Les paradis perdus
Au rayon des planches obligatoires chez les Vrais Maîtres du Monde Pur jus, on trouve la notion de “paradis perdu”.
Celui de Milton traduit par Louis Racine convient fort bien pour évoquer le processus qui transforme un bonheur mésestimé en regrets éternels.
Si on y ajoute les illustrations de Gustave Doré, la chute des Anges tout ça, l’incident devient grandiose, exemplaire, digne d’un opéra.
Que dis-je ?
Portable en feuilleton à la télé, voilà.
Pire destin n’existe pas

Eve parle à Adam, on se demande bien de quoi d’ailleurs.
Illustration de Gustave Doré puisée aux sources de Wikimedia Commons.
Mais on fait trop de place aux acteurs secondaires.
Eve et Adam se débrouillent très bien tout seuls pour se mettre dans la panade - c’est mon avis.
Je vais la faire brève : lui c’est un rocon confiant et elle c’est une insatisfaite.
Donnez-leur les moyens de foncer dans le mur et ils ne vous décevront pas : un peu d’ambition, une occasion, et roulez jeunesse, on peut rejouer Last train to hell avec bruit de boggies et sifflets stridents qui déchirent la nuit et l’âme et fichent la trouille au chien.
On peut préférer “Un soir un train” - c’est mon choix.
Alors la question n’est évidemment pas celle du pourquoi ni du comment ces deux crétins s’auto-excluent de leur petit bonheur tranquille dont ils ignoraient d’ailleurs l’existence.
Trop facile, ça.
Chercher des responsables, des coupables, montrer du doigt les anges déchus tout ça c’est d’un convenu achevé, c’est la misère du scénario et en fait tout le monde s’en contrefiche puisqu’on sait qu’à la fin c’est les gentils qui se font avoir : ils paient le DVD.
Non, le challenge est ici : nos crétins peuvent-ils réintégrer le paradis - après tout, seuls des anges leur en interdisent l’accès et avec des fonctionnaires on doit pouvoir s’arranger.
Ou peuvent-ils se bricoler un simili-paradis de pacotille ?
Ou même un mieux que l’ancien ?
Un plusse meilleur ?
Moi, c’est cette question-là qui m’intéresse
Alors bon, ce n’est pas une interrogation gratuite, je cherche pour de vrai vu que j’ai touché le sujet par hasard et que je suis accro. Je raconte.
Dans les grandes et petites administrations, il y a des organes de communication interne : valves, gazette version papier et version intranet, enfin ce genre de choses qu’il m’arrive de parcourir puisque c’est là qu’on peut découvrir LA bonne affaire - par exemple le dernier Goncourt pour pas cher.
Ma dernière découverte, verbatim :
Echangerais petit bonheur simple façon ronron conjugal, 30 ans d’âge, contre passade torride, promotion canapé, voiture de société, carte d’essence et chèques-repas.
A négocier.
Réversibilité souhaitée.
Ciel ! me dis-je.
Voilà qui annonce un Paradis perdu, un Lost paradise si c’est en anglais, une litanie de regrets.
Il y aura des cris et des larmes.
Au secours, fuyons !
Mais vous me connaissez, la curiosité l’a emporté.
Et j’hésite encore entre la thèse et le roman pour exploiter ce petit malheur des autres.
14 décembre 2009 à 9:37
Ma belle-soeur passe une telle annonce au moins deux fois par an.
C’est vraiment l’événement anodin à notre époque
“Anodin quand ce sont d’autres qui sont concernés” d’accord.
Fais un roman mais qu’il soit court et qu’il finisse bien.
14 décembre 2009 à 13:10
Oui, pile le moment pour un roman: la lumière est d’autant plus visible qu’il fait sombre aux alentours (j’allais dire aux encornures
).
14 décembre 2009 à 15:42
Et ça dirait quoi donc ?
Qu’il ne faut se fier à personne, jamais ?
Belle leçon pour les jeunes qu’on aime purs et naïfs …
Que certains dommages sont irréparables ? On le savait.
Pas besoin de bouquin, sauf si SZ trouve une solution inédite et positive.
