La mort cruelle de l’information
Le paysage d’après la bataille ayant été brossé par Narvic, talentueux peintre des batailles, il reste aux hérauts de guerre à compter les pertes et à désigner le vainqueur.
Permettez-moi messeigneurs, pour cinq phrases, d’être excessive, lapidaire et concise.
Les vecteurs de l’information s’entre-déchirent parce qu’ils sont concurrents au lieu d’être complémentaires dans leur seul but utile qui devrait être l’éducation (et je n’ai pas dit “la formation” ni “l’instruction”).
Dans ces conditions, peu importe le gagnant, l’information restera une immonde saloperie lamentable camelote au service de la pensée libérale unique.
Comme les gens ne sont pas aussi idiots que le pensent les marionnettistes des vecteurs de l’information, ils finiront par se détourner massivement de ce rideau de fumée.
Le symptôme de ce désintérêt, mais aussi de la confusion qui règne dans les esprits, c’est le zapping.
Au final, les gens quitteront la salle, et c’est l’information, l’objet de la lutte, qui aura péri.
—
Paysage de l’information après la bataille par Narvic sur novovision.fr.
24 avril 2010 à 14:18
Bien fé !
Commentaire laconique ayant pour contexte les paroles de Miles Davis (ici traduites) “Pourquoi jouer tant de notes alors qu’il suffit de jouer les meilleures ?”.
24 avril 2010 à 16:52
Mais il est beaucoup trop long cet article de Narvic, à mon avis, et la mise en page reste tout à fait peu adaptée à la lecture… M’enfin dès que j’ai 10 minutes…
24 avril 2010 à 16:56
Vous nous auriez donc fait la bonté de résumer ici, très chère ?
24 avril 2010 à 17:37
@ Taranis
“Résumer” ? Que nenni ! L’article de Narvic doit être lu en entier et à chacun d’en tirer des conclusions. Ce que j’ai écrit dans ce billet, c’est autre chose : une tentative d’expliquer pourquoi l’information a fini par gaver les lecteurs. Le déclin de la presse généraliste et le marasme du journalisme seraient alors compréhensibles sans motif financier : simplement, les lecteurs auraient grandi et l’information n’a pas suivi qui reste bétifiante.
24 avril 2010 à 18:00
Et bien ce billet intitulé “La mort cruelle de l’information” me sied tout à fait.
Et je vais faire l’économie d’une lecture peu délicate pour mes yeux.
24 avril 2010 à 23:58
@ Taranis
Je ne sais pas si vous en avez l’expérience, mais tous les rédacteurs vous le diront : écrire court, c’est très long. Beaucoup plus long que de lire long …
Alors, de deux choses l’une, ou bien c’est moi qui prends le temps de faire l’effort d’une synthèse, en plus de celui que je passe à tenter de mettre en forme les opinions que j’exprime, ou bien c’est la part du job que je vous laisse, si ce que je raconte vous intéresse. Et pendant ce temps-là, moi, je fais autre chose … J’ai choisi ma formule. Et comme ça, je trouve du temps pour venir papoter avec vous chez Szarah.
25 avril 2010 à 2:00
@ Taranis
Pour une fois, je donnerai raison à SZ sans l’ombre d’une restriction mentale : Narvic est un électron réellement libre dans la sphère de l’information, ses analyses sont fouillées et solidement documentées, donc c’est légitimement long.
On sort rarement de son novovision sans avoir appris quelque chose ou sans avoir senti passer le souffle de l’éveil. Narvic nous mâche le travail de réflexion sans contrepartie, la moindre des choses est de le lire quand on s’intéresse à l’information. En fait, il nous fait gagner un temps précieux.
25 avril 2010 à 11:05
Ha… Je vais donc changer la typo du texte de Narvic pour le lire, car je ne peux y échapper, après son commentaire et celui d’Allex.
Cependant, je ne peux résister à une plaisanterie potache
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:
@ Allex : le prémâché, il me semble que c’est réservé aux tout-petits !
Et encore, des réminiscences de cathéchumène
“le souffle de l’éveil” , dites-vous ?
Je vous fais part de mes associations libres, elles valent ce qu’elles valent.
25 avril 2010 à 11:41
Tu sais, Taranis, il est devenu impossible à l’honnête homme du XXIè siècle de tout expérimenter par lui-même, de tout lire (un nouveau bouquin en langue française sort des presses toutes les vingt minutes), de tout voir par lui-même : il y faudrait cent vies et encore puisque the beat goes on sans relâche.
D’où l’impérieuse utilité de distinguer des référents dans chaque domaine qui t’intéresse - à moins de se limiter à une nano-niche.
Autrement dit : la “culture générale” s’est externalisée.
C’est une révolution majeure dans l’art d’appréhender le monde, et ça nécessite de cesser de douter de tout à chaque instant : il faut décider à quels référents on fait confiance, à quelle cascade de référents on accepte de se fier pour construire sa propre vision. L’esprit critique n’en meurt pas pour autant, c’est la confusion qui cède le pas.
Accessoirement, si tu es ennuyé par une typo ou par la présentation d’un site, tu peux définir ta propre CSS et l’appliquer au Web : tous les Navigateurs le permettent.
25 avril 2010 à 20:32
Tu sais, SZarah, il n’est pas nécessaire de céder à la vaine tentation de tout connaître, car il n’y en a qu’une seule qui vaille la peine…
Accessoirement, le vecteur de l’information sur le Net est visuel et sonore : celui qui veut se faire entendre prend soin de ces vecteurs visuels et sonores, en peaufinant la qualité de l’échantillonage sonore (le musicien), en utilisant un correcteur d’orthographe (le rédacteur), en testant et retouchant sans cesse l’image (le graphiste), etc…
Et plus accessoirement encore, le fond est d’une importance extrême.
Pour ma part, je n’ai encore pas tenté d’essayer de parvenir à une telle perfection.