Introduction aux clairs-obscurs de Jillan
Tandis que les chasseurs de tritons se serrent sous la houpellande de l’Inquisitrice, l’hérésiarque tisse sa toile de musiques triomphales et magiques - et le petit peuple danse tandis que ceux du beffroi tremblent de froid effroi.
Mais n’anticipons pas.
Si tu ignores qu’il y a quelque chose à trouver, tu ne cherches pas.
C’est l’astuce maçonnique des symboles noyés dans la statuaire des édifices religieux, c’est la lettre volée de Poe.
Et c’est toute l’histoire de mes textes … obscurs pour la foule absente et limpides pour une poignée de lecteurs qui ont compris qu’il y a toujours du sens derrière mes propos en apparence poétiques voire insensés.
Quand ça paraît abscons, cherchez !
Ils sont là, les clairs-obscurs de Jillan.
Visibles et invisibles à la fois, à la différence du clair-obscur pictural qui est seulement un contraste violent.
En plus, je ne fais pas exprès de crypter mon dire, je n’ai nullement l’intention d’égarer mon public mais voilà : serait-il raisonnable de dire à chacun - donc à n’importe qui, n’est-ce pas ? - de dire sans discrimination comment honestrement dominer les moteurs pour obtenir 2 Mios de visiteurs ciblés par jour ?
Serait-ce raisonnable, je vous le demande ?
Dans l’effort didactique réclamé à la voie quatre par les navetteurs du référencement, je vais tout d’abord épingler les “chasseurs de tritons” du chapeau de la présente billette, la tête du billet étant sur le billot et ne portant pas de couvre-chef et ça, l’invention de la billette, c’est ma contribution au mouvement d’égalité des genres.
Nous sommes bien évidemment dans le règne musical et non dans le règne animal, le contexte le dit explicitement.
Le “triton” dont il est question est un intervalle de trois tons entiers, ce qu’on obtient par la quinte diminuée (do-sol bémol) ou par la quarte augmentée (do-fa# soit 5d - 4a).
De même que les secondes et les septimes, le triton est une dissonance qui doit trouver sa solution sur l’accord suivant sinon ça se remarque et c’est franchement désagréable.
Les non-musiciens peuvent se faire une idée de la bizarreté du triton avec le premier accord du Purple haze de Hendrix. Ils sont supposés s’en souvenir par coeur, je ne fournis pas le matériel de démo quand il est sous copyright.
Les vrais paresseux peuvent aller s’écouter un triton do-fa# sur la Wiki-que-j’aime.
Le triton ne dérange ni les compositeurs ni personne jusqu’à l’invention du système d’hexacordes et l’introduction du si bémol comme note diatonique.
Largués ? ![]()
Pas grave. Ce qu’il faut savoir et comprendre, c’est que la musique, système mathématique, évolue et rejette ce qui n’est plus approprié, pas besoin d’un cours d’analyse harmonique pour comprendre ça.
Le triton devient alors le diable en musique (diabolus in musica).
Il est donc interdit et pourchassé par des religieux qui n’ont pas tout bien compris mais qui font le nécessaire avec toute l’énergie dont ils sont investis - c’est marrant, les défenseurs du progrès, ça me fait penser aux écolos et aux cellules photovoltaïques
Bref. En ce qui concerne les musiques “triomphales et magiques”, on se référera aux sources de Carmina Burana qui fait partie de la trilogie Trionfi qui signifie “triomphe” et dont le titre complet est ceci, faites pas attention c’est du latin : Carmina Burana : Cantiones profanae cantoribus et choris cantandae comitantibus nimbus instrumentis atque imaginibus magicis, en traduction non gouguelienne : Poèmes de Beuren : chansons profanes pour chanteurs et chœurs devant être chantées avec instruments et images magiques.
Voi-là. Les plus malins l’avaient compris, j’en suis certaine
Tout s’explique ou presque du mystère du chapeau.
Il se trouve qu’à l’époque où le triton devient indésirable, c’est-à-dire au XVIè siècle, un orchestre en fait grand usage en Suède et boudiu ça plaît au peuple et ça cartonne je vous dis pas.
Et ça ennuie le clergé aussi bien que la couronne dont l’influence périclite face aux valeurs promues par cet orchestre qui devient l’ Orchestre démoniaque dans la bouche des précheurs officiels du dimanche. C’est un show complet, un orchestre à l’époque, scénettes et tout le bataclan, ça véhicule des idées.
L’orchestre ne trouve bientôt plus de salles où se produire, il passe dans la clandestinité, ses membres sont pourchassés, leurs têtes mises à prix, c’est quasi la persécution et ça devient rapidement impossible à gérer.
Les musiciens décident d’une dernière représentation, un truc massif dont ils savent qu’ils risquent de ne pas sortir vivants. Le soir dit, tout le monde est au rendez-vous, musiciens et spectateurs et aussi l’armée et contrairement aux belges qui plus tard flanqueront les hollandais à la porte après un spectacle allumé, l’establishment gagne. C’est un gros massacre et la fin de l’orchestre et de la culture protest-song en Suède.
Voilà.
En 2003, des descendants des musiciens fondent le Diablo Swing Orchestra.
Moi, j’aime bien, ça swingue solidement et il y a la composante Nightwish de la bonne époque, enfin bref c’est ci-dessous.
Pour terminer, un message personnel à ceux qui doutent de mes îles ![]()

La moue juste avant la gifle.
6 décembre 2009 à 18:22
Oh…, ça sent la quête tout ça !
6 décembre 2009 à 18:40
Ah oui Arsène, c’est juste : des chasseurs, du magique et du Perceval, ça graale sec.
C’est même pas discret comme message.
Déçu je suis.
6 décembre 2009 à 21:05
On n’a pas besoin de discrétion: comme pour toute lecture, on y met de soi et on comprend a “son niveau” … ce que l’on a envie de comprendre … C’est le bon des messages cryptés. J’aime bien la moue pensive de Jillan. La branche du palmier lui donne un air gamine de chevelure à couettes ! Quand à mon interprétation de la billette, je la garde pour moi., na.
7 décembre 2009 à 20:36
Avec honestrement, on précède le Graal d’un tout petit rien.
Un peu comme la lumière des phares précède la voiture d’un minuscule petit quelque chose.
Trop forte, SZarah
9 décembre 2009 à 13:28
La lumière des phares précède… l’île ! bien sûr
15 décembre 2009 à 15:47
Il emmène ou ce ponton qu’on voit juste derrière la moue baffeuse ?
15 décembre 2009 à 21:40
Ce ponton conduit à une maison-paillotte isolée sur pilotis.
J’ai pas d’image sous la main mais tu peux imaginer l’endroit
16 décembre 2009 à 9:15
Une île paradisiaque quoi … J’imagine bien. Les palmiers et cocotiers m’empêchent de rêver moi, je leur préfère les tentes de Black Sun island et les surprises