Ce serait nobelisable
14 décembre 2009 à 16:28
J’attends des suggestions plutôt que des critiques mais c’est bien aussi
Les succédanés que sont les “paradis artificiels” ne sont pas acceptables même si c’est une option très courante. Trop facile.
Donnez-moi des pistes ou alors pas de bouquin
14 décembre 2009 à 20:49
C’est du lourd comme problématique, et même du lourdingue.
Il me semble que Eve et Adam sont restés ensemble malgré le coup du serpent et que ce n’était pas par manque de population (j’ai relu un bout de ce beau livre).
Ce serait le premier point : rester ensemble.
Ensuite j’ignore mais avoir une lutte commune ça me semblerait bien, du genre faire un sac en peau de serpent pour madame ?
14 décembre 2009 à 21:22
Dis donc minnie-mum faudrait voir à suivre.
“Promotion canapé” implique (sauf grognement contraire de SZ) que ton serpent c’est le boss de Eve donc pas question de lui faire la peau.
14 décembre 2009 à 21:45
Faut juste faire croire que c’est simple. Le compliqué ça doit rester inaccessible au plus grand nombre.
14 décembre 2009 à 21:48
Pour moi, le paradis perdu, c’est la perte de la petite enfance, de l’innocence, de la candeur, de la croyance que tout est beau et parfait autour de soi et ça se perd souvent avant 3 ou 4 ans! et que fait-on si ce n’est de chercher à s’étourdir car on l’a perdu et que l’on ne sait pas comment le retrouver. Mais il y a les rêvemondes
. Les substances ne sont pas efficaces mais peut-être s’imposent-elles parfois aux êtres trop sensibles et désespérés ?
Pas de piste désolée…
14 décembre 2009 à 21:50
Mais “les paradis perdus, artificiels, retrouvés, fiscaux ou autres” c’est déjà très bon comme titre
14 décembre 2009 à 22:04
A Renan-l’odieux
Dans ce cas, je préconise :
- rester groupés à deux;
- que Eve quitte ce milieu délétère, même si elle s’y plaît bien (et on la comprend puisque c’esrt un milieu qui a généré une “passade torride”).
Faut ce qu’il faut.
Autre option :
- on splitte dans l’éclatement, direction couple décomposé.
Perso j’ai d’actions nulle part chez ces crétins et s’ils ont fichu leur vie en l’air je n’en ai rien à cirer.
14 décembre 2009 à 22:19
@ minnie-mum
La séparation n’est pas une option à envisager puisque l’exercice consiste à l’inverse à créer un autre paradis, si possible encore mieux, avec les mêmes acteurs de base.
C’est ton expérience qui a parlé, je suppose : “on se quitte et basta”. Trop facile
@ Chiendent
D’accord avec toi pour l’enfance mais ici il s’agit de grands immatures, c’est pas pareil
@ Taranis qui a écrit :
Je vais voir ce que je peux tirer de cette double pensée.
Tu as remarqué que parfois tu parles comme Jocrisse ?
15 décembre 2009 à 3:51
Et puisqu’il est question d’anges, voici la version “Jillan déchue”.
“Très déchue en effet je chuis. Je les voulais en bleu chiel, les ailes.”
15 décembre 2009 à 13:38
Je crois que le problème vient peut-être de ce que l’on recherche l’amour sans savoir vraiment ce que c’est et que l’on se trompe sur sa nature encore et toujours ?
16 décembre 2009 à 8:39
C’est même pire que ça : si la recherche du bonheur est un droit constitutionnel (aux USA), les gens se connaissent trop mal pour savoir ce qui fait leur bonheur. Du coup, ils s’embarquent dans des clichés venus de la pression médiatique ou bien ils laissent parler leurs instincts. Ça marche rarement longtemps … quand ça marche
16 décembre 2009 à 9:29
Je persiste dans ma solution : pour commencer, il faut refonder le couple, faire une nouvelle alliance. Recoller l’ancienne ne sert à rien, c’est reculer pour mieux sauter dans le vide.
16 décembre 2009 à 12:18
Voilà oui, bien vu minnie-mum
On coupe tout ce qui dépasse et on replante dans un terreau frais avec un bon arrosage. Eventuellement, on les sépare.
Ensuite on les fait souffrir pour forcer la floraison.
