La scélérate du Miroir d’eau
Quand tu sautes dans l’eau, ça produit une onde qui se manifeste par une vague vite étalée, c’est pas vraiment le truc grave.
Avec sa danse virevoltante, la Roadeuse a engendré sur le Miroir d’eau un paquet de petites vagues qui partent dans tous les sens et elle remarque que ces vaguelettes ne s’éteignent pas.
Au contraire, elles enflent en s’éloignant de la Roadeuse qui observe le phénomène sans trop s’étonner.
Mais elle ne danse plus, elle regarde le phénomène.
Quand une vague atteint le bord du Miroir d’eau, à un bon kilomètre de la Roadeuse, elle doit bien mesurer deux mètres.
Et puis la vague revient, et elle enfle encore.
Et elle donne l’impression d’aller plus vite qu’à l’aller.
Un peu comme une balle de squash après le rebond sur le mur.
La Roadeuse tourne sur elle-même et de fait, de nombreuses vagues sont sur le chemin du retour, il en revient de partout.
Et un petit vent s’est levé.
Qui forcit.
En général, le vent crée la vague, ici ça fonctionne à l’envers.
Mystère …
La Roadeuse va finir par se retrouver au centre d’une houle croisée pas piquée des vers.
Cernée !
En même temps, restons logiques. Ces vagues s’entr’anéantiront quand elles vont se rencontrer.
Donc no souci.
C’est quand tu penses “no souci” que les vrais problèmes déboulent, vous avez remarqué ça ?
Ça ne rate pas.
Le bruit a attiré le regard de la Roadeuse dans une direction précise.
Et que voit-elle arriver comme une falaise qui se déplacerait ?
Mince, une rogue wave, une vague friponne, une vague scélérate dis donc je suis morte.
Le souci n’est pas l’eau - la Roadeuse sait nager - mais la pression : une vague scélérate de cette taille appuie avec une force de 100 tonnes par mètre carré.
Vous avez bien lu.
Aucun navire ne peut y résister.
Il faudrait un navire, déjà …
En plus, les navires sont prévus pour des vagues de quinze mètres.
Cette scélérate en fait trente voire un peu plus.
La Roadeuse le sait parce que des marins survivants le lui ont dit il y a longtemps.
Elle y a à peine cru.
Qui donc croit les marins ?
Bin on a tort !
Les vagues scélérates, ça existe bel et bien !
La Roadeuse a mesuré la hauteur de la vague par triangulation instinctive, un truc qu’on n’explique pas mais on s’en fiche et il y a une marge d’erreur de 2.547 % avec cette technique embarquée.
La vague se présente comme un mur d’eau, sans écume, une paroi verticale de huit étages, pas moyen comme avec une autre vague de faire face de la proue pour tenter d’escalader la pente et de redescendre peinard de l’autre côté.
C’est d’autant moins possible que la scélérate est précédée et suivie d’un précipice, c’est autre chose qu’un creux standard.
Et de toute manière la Roadeuse n’a pas de proue à présenter face à la lame, il lui faudrait d’abord un bateau.
Elle n’a pas le temps d’en construire un et puis relisez plus haut : “Aucun navire ne peut y résister”.
On a vu un porte-avions salement amoché par une vague pourtant plus petite, mais c’était aussi une scélérate : verticale et gonflée de puissance par les vagues normales qu’elle avale en les prenant de vitesse. Ou pour une autre quelconque raison, on s’en fiche on n’est pas subsidiés pour comprendre tout ça.
Incroyable, non ?
De ne pas être subsidiés, je veux dire
De fait, les scientifiques et autres gentils chercheurs assis sur les modèles, ont longtemps pris les témoignages des marins pour une histoire marseillaise et il a fallu le radar satellitaire pour montrer que ces vagues sont nombreuses, qu’elles naissent dans n’importe quelle eau (même en Méditerranée, faut pas croire ceux qui disent que c’est un phénomène purement océanique) et que leur genèse est vachement difficile à comprendre puisqu’elles n’ont rien à voir avec un mouvement du fond sous-marin ni avec le vent ni avec rien, d’ailleurs.
Enfin si, elles naissent notamment quand le sens des vagues donc du vent s’oppose à un puissant courant sous-marin.
Mais pas seulement …
La scélérate est une vague alien jusqu’à plus ample informé.
“Une scélérate se pointe d’une autre direction que les autres vagues” disaient les marins.
Pas toujours vrai non plus …
Tout ce qui précède, la Roadeuse l’a pensé en une fraction de seconde.
Une autre fraction de seconde pour penser que vu que Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, il peut très bien exister des courants d’air scélérats qui expliqueraient certains crashes aériens d’altitude … mais ne fractalisons pas, on a un problème.
Il est temps de trouver une solution.
Prendre de la hauteur en gravissant le pont ?
Cinq marches par mètre, trente mètres donc cent cinquante marches.
A grimper en moins de vingt secondes.
Dans les sept marches par seconde, disons huit.
La Roadeuse sait qu’elle n’y arrivera pas.
Un kangourou pourrait le faire.
Pas de kangourou dans les parages.
Un grand félin avec une selle ?
Y a pas non plus.
Un exercice de lévitation ?
Pas idiot comme idée, mais la dernière fois qu’elle s’y est essayée, la Roadeuse a seulement réussi à tomber de sa chaise.
