu’à critiquer les plateformes dans le vent.

Aujourd’hui, par la grâce de quelques applications vampires, chaque internaute a le sentiment qu’il participe à quelque chose, qu’il dispose d’un pouvoir d’influence, il n’est pas loin de croire qu’il se distingue et même, disons le mot, qu’il existe.

Voilà un progrès indéniable : avant le Web participatif, l’existence se mesurait communément par la quantité des avoirs autant que par la qualité du savoir-faire et par la réputation.

Les avoirs matériels perdent du terrain parce qu’ils ne sont plus directement perceptibles.

Par contre, la réputation est bien plus facilement falsifiable qu’en analogique … il suffit d’avoir de l’argent.

Et donc les avoirs matériels conservent toute leur importance :)

Bref : au second degré, Bruce Sterling a raison quand il dit que “la connectivité est devenue un indicateur de pauvreté intellectuelle”.

Il s’agit d’être clair : le Web est une merveille, il porte d’immenses espoirs pour la démocratisation de l’enseignement et de la culture.

Et il permet de créer des réseaux en tous points aussi fructueux que ceux que l’on tisse au hasard de la vie analogique.

Les communautés d’entr’aide et de partage des connaissances sont le point focal de ces réseaux, leur creuset.

C’est là que chacun, dans sa spécialité, peut démontrer son savoir-faire ou acquérir ce qui lui manque.

Le Web est un bel endroit pour servir.

Et il n’est même pas à déplorer que certains exploitent les instincts positifs du plus grand nombre.

Parceque ce n’est que le début et qu’on voit bien que les parasites se décrochent d’eux-mêmes de la toile.
Fortune faite ou pas, on s’en fiche.

Et de toute façon, ce n’est plus là que l’avenir se profile mais par exemple ici avec Sixth Sense (variation blog de garçon encore).

Les outils d’abord, le reste suivra tout naturellement …

Des choses se passent aussi chez Ted et si Mysore est trop loin, il y aura pareil à Oxford en juillet 2010.

C’est en live, avec de vraies personnes en viande avec qui communiquer sans prothèse technologique pour traiter les vraies questions.

Allez hop, joyeuse Fête du muguet !

12 réponses à “Variations communautaires”

  1. Arsène dit :

    Déjà qu’ils savaient sur quels sites nous allions, ils vont aussi pouvoir savoir dans quels magasins, notre marque de papier toilette et les gens qu’on fréquente.

    Avec un peu de chance ils pourront aussi nous mettre de la pub personnalisée sur chaque produit de chaque rayon du super-marché.

    Décidément, le progrès n’est que technique et rien du coté mentalité ; nous sommes des cro-magnons qui savent faire des outils taillés dans le silicium ; mais, des cro-magnons nous restons, chic ! :)

  2. minnie-mum dit :

    Dans dix ans, ils proposeront un “sixième sens” comme implant.
    Option prénatale même.
    Mais c’est très bien pour tous ceux qui n’en ont pas un naturel, pas vrai les berSZerkers ? :)

  3. Renan dit :

    Mais restons sérieux.
    Si on est ce que l’on fait, beaucoup de ces “existences gazouillées” ressemblent à des pets de lapin.
    D’où trou dans la couche d’ozone, glapissements de Goral, destruction du monde et fonte des glaces.
    Comment pouvez-vous perdre votre temps avec ces niaiseries ? C’est presque aussi lamentable que l’avenir du journalisme.

  4. chiendent dit :

    Je ne sais pas si c’est le futur mais c’est toujours effrayant pour moi. En 1970, à une conférence, mon boss de l’époque avait parlé du futur informatique et décrit ce que nous vivons aujourd’hui et même ce futur là avec autres variations possibles. J’avoue que à l’époque je n’y avais pas trop cru. Je ne sais pas si ce sera exactement le futur de TED mais il y aura encore des innovations spectaculaires si la planète et notre psyché le supporte. Je ne suis pas trop sûre du tout technologique qui nous transforme en robots, c’est le contraire de l’évolution du Je. Maintenant si tout ça est bon pour l’écologie et le développement de l’homme vers plus de créativité et son évolution : Bravo, mais je crois qu’il faudrait accompagner les développements technologiques par plus de développement de la conscience de la nature et de notre propre sixième sens, ce qui ne semble pas être évident pour l’instant. Mais tout ça n’est peut-être en fait que du gadget et des niaiseries comme le dit Renan. :)
    Mais il ne faut pas que “cro-magnons nous restons” (car tu as raison Arsène, malgré tout les progrès technologiques nous n’avons guère évolué en profondeur). Nous allons peut-être être forcés d’évoluer pour ne pas régresser. çà c’est le point de vue optimiste. :)

  5. SZarah dit :

    Que veux-tu entendre, Renan ?
    Ici, en principe, il est question de SEO.
    Il me semble avoir assez expliqué, avec la délicatesse nécessaire pour ne choquer personne, que dans le contexte d’un Web devenu trop important pour être géré, la parole est à l’argent et aux flibustiers.
    Ce sujet étant ainsi clos jusqu’à une improbable révolution et le [Pouvoir moins les miettes] étant revenu entre les mains des gros investisseurs et des optimiseurs ex-tricheurs, je n’ai plus rien à dire qui ne serait anecdotique.
    Que les rats aient fait un peu de place aux verbeux pompeux dans cette poubelle, c’est le vernis final.
    Emballez, c’est pesé !