16 décembre 2009 à 13:54
Il faut que je précise : “une nouvelle alliance” c’est un projet nouveau, pas simplement “payer les dettes de l’ancienne alliance”. Terminer de payer la maison et/ou achever l’éducation des gosses, c’est liquider l’ancienne alliance, payer ses dettes.
C’est tout sauf un projet.
Les “dettes” doivent être intégrées dans la nouvelle alliance, pas en constituer l’essentiel.
16 décembre 2009 à 14:53
@SZarah Tu as tout a fait raison. Seuls ceux qui cherchent à se connaître eux mêmes arrivent a s’en sortir… peut-être … car tout dépend de la profondeur de leur quête. Il faut aussi avoir mis la persistance du couple au dessus de tout le reste dans sa quête de … je ne pense pas que je mettrais du bonheur mais plutôt d’autre chose, de son accomplissement personnel! Le bonheur c’est une notion fade et peu fiable. En fait j’aimerai croire à cette notion d’accomplissement.
J’ai vu la plupart des couples que je connaissais s’effondrer dont le mien à une époque. Quant-à ceux qui sont restés ensemble, ils avaient sans doute placé leur couple ou leur famille en priorité sur tout le reste et je ne sais pas si c’était toujours leur meilleur outil d’accomplissement personnel (cela ne l’aurait pas été pour moi) et je ne sais pas aussi s’il y avait une recherche de connaissance personnelle profonde à la base de cette continuité ? Pauvres Adam et Eve, enfants perdus sur terre et pas du tout adaptés à priori au vivre ensemble.
@Taranis Un peu de cynisme artistique dans ton propos poétique.
16 décembre 2009 à 15:21
@ chiendent : pour une faire une bonne omelette, il faut casser des oeufs ET aller aux girolles
16 décembre 2009 à 16:16
J’allais me gausser grassement de ce couple, un peu à la Taranis mais en moins vulgaire évidemment, et conseiller à Eve comme à Adam d’aller voir ailleurs : le monde est vaste, les partenaires possibles sont nombreux et l’innocence peut renaître dans la nouveauté.
Mais l’acharnement de SZ à trouver une solution pour CE couple m’oblige à considérer que minnie-mum a raison, il faut que ces braves humains restent ensemble avec un nouveau projet.
Et je suis sidéré par la clairvoyance de Chiendent !
Parce que c’est bien d’ accomplissement personnel qu’il est question dans ces quêtes dévastatrices.
J’admire ceci (de Chiendent) :
Je réfléchis et je reviens.
16 décembre 2009 à 17:35
Bonjour
Fidèle lecteur mais première intervention.
L’accomplissement personnel doit-il passer par l’infidélité conjugale et la promotion canapé ?
Cela ressemble à une politique de terre brûlée, ça ne conduit nulle part.
J’ai comme un doute et j’interviens, c’est trop intéressant.
16 décembre 2009 à 18:13
Le fond de ma pensée :
- Eve est une arriviste sans scrupules et pas très maline;
- Eve a compris trop tard qu’elle ne pourrait pas tout garder, passé et avenir;
- Eve refusera toute nouvelle alliance, Adam risquant de la ralentir;
- Eve voudra un status quo chaotique du type wait and see, à gérer au jour le jour, au coup par coup.
Gardez-vous des sottes ambitieuses !
16 décembre 2009 à 23:05
@Alex Je ne pensais pas à l’infidélité ou a la promotion canapé mais à une évolution non forcément conjointe d’Adam et Eve dans le temps. Mais le canapé peut en être une phase
. Pauvre Eve maltraitée depuis le début de l’humanité à cause du fameux serpent et de la pomme.
17 décembre 2009 à 3:46
l’amour c’est groovy mais qu est-ce que c’est fatigant, toujours une histoire de sentiments qui se croisent, on est attiré par ce qui nous résiste et blasé par ce qui est gagné d’avance; si quelqu un a du mode d’emploi n’hésitez pas
17 décembre 2009 à 4:20
et toi Szarah, en abandonnant un moment ton rôle de vigie, quelle image tu te fais d’eve et adam ? tu vois leur histoire comme quelque chose de touchant/ridicule/pathétique/courageux/naïf/beau/adolescent/improductif/voué à l’échec/ plein de promesses ?
