Aérez vos fantômes
Au hasard malencontreux d’un lien cliqué sur un blog dont le pronostic vital sent le sapin, j’ai glissé dans le vômi d’un blogueur.
Il déblatérait (”parlait avec virulence”) contre (on peut dire “sur”, c’est bon aussi) les autres blogueurs, le monsieur.
Pas sur tous les blogueurs, attention, faut donner à penser qu’il y en a d’honorables, des qu’on peut lire sans honte.
Ouf !
En un article bien écrit, c’était le rappel des maux communs : l’illusion du communautaire, l’auto-thérapie de la vacuité des êtres, le mirage de la communication, le miroir aux egos, l’empathie à bon compte, la mare aux vanités, l’étalage de l’inculture, l’exhibitionnisme de laids nombrils, …
Rien de bien neuf comme acide mais bien concentré, bien mordant, avec les mots sauvages qui ne prennent pas de gants.
J’ai immédiatement pensé aux petits bourgeois incurables de Renaud, ceux qui parlent pas, qu’écrivent pas, qui bavent.
Avec le Web et les blogs, ils peuvent baver en écrivant
C’est bien vu de la part de ce blogueur - mais il y a belle lurette que j’ai écrit tout cela (après des rôdeurs plus anciens que moi) et moi, je n’ai pas oublié la Loi :
Vivre et laisser vivre.
C’est le minimum, même pour les plus désabusés.
Et puis c’est laid, de cracher par terre.
On peut être misanthrope avec élégance.
Bref : j’ai scotomisé ce lien.
Quoi d’autre ce matin ? Rien : juin, c’est le mois des navets.
Excellente occasion pour ouvrir l’armoire aux bons souvenirs.
De la saga cinématographique du “Fantôme de l’opéra”, l’opus que je préfère reste le Phantom of the Paradise de Brian de Palma, c’était en 1974 - quelle belle année fut celle-là pour la créativité, soit dit en passant.
La collection de ces oeuvres pré-post-gothiques fait partie de l’inconscient culturel collectif de ma génération et de celles qui lui sont adjacentes.
C’est un ensemble ténébreux qui colle parfaitement au ressenti de certaines périodes de la vie qui voient s’entremêler amour, force et peur.
Bon, tout le monde ne vit pas ça de cette façon, la passion et la violence.
Et bien sûr, l’opéra cela se chante.
De préférence en duo.
Sinon, ce n’est pas vraiment la peine.
Il faut une Christine et un fantôme.
Et comme c’est de l’opéra, et même de l’Opéra, la grandiloquence est exigée, et la puissance.
Le duo idéal (de mon point de vue) a été réuni en 2005 au Hartwall Arena d’Helsinki lors du concert de Nightwish.
Tarja Turunen en Christine et Marco Hietala en Phantom, et voilà du metal parfait pour un Phantom of the opera qui fut heureusement filmé … et youtubé.
Comme c’était la dernière prestation de Tarja avec Nightwish, c’est de l’Histoire et, encore une fois, il fallait être là.
On ne dira jamais assez qu’il faut aller à tout ce qui se passe live et qui est à chaque fois unique.
Concerts, théâtre, opéra … sortez du Web.
Et sortez un peu de France, aussi.
La vérité est ailleurs.
—
Encore un bout de cette “End of an era” de Nightwish ?
Hop ! Voilà : Planet Hell.
—
[CHRISTINE]
In sleep he sang to me / In dreams he came
That voice which calls to me / And speaks my name
And do I dream again / For now I find
The Phantom of the opera is here / Inside my mind
[PHANTOM]
Sing once again with me
Our strange duet
My power over you / Grows stronger yet
And though you turn from me / To glance behind
The Phantom of the opera is there / Inside your mind
[CHRISTINE]
Those who have seen your face draw back in fear / I am the mask you wear
[PHANTOM]
It’s me they hear
[ENSEMBLE]
Your spirit and my voice
In one combined
The phantom of the opera is there
[PHANTOM]
Inside your mind
[CHRISTINE]
Inside my mind
[CHRISTINE]
Opera / Beware / Phantom of the opera
[PHANTOM]
In all your fantasies
You always knew / that man and mystery
[CHRISTINE]
Were both in you
[ENSEMBLE]
And in this labyrinth / Where night is blind
The phantom of the opera is there
[PHANTOM]
Inside your mind
[CHRISTINE]
Inside my mind
[PHANTOM]
Sing my angel of music
3 juin 2009 à 12:29
[szarah]
l’opus que je préfère reste le Phantom of the Paradise de Brian de Palma
Et la BO du film est super aussi,
on peut l’écouter sur jiwa http://www.jiwa.fr/#search/track/%7B%22q%22%3A%22Phantom%20of%20the%20Paradise%22%7D
3 juin 2009 à 19:19
Jiwa ! Merci Leonick.
> SZarah
Pour “aérer ses fantômes”, on peut les mettre à pendre dehors sur le fil, avec le linge.
4 juin 2009 à 12:19
Ton fantôme, aéré ou pas, ne reviendra pas de cette époque révolue, juste ? Pour moi aussi Nightwish est mort ce soir-là.
Comme extrait de pur bonheur, j’aurais mis Ever dream.