    Moi aussi je m’ennuie sur ce Web de l’info minable et de l’audience truquée (et vice versa), qu’est-ce que tu crois ?
    Il reste à rire, à danser, à jouer et à chanter.
    Et à bosser pour mériter sa vie si on a des scrupules (c’est pas forcé).
    Et on n’a pas besoin du Web pour ça :)

    Et si je vous narrais des petits contes distrayants, ça t’irait ?

  6. SZarah dit :

    @ Chiendent

    Ce qui est merveilleux, c’est que nous vivons et vivrons encore, au quotidien, la magie des contes de fées : Merlin brandissant le DVD de la Wikipedia en tonnant “Ce disque contient tout le savoirrRRRR du monde !” :)
    Ali Baba et son ouvre-porte à commande vocale …
    Les bijoux magiques aux fonctions cachées dans des chaînes de molécules organisées …
    Epatant !

    Mais question créativité, j’ai des doutes.
    Pour l’instant, il y a surtout :
    1. Transfert pour stockage de l’existant analogique vers le numérique.
    2. Multiplication des contenus par copie et variations : on pompe, on plagie, on remixe mais on crée fort peu.

    Lors d’une énorme foire aux instruments de musique l’an dernier (à Hanovre), 50 % de la demande concernait le matériel de remixage …

    Les éditeurs optimisent ce qu’ils ont en tiroir mais il y a peu de nouveaux talents et pire, peu de nouveaux discours, pas de nouveaux ressorts. (En fait, trop de gens ont un talent médiocre mais ils peuvent l’imposer).

    Pareil en imagerie et en politique : on fait du surplace.
    L’écologie, c’est du vieux qui émerge pour des raisons d’opportunité commerciale. Qui attendait la bonne conjonction de circonstances.

    On bégaie nos balbutiements d’expression, on radote, on freine des quatre fers.

    Seuls les artistes échappent à cette peste (et il y a des artistes en bien des matières) mais ils ont leur propre malédiction, celle de venir trop tôt, toujours, comme des prophètes muets et invisibles.

    L’innovation, c’est Einstein qui a dit quelque chose de ce genre, vient toujours d’individus libres et indépendants.

    Et comme toute organisation tend à réduire la liberté de chacun et que la mode est à l’organisation … je crains pour le vrai progrès pourtant nécessaire, celui des mentalités. Donc nous sommes bien d’accord :)

  7. minnie-mum dit :

    Et que fais-tu, jeune Sofia, du conseil “Croissez et multipliez” et de la forte croyance de Google que la qualité finit par naître de la quantité ? Laissons-les remixer, triturer, modifier, se mélanger, il en sortira la plus efficace des variations, la plus belle, la plus tout. Non ?

  8. Taranis dit :

    La plus tout ? Tu veux dire la plus rien du tout ? :)

  9. SZarah dit :

    En théorie, minnie-mum a raison : du mélange des diversités devraient émerger de nouvelles matières nobles et pures.
    Mais il y a le droit d’auteur …
    Et selon GG, ce droit va au plus gros en cas de duplicate …

    (Pour éviter les inutiles discussions sur le droit d’auteur : ceux qui veulent son abolition sont ceux qui ne produisent rien).

  10. Taranis dit :

    Szarah a dit : “du mélange des diversités devraient émerger de nouvelles matières nobles et pures.”

    Moi je dit: de ma commode Louis XV et de mon armoire Louis XIV ont émergé quelques éléments de cuisine en formica (ou en médium, c’est un matériau trendy ça, pour les nezdbeux :) ).

    Heureusement , il y a un “mais” ;)

    C’était ma variation communautaire à moi :) .

  11. Taranis dit :

    Mais suis-je bête ! Mon commentaire précédent me permettait par deux fois d’utiliser le balisage sémantique (fort apprécié des SEO) de la citation ! Me voilà nezdbeu à mon tour :)

  12. Renan dit :

    Les “variations communautaires” peuvent-elles nécessiter, à un stade ou l’autre, la réorganisation du contexte ? Il me semble que oui. Dans le premier stade transitoire où se trouve le Web, il est normal que ça s’agrège. Ensuite viendra la sélection naturelle et enfin on verra se fermer la boucle.
    Tout cela me paraît inutilement lent comme processus.

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