17 décembre 2009 à 19:03
Ah la la fran6, me demander mon avis …
Je ne suis pas mieux dotée que n’importe qui en solutions idéales.
Ils ne vont pas se séparer, de un.
Parce que c’est trop facile et d’un vulgaire achevé.
Qui dans leur monde veut entendre “famille décomposée” ?
Beu-Ark !
De deux, ils vont créer quelque chose, réaliser un truc je sais pas quoi mais c’est certain.
Dès que je sais, je dis.
Et plus tard on fera l’autopsie
Pour répondre à ta question : c’est un combat, leur avenir proche.
Et l’amour, c’est ça : une trève entrecoupée d’escarmouches.
Si tu t’endors, si tu te relâches, si tu es distrait, hop tu perds un truc ou l’autre et à la longue ça se voit, c’est comme la dépixellisation d’un écran.
Enfin bon, c’est mon avis perso.
Sinon, je trouve (avec Chiendent peut-être) qu’on exige beaucoup d’une Eve peu préparée au monde de la tentation et trop peu experte dans l’art du mensonge.
Merci pour ça, c’est beau comme j’aime :
@ Allex
Tu es trop dur, je trouve.
Mince, je connais des mecs et des filles capables de te dire fermement “Je suis un être libre, j’aime qui je veux et je baise avec qui je veux et je t’emmerde”.
Et tu leur répondrais quoi ?
Alors le grrrrave péché de “notre” Eve … stay cool, pas de quoi lapider quelqu’un, une fessée devrait suffire
Mais il y a des risques, notamment que Adam sombre dans le soupçon excessif et tout ce genre de choses déplaisantes.
Parce que bon, ce qui risque de se passer, c’est que Eve retienne de cette aventure qu’il faut savoir mentir … et qu’elle s’entraîne au mensonge.
La confiance perdue, aucun magasin n’a ça en stock.
Sale temps, Captain …
17 décembre 2009 à 19:43
Ha ben hé, les êtres d’exception ne sont pas la règle hein
17 décembre 2009 à 19:44
Moi-même je suis obligé de me vulgariser pour me fondre dans la masse
hihi… rhooo le marketeux vilain !
17 décembre 2009 à 20:09
Pas de souci, il y en a plein mais ces gens sont impropres au couple.
Comment veux-tu construire dans l’insécurité ?
Un couple, ça demande un renoncement : on accorde à l’autre une exclusivité sentimentale et sexuelle.
Et zut, “Je me donne à toi corps et âme” ça vous dit rien, ça vous “parle” pas ?
L’amour, c’est se donner.
Donc c’est renoncer à cette connerie de “Je fais ce que je veux de mon corps”.
Ou bien je me trompe ?
17 décembre 2009 à 20:34
La liberté ne se donne pas, elle se partage.
17 décembre 2009 à 22:18
C’est pas un hors-sujet, ça ?
On a un beau sujet, pas le casser steplé, trop facile.
Ou alors sois plus précis.
Perso, je ne voudrais pas d’une liberté qui fasse du tort à qui que ce soit : JE fixe les limites.
Et une liberté “qui se partage”, tu m’excuseras mais ça me fait penser à une maladie.
Bref : sois plus précis steplé.
17 décembre 2009 à 23:27
Je vais rapporter ce que dit Denis : quand on vit à deux on renonce à sa simplicité, mais aussi que la relation entre les êtres est la chose qui est la plus importante dans la vie. Remarquons que la simplicité, ce n’est pas la même chose que la liberté.
17 décembre 2009 à 23:35
@Taranis Ne t’inquiète pas tu ne te fondra pas dans la masse, il suffit de ne pas oublier que c’est un jeu le rôle de marketeux et ce n’est pas ton moi exceptionnel
qui est en cause, tu joues c’est tout! et en fait on ne s’éloigne pas tant que ça du sujet, le jeu de la vie, le jeu de l’amour, …
18 décembre 2009 à 2:24
J’ai été un brin succinct, pardonnez-moi.
).
.
