Voiliers sauvages et bateau ivre
J’ai des oreilles et j’essaie de les abreuver aux vibrations qui me vont bien.
En stock, j’ai à peu près tout ce qui me convient, ce qui fait des milliers de morceaux, des dizaines de milliers même sûrement, mais ça ne suffit pas.
Et quand je suis en manque de nouveauté, hé bien je me fabrique un petit air perso - je sais faire - mais on m’a dit que c’était prétentieux comme si un amateur de peinture se mettait à peindre donc soit, d’accord, quatre ou cinq fois l’an j’explore les bacs et j’y glâne ce que les pros font de mieux.
Parfois, je coiffe ma casquette de prescriptrice des élégances pour dire ce qui m’a plu et que j’ai failli louper parce que les médias n’ont pas fait le nécessaire ou pas assez, ou parce que j’ai été distraite va savoir.
C’est mal vu, ça.
A tout conseil qui peut déboucher sur un achat, à toute critique d’un produit commercialisé, et si l’on n’est pas de la grande famille de la presse, il faut joindre une attestation de geste gratuit signé avec son sang.
J’exagère ![]()
Mais bon, vous me connaissez : je fais ce que je veux, quand et où et comme je veux, et tant pis pour le référencement, je me satisfais de mes six lecteurs quotidiens.
La guitare Shadows, les paroles rive-gauche-de-dans-le-temps, je craque à tous les coups, et pour montrer ma reconnaissance, j’achète.
Ça, c’est pour Les voiliers sauvages de nos vies, par Vaya con dios (musique et texte de Dani Klein et Carmelo Prestigiacomo).
Quel titre, déjà ! Le texte est à l’avenant, porté sans faille par la voix de Dani Klein.
“Dans vos silences, j’entends des cris”,
Simple et sophistiqué à la fois, juste comme j’aime.
Le seul reproche : c’est trop court.
Mais il est permis de le passer en boucle ![]()
Et ce CD Comme on est venu compte douze autres titres à explorer d’une oreille attentive.
De toute façon, même réticents au genre vous vous y ferez, c’est de la chanson intemporelle, un imparable incontournable lancé pour toujours à jamais : chanson française POWA !.
J’ai aussi craqué pour le dernier album en date de Christophe Miossec : Finistériens.
Il est incroyable, Miossec, tu as l’impression qu’il chante la même chose depuis le début, qu’il n’en sort pas de ses disputes avec sa femme, de sa critique de la société, que cet opus est la suite du tout premier …
Et c’est pour ça que je l’adore : Miossec est constant dans la déprime
Mais attention, pas la déprime larmoyante, non, la déprime considérée comme un des beaux arts de vivre, lucide et sans concessions.
Là aussi, une impression de trop court malgré une durée standard.
Et ça, c’est un signe de qualité, en tout cas de mon point de vue.
29 octobre 2009 à 18:43
Joli titre de billet, bien inspiré.
Tu savais que Christophe connaissait le pilote du Canadair ?
30 octobre 2009 à 20:32
Hum, mi-eau-sec non merci … sauf pour le pastis
.
30 octobre 2009 à 20:33
Mais excellente critique par ailleurs
.
1 novembre 2009 à 14:43
J’aime toujours quand je recueille ici de belles vibrations.
. De plus la belle déprime constante non larmoyante des artistes ma foi j’ai l’habitude!
18 novembre 2009 à 13:03
Et alors ? Plus rien depuis trois semaines, c’est plus que des vacances !
18 novembre 2009 à 20:17
Il faut de temps en temps savoir prendre de la distance Renan, ce ne sont pas forcément des vacances.
19 novembre 2009 à 12:42
Bien vu, Chiendent !
Ce que je fais pour l’instant à haute dose concentrée concerne la musique, c’est difficilement “portable” sur le Web.
Et ça n’a pas besoin de l’Internet.
Je dirais même que pour rester klâsse et rentable, ça doit vivre hors Internet
21 novembre 2009 à 15:16
J’en goûterais bien quand même !
27 novembre 2009 à 8:35
Tu y goûtes certainement mais sans le savoir
“Pour vivre heureux, vivons cachés et que nos anonymes oeuvres nous gravent de fins sourires aux masques de la renommée.”