Hot rods
Il y a de cela un lustre et même un peu plus, l’honorable Manceau m’avait fait cadeau de deux hot rods de fort belle facture.
Je les avais mis en scène pour la Road 66 dLynch mode mais sans réussir à les montrer comme ils l’auraient mérité.
Bien d’autres cadeaux m’ont ainsi été faits auxquels je n’ai pas pu rendre les honneurs - Taranis m’a un jour offert une redoutable “Interceptor”, Mile-Reed une péniche pour un monde 3D jamais publié, Annouck des avatars ailés, Matthieu des fleurs, Gabriel des photos, Jocrisse des cactus, Samo des Lundis, Arsène des kilomètres de code pour motoriser mes scènes, et j’en oublie des dizaines même si tout est noté pour que soit rendu à César ce qui lui appartient …

La Roadeuse et un des hot rods du Manceau
Ce que je veux dire, c’est que la 3D de ce temps-là, entre 1993 et 2005, était toute de partage et de fraternité - j’ose le mot, il est juste.
Il n’était pas seulement question d’idéal : les ressources n’avaient pas encore été mises en banque, les techniques n’étaient pas encore figées dans des cursus scolaires, et le seul moyen pour évoluer comme pour produire était le partage et l’expérimentation.
Ensuite sont venues les usines.
Et les pionniers se sont professionnalisés pour certains alors que d’autres faisaient de la 3D un loisir pour esthètes. Un Art, ni plus ni moins. Mineur et underground sans doute mais d’une totale sincérité.
La différence entre un “pro” et un “non-pro”, c’est que le pro vit de son art et l’autre pas
Je sais que le mot “art” paraît exagéré pour ce qui n’est jamais qu’une déclinaison de l’image mais après tout, la peinture n’est rien d’autre. Et j’ai toujours appelé mes scènes des “tableaux”
Peu importe l’outil, de toute façon c’est l’intention de créer qui compte et tant pis si la création reste discrète, volatile et méconnue.
C’est comme faire des ronds dans l’eau, il faut le vouloir … On le fait rarement par accident ou par nature, sauf si on est la pluie. Et ça se vend peu.
Les pionniers sont toujours là même s’il en manque quelques-uns dont le tour était venu de répondre à la camarde.
Certains font autre chose que de la 3D pour payer leurs factures mais l’esprit d’aventure n’a rien perdu de sa fringale de découvertes, même si le regard a largement dépassé l’horizon.
Le VRML a été délaissé au profit de langages cryptables et de produits finaux (images, vidéos) qui ne laissent rien transpirer du code, c’est le résultat logique d’un pillage systématique à des fins commerciales des ressources naguère offertes dans un but éducatif.
On n’y peut rien, c’est l’évolution normale du système Halacon, et ce ne serait rien si les nouvelles générations pouvaient trouver des ressources sans devoir passer par des logiciels wysiwyg et propriétaires. Le VRML, ça se codait au Notepad
J’ignore pourquoi je vous raconte ces histoires qui sentent la nostalgie …
Peut-être parce que j’utilise les modernes usines à 3D et que j’adore ça
19 février 2010 à 20:01
Ce qu’il est devenu de la 3D suit le même cheminement que celui de l’informatique classique. En 1965, on codait en binaire, oh j’exagère un peu, on codait en langage dit assembleur, puis méta-assembleur, puis … et maintenant ….. Si le système Halacon concernait simplement l’évolution normale des outils logiciels cela serait parfait, mais il conditionne celui des mentalités. Rien n’est gratuit tout est pour Lemarché et Les Spécus. L’art consiste à faire des ronds dans l’eau, il n’entre pas dans Lemarché sans fausser sa nature et se suicider. Il faut bien voir que ceux qui peuvent se permettre de faire des jolis ronds dans l’eau sont des privilégiés ou des chanceux car ils échappent au devenir courant qui consiste à être des Zesclaves béats ou malheureux du Halacon. J’ai toujours aimé le codage, on devrait s’inventer un langage de communication.
20 février 2010 à 15:08
Monnayer son savoir-faire est une chose, prostituer son talent, aussi modeste soit-il, en est une autre, c’est bien clair.
Le système Halacon exige le pack complet, et il le rétribue de manière inéquitable (sauf glorieuses exceptions). Et voilà pourquoi l’artiste est le plus souvent solitaire, inconnu et désargenté … Quand il est un tantisoit malin, il vend son âme au prix fort à ce démon d’Halakon et il s’arrange pour la lui racheter au rabais
21 février 2010 à 16:35
Oui quant-à nous, nous ne sommes pas assez malins ou plutôt nous n’avons pas, plus assez d’énergie tout du moins pour l’instant.
. Le jeu est dangereux, nous sommes trop âgés pour vendre notre âme au prix fort : ce serait dangereux de ne pas avoir le temps de la racheter au rabais avant de passer dans l’au delà
21 février 2010 à 21:58
@ Chiendent
Début 2006, en janvier, j’ai lancé quelques questions Halakon qui pourraient t’intéresser, les interventions ont souvent été savoureuses