Je voulais répondre à ce que je crois avoir compris du propos d’Allex : “l’amour c’est se donner corps et âme à l’a(A)utre, renoncer à (la liberté de) faire ce que l’on veut de son corps (et de son âme je suppose)”.
Le renoncement ne me plaît pas, c’est très ecclésiastique, et même si c’est un passage obligé en toute choses, je préfère le voir comme un ajournement plutôt qu’un renoncement définitif (faut pas déconner
Qu’elle soit Eve, qu’il soit Adam, ou le contraire, peut importe au final.
Ils peuvent construire ( plutôt que bricoler ) un paradis différent (plutôt que plusse meilleur), mais il faudra qu’ils abandonnent leurs habits de crétins
Et ça, c’est l’amour.
18 décembre 2009 à 10:46
Ils restent ensemble : consensus.
Ils vont construire, d’accord on verra.
Adam sera peut-être atrocement jaloux et il devra travailler ça : dure punition pour un excès d’innocente confiance mais d’accord.
Mais c’est loin d’être le noeud du problème.
Je voudrais justifier ma position quand je dis que Eve doit quitter ce boulot où elle a trouvé un canapé.
On supposera que Eve est compétente.
Elle aurait donc pu réussir sans le canapé.
Supposons.
Mais qu’elle réussisse ou pas, cela lui restera qu’elle ne doit pas son succès seulement à elle-même.
J’ai entendu dans ma carrière “Oui j’ai réussi, oui je fais envie oui je suis admirée oui je suis un modèle mais moi je sais que je suis une pute”.
Même dans la plus stricte discrétion, si Adam avait été protégé par un mensonge, il y a deux témoins : Eve et le serpent.
Même sans le serpent, il resterait Eve qui saurait.
Et alors quid de “l’accomplissement personnel” … et de l’estime de soi ?
Eve doit aller s’imposer autre part si elle en est capable.
18 décembre 2009 à 11:25
Je ne sais pas si ça se décide ; j’ai l’impression que ça se fait tout seul, dans un sens comme dans l’autre.
18 décembre 2009 à 14:49
Denis a raison : ce qui compte, ce sont les relations entre les gens, le fil rouge ténu et fragile qu’il faut maintenir pour exister pour de vrai.
Le reste, rêves de gloire de puissance de richesse c’est un ersatz qui permet de continuer à fonctionner quand on a constaté sa propre inhumanité, quand on s’est découvert fragile inconstant infidèle médiocre minable et décevant … devant témoins en plus même s’ils sont rares et discrets.
Je crains fort que Eve n’ait guère d’autre choix que “continuer” en assumant ce qu’elle a découvert sur elle-même.
Minnie-mum a vu juste je pense mais entre la théorie et la pratique, il y a la volonté et le courage.
18 décembre 2009 à 15:51
J’avais dit que j’y reviendrais donc j’y reviens.
Dans la perspective de miraculer l’Eve et l’Adam.
Sinon le plus simple reste le clash, ça se porte bien, socialement, c’est tendance.
D’accord avec minnie-mum, finalement.
Souder le couple sur base d’un nouveau projet et quitter ce job, faire son accomplissement professionnel proprement et ailleurs.
Et d’accord avec SZ pour la volonté et le courage nécessaires.
Mais si Eve n’est pas équipée pour ces deux qualités, tout cela finira en eau de boudin
20 décembre 2009 à 9:58
De Taranis :
Je reprends :
- aimer, c’est se donner.
Si ce don est conditionnel ou à durée déterminée, on en arrive à “Je me donne à toi le temps du coït, après je me reprends”.
Vous, les calculateurs matérialistes, vous avez tué l’amour au nom de la liberté de chacun à disposer de soi.
Aimer, c’est s’aliéner à l’autre.
En toute liberté et sans condition.
Si tu as mieux en stock, dis-le.
20 décembre 2009 à 12:01
S’aliéner en toute liberté, c’est au mieux une figure de style, sinon un joli paradoxe. Ton propos est une bonne définition de la passion, et la passion ne dure jamais, quand elle ne finit pas mal.
Il ne faut pas confondre désir et amour.
