La mémoire au sortir du labyrinthe

Lire ou relire Gabo m’est toujours un plaisir raffiné puisque à chaque page on trouve matière à sourire de connivence avec l’auteur.

C’est le remède idéal contre le spleen de saison et aussi, dans chaque oeuvre, c’est une mine de témoignages et de détails passionnants, et encore des instantanés de vie dits sans ostentation, sans ambition quelconque de donner une leçon.

Quel genre de détail ?
Par exemple, j’ignorais qu’il avait existé un métier dans le journalisme qui consistait à intercepter pour les publier les nouvelles gazouillées par les ondes courtes de la radio. Vous aurez compris qu’il n’y a rien de neuf sous le soleil …

Non-leçon de vie ?
Accrochez-vous, j’extrais (page 76, références en fin de billet).

(…)
J’ai découvert que ma discipline n’est pas une vertu mais une réaction contre ma négligence; que ma générosité apparente cache ma mesquinerie, que je suis trop prudent parce que je suis mal-pensant, conciliateur pour ne pas succomber à mes colères rentrées, ponctuel pour qu’on ne sache pas à quel point le temps des autres m’est indifférent. Enfin, j’ai découvert que l’amour n’est pas une inclination de l’âme mais un signe du zodiaque.
(…)

Mince, il vous connaît ! :)

Comme par magie, l’enclume devient aussi légère que la plume.

Quand tu peux écrire comme ça, tu finis par recevoir le prix Nobel de littérature et bingo, Gabo l’a reçu en 1982 pour l’ensemble de son oeuvre.

On le classe souvent, et non sans quelques bonnes raisons, dans le réalisme magique, un mouvement littéraire auquel je voue une admiration que vous devinez si vous suivez mes méfaits d’écriture :)

L’opus que je voudrais vous conseiller en lecture ou en relecture compte 129 pages pour narrer toute une vie et bien plus encore, je pense sincèrement qu’il s’agit d’un des meilleurs ROI pour un amateur de vraie littérature, celle dont on se souvient et vers laquelle on revient.

Mémoire de mes putains tristes de Gabriel García Márquez, chez Bernard Grasset, Paris 2005.

2 réponses à “La mémoire au sortir du labyrinthe”

  1. jocrisse dit :

    Du pain sur la planche… ou même les planches
    pain blanc… bêni (blanc bêni, bêni blanc!)
    en tout cas de quoi se mettre sous le temps :)

  2. SZarah dit :

    C’était une parole de ‘Jocrisse-le-navigateur, l’homme qui fait tourner d’équerre les manèges désenchantés sur le compas des futurs :)

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