Duo de nonnes
Les libertaires libéraux avaient presque fini d’exécuter la civilisation.
Fondus comme un fromage électrique, ils triomphaient d’avoir effacé la responsabilité aussi bien que le mérite.
Plus rien n’était interdit, plus rien n’était puni, il n’y avait plus ni religion ni morale ni loi qui tienne pour endiguer l’instinct.
Restaient les états d’âme, les remords, les sentiments déprimants des rares non-cartésiens encore en liberté et qu’on repérait aisément au faciès : ils avaient l’air grave et triste.
C’était le crépuscule idéal pour dresser un portrait double.
Elle avait toujours échoué dans ses tentatives de golémiser la glaise, elle avait même fini par croire qu’elle ne réussirait jamais et que le précieux badge de créateur resterait hors de sa portée.
Elle avait rangé spatule et cornues depuis longtemps quand elle croisa un gourou kan dans le désert des Tartares - c’était un jour où il pleuvait des champignons, peut-être un 4 juillet - et la solution lui apparut : il fallait jouer en double, petit kan gourou dans poche de grand kan gourou.
“Bon sang mais c’est bien sûr ! ” aurait dit Charolles.
Et elle le dit alors, et elle le fit ensuite.
Je sais que c’est confus mais c’est ainsi qu’elle s’en souvient - ou alors c’est moi.
Ainsi renaquirent Liz et Jillan.
Et à mesure que le temps passait, l’une se précisait, prenait le lissé humain et les imperfections de l’être survivant, tandis que l’autre se plastifiait à la beau tox.
On en est là.
Et ne comptez pas sur moi pour vous expliquer qui est qui, cela fait des années que je n’en sais plus rien

La Roadeuse et Jillan
2 décembre 2009 à 18:20
Nonnes, je ne crois pas. Jeu de miroir oui. Je ne sais pas qui je préfère des deux, peut-être celle qui regarde l’autre
2 décembre 2009 à 20:48
Au sujet des “libertaires libéraux”, contradiction seulement apparente, c’est bien vu : ils sont en train de détruire jusqu’au tissu social de base (la famille).
Pour le reste, je suis d’accord avec Chiendent : jeu de miroirs à l’évidence, travail d’artiste.
3 décembre 2009 à 6:03
Allons bon !
Voilà qu’elle nous rejoue “Liberté chérie contre enfermement névrotique dans le couple” !
C’est périodique.
De la nuance, ma chère, de la nuance et des gants.
Ou alors c’est une intro et je trouve ça prometteur.
3 décembre 2009 à 11:58
Allons, allons, ce n’est pas si grave. J’en toucherai deux mots à mon ORL quand même
3 décembre 2009 à 19:44
Je crois que ce n’est pas tant le billet qui importe, et encore moins son titre à grosse perche dans le filet duquel je suis tombé avec plaisir
, mais bel et bien l’image qui l’illustre : un double portrait, la Roadeuse et Jillian.
) contraste avec la Roadeuse naturellement soucieuse du regard, alerte et qui semble scruter l’avenir … droit dans les yeux. La Roadeuse est lucide et vigilante, les émotions ne paraissent pas sur son visage. Jillian esquisse un sourire de compassion, tout en restant effacée, derrière. Son regard dont toute l’attention est portée sur ce que ne lui dira pas le visage de la Roadeuse, semble vouloir percer cette carapace par pure empathie:
Jillian présentée comme une beauté plastique (un brin trop symétrique à mon goût, tiens prends ça
“Ça va ? …. ” semble-t-elle dire ?
Mais elle aussi ne se laisse pas envahir par les émotions : les yeux grands ouverts elle attends une réponse qui ne viendra sans doute jamais.
3 décembre 2009 à 19:45
Les études icônographiques complètes, hors associations immédiates, sont soumises à devis
.
5 décembre 2009 à 12:44
Merci pour tous vos commentaires, j’adore
6 décembre 2009 à 15:56
Je me souviens
d’avoir rencontré les indexées
elles m’ont conté
que l’ombre projetée
au mur de la Caverne
dessinait en réalité
une porte
6 décembre 2009 à 18:21
@ Jocrisse
Vraiment très fière de te lire ici, ‘Joc.
J’ai les commentateurs que je crois mériter