20 décembre 2009 à 13:07
@allex Si le don est réciproque il n’y a pas d’aliénation à proprement parler car le don réciproque est source d’enrichissement. Mais il y a vraiment perte de simplicité. Le don total est rarement pour ne pas dire jamais présent. Et il n’est sans doute pas souhaitable. Je tente de m’expliquer : le don réciproque doit-être quasi absolu. Je dis “quasi” car il n’y a pas fusion, sinon il n’y a pas d’enrichissement mais au contraire appauvrissement des deux. C’est très difficile car l’appauvrissement des deux côtés se produit aussi quand un des deux “donne” plus que l’autre. En plus il s’agit de bien réaliser de quel don on parle
Il y eut un temps où j’ai passé beaucoup de temps à réfléchir à tout cela et j’en apprends encore, sans doute jusqu’à la fin…des temps. Le mythe d’Adam et Eve n’est-il pas là pour nous dire que c’est le problème majeur de l’humain (je ne vais pas jusqu’à dire de l’humanité ?) ? Et en attendant de bien réaliser tout cela, on vit à deux … tant bien que mal.
20 décembre 2009 à 14:18
Je fais l’impasse sur ton dernier commentaire, Chiendent, il mérite une attention approfondie quant au fusionnel, à la simplicité, à l’alchimie de l’enrichissement … entre autres (tu as fait fort) donc j’y reviendrai.
Pour l’instant, je tiens à régler son compte à Taranis :
Pour une lambda, on ne baise pas sans amour.
Discute pas, c’est ainsi.
Donc : “J’ai envie, donc j’aime”.
Corollaire vérifié encore récemment par une étude :
“Je n’ai plus envie de lui donc je ne l’aime plus”.
Tant que tu n’auras pas intégré cette réalité, tu parleras à côté de la plaque.
20 décembre 2009 à 18:56
Nafout des lambda, sinon je traînerais pas ici
.
20 décembre 2009 à 20:59
Objection retenue !
Bien joué, Taranis
Mais il faut considérer que “notre” Eve est une lambda.
Disons que c’est son premier serpent si tu veux.
21 décembre 2009 à 11:31
S’ils ignoraient leur bonheur, ils n’ont donc perdu qu’une partie de leur ignorance. C’était avant qu’il fallait se poser des questions, mais c’est des crétins… Ils le sont dans doute un peu moins maintenant
.
22 décembre 2009 à 5:52
Eve a découvert qu’elle pouvait désirer en dehors de son couple et elle n’a pas pu faire autrement que d’aller explorer dans cette direction. Ça ne doit pas être facile de résister quand on fait des rêves érotiques à propos d’un de ses collègues de bureau, nuit après nuit ; même si on sait, intellectuellement, que les rêves ne sont pas à prendre au premier degré.
Cette “relation” n’est exceptionnelle que par sa genèse inhabituelle ; mais, elle ne peut le savoir qu’en l’ayant vécu auparavant.
Adam, l’aime pour ce qu’elle est ; il a découvert cet aspect d’Eve qu’il ne connaissait pas. Est-ce que, pour lui, ça remet en question tout ce qu’elle est par ailleurs ? Est-ce que, dorénavant, il ne pourra plus s’empêcher de la voir uniquement que comme une chienne en chaleur ? (pour faire court et imagé) Et là, ça le place dans une situation similaire : est-ce qu’il peut ne pas en tenir compte, laisser ça de coté, lui ?
Et là, je rejoins, plus ou moins, la conclusion de Taranis, ci dessus.
22 décembre 2009 à 20:16
Si vous le voulez bien, je vais clôturer le sujet avec l’élégance qui me caractérise : en renvoyant les protagonistes dos à dos et plus précisément en les chargeant de tâches indispensables.
Adam doit rendre sa confiance à Eve : sans confiance, pas de couple possible.
Adam doit éviter les questions suspicieuses. Ne pas fouiller, ne pas investiguer, ne pas être indiscret.
Eve quant à elle doit éviter de laisser du flou sur ses sorties, ses coups de fil, sur ses communications en général … et elle doit faire ça d’elle-même.
Eve ne doit ni créer ni nourrir la suspicion de Adam.
Si Eve refuse cette contrainte, c’est qu’elle n’est pas sincère ou que l’infidélité n’est pas terminée.
C’est tout simple et s’ils s’y tiennent c’est gagné.