Un miracle ?
Ce serait bien utile mais la Roadeuse est en froid avec la plupart des divins opératifs, donc inutile d’espérer quoi que ce soit de ce côté.
J’y arriverai pas.
Elle y arrivera d’autant moins que le danger viendra bien avant la vague.
Le mur d’eau pousse devant lui un puissant courant d’air.
La Roadeuse sera balayée par le vent et puis viendra l’eau verte et noire.
Le séchage avant le trempage …
[ Et vos suggestions créatives seraient les bienvenues.
Sinon je la noie, la Roadeuse
]

Golfe de Gascogne : une vague scélérate.
Courtesy of NOAA Photo Library.
(Photo d’origine : http://www.photolib.noaa.gov/bigs/wea00800.jpg)
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Vous voulez un beau documentaire au sujet des vagues scélérates ?
C’est ici et ça dure 29 minutes : Vagues scélérates.
9 mars 2010 à 23:17
Pfff, c’est pas une vague scélérate qui va noyer la Roadeuse, elle en a vu d’autres et des plus poilues des pattes
.
Mais soit, bien que non subsidié, on va y réfléchir. La dernière fois, la Roadeuse était morte, je crois bien…
10 mars 2010 à 14:51
C’est vrai que j’ai tendance à placer la Roadeuse le dos au mur et à compter sur vous pour la tirer d’affaire

Un psy en tirerait certainement des conclusions concernant la relation entre l’auteur et ses personnages, et ça nous amuserait.
Et oui, la dernière fois vous faillîtes à votre devoir de rescapeurs, non pas par manque d’imagination (il y eut de belles interventions) ni par manque d’intérêt j’ose l’espérer mais par curiosité : osera-t-elle la faire passer de vie à trépas ?
Bin oui que j’ose !
Et je la ressuscite quand je veux, tout pareil
Mais l’histoire en cours s’arrête alors …
10 mars 2010 à 20:35
Moi je la verrai bien tenter le tout pour le tout et franchir la première marche de l’escalier et là l’escalier magique se transformerait en un pont roulant mécanique qui lui permettrait de passer au dessus de la vague scélérate en quelques secondes.
Je n’aime pas que les personnages passent de vie à trépas.
11 mars 2010 à 9:59
Je me souviens de la réponse de SZarah à la question 27 de son propre “Questionnaire à la Proust“, c’était en avril 2005.
La messe est dite
Je conseillerais à la Roadeuse de réaliser qu’elle se trouve sur un miroir et que effectivement, Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas …
11 mars 2010 à 10:26
Et moi qui croyais que c’était “miroir d’eau” parce que ça ne faisait pas de vagues quand Roady dansait dessus.
11 mars 2010 à 13:17
Ou sinon appelons-en au bon-sens de la vague
Sur le pont où se rencontrent les immortels
Soit la vague est immortelle et alors un Deus-Ex-Facilité apparaîtra, équivalent et suffisant pour contrer la vague
Soit elle n’est pas immortelle et s’en ira
Elle fera pas sa rebelle on a la Rodeuse pour ça
Sinon j’ai pire, on lui dit à la scélérate que s’il elle n’est que “vague” c’est pas bien grave … et elle comprendra
pas convaincant ?
Vous connaissez quoi à la psychologie des vagues?
(ça c’est une réflexion roadienne non?)
11 mars 2010 à 13:24
Le “guide Du Routard Ivre” déconseille de s’approcher de l’eau,
mais précise de toujours se munir d’un verre danaen
12 mars 2010 à 22:42
N’importe quoi, il suffit juste de réveiller la Roadeuse et hop ! napu de vague ! Mais napu de miroir non plus…
14 mars 2010 à 15:29
Bon bin on va la sauver, alors
Elle va comprendre qu’il lui faut descendre l’escalier-pont et, réfugiée dans l’épaisseur du Miroir d’eau, attendre que ça se calme dessus comme dessous …
15 mars 2010 à 13:21
Allex avait une piste…
il y avait beacoup de pistes
pour moi c’est plutôt le hors-piste le style Roadeuse
La Roadeuse hors-piste : épisode 1
Se remémorant les termes du Guide du Motard Médusé :
“face à une vague scélérate il est inutile de discuter (elle n’en fera qu’à votre tête)”
La Roadeuse fut satisfaite de ne pas avoir choisi l’option Psychologie maritime à l’Université de Venise : elle avait préféré les Spécialités Orientales (les nouilles façon Marco Polo).
Mais son pragmatisme froid repris à temps le dessus aux divagations, et la Roadeuse se dit qu’elle ferait mieux de se protéger les cheveux : “Ca va faire plouf!”
La voilà à cheval sur la rampe, comme pour éviter de se perdre. Quand le souffle l’atteignit, n’en déplaise à Newton, la force qui aurait du l’écraser la fit glisser en haut du pont ; endroit idéal pour admirer la vague qui allait se fracasser sur la surface du miroir et le briser.
“Hé bien, quelle chance : il aurait été difficile de trouver un coiffeur compétent ici.”
15 mars 2010 à 13:23
ayant déjà cruciverbifié la demoiselle une fois
je ne me souvient plus de la défintion d’alors
disons “Impardonnable : elle sait ce qu’elle fait (8 lettres)”
Il fallait la sauver! Elle fait jamais deux fois la même chose