La route de l’oubli : ombre et lumière
J’avais quelque chose à oublier, quelque chose à me révéler, quelque chose à trouver, ou quelqu’un, ou le frisson, ou les papillons dans le ventre, je ne savais pas au juste ce que serait mon seul désir mais je le cherchais.
Dans ma descente vers le sud et franchissant à peine la frontière entre le pays magique et la France, j’avais suivi la route du houblon.

Les plaines immenses du plat pays, les champs bleus du lin en fleur, le houblon qui donne son amertume à l’infusion appelée bière, les clochers de pierre et les monastères, j’en découvris l’abécédaire comme une Alice en contrée onirique.
Et je rencontrai les champs de la mort, les cimetières des soldats tombés ici lors de la première guerre mondiale.
Près d’un siècle après le conflit, ces enfants de l’Homme à jamais reposent dans la sérénité de lieux champêtres et bien entretenus, on continue à tenter de les identifier et on leur voue l’immense respect qu’ils méritent, peu importe leur nationalité, tous égaux dans la mort.

Sous les cèdres de la paix, j’ai vu ces terribles alignements de stèles, ces vertigineuses rangées de destins trop tôt stoppés, l’émotion m’a submergée jusqu’aux larmes et moi j’étais là, dans ma confuse équipée, à chercher une voie vers un bonheur possible.
Des pétales tombés aux roses de l’humanité, le contraste violent de sentiments qui se bousculent, l’évidence de ma propre finitude, l’irrésistible soif de vie …
Je m’enfonçai un peu plus vers le southern sun.
20 juillet 2010 à 14:54
Tout un poëme…
20 juillet 2010 à 16:14
Commentaire impossible pour ce texte “magique”.
21 juillet 2010 à 9:57
Ce texte fait partie de tes meilleures inspirations.
Le chemin initiatique que tu laisse transparaître au fil de tes “Confessions” est semé des souffrances des autres et de la tienne qu’on devine.
21 juillet 2010 à 13:03
L’excellence dans le texte court illustré parfaitement de photographies révélatrices.
Moi aussi, la larme à l’oeil, je ressens la souffrance et je compatis.
Mais il faut bien vite la sécher et faire face au dramatique destin de l’Humanité.
La sagesse est un bien précieux qu’on remet en jeu à chaque instant, je la veux, je l’attends, mais elle m’échappe souvent.
23 juillet 2010 à 2:42
pfiou c’est beau, c’est poignant ça m’a également touché au coeur heureusement j’avais un antidote http://www.youtube.com/watch?v=XtyAsiZWktY
26 juillet 2010 à 20:53
J’apprécie beaucoup la photo représentant la tranche d’une stèle funéraire (vue sur le côté donc) séparant en un juste milieu l’image entière.
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A gauche le soleil éclaire les plantes fleuries de rouge qui ornent la sépulture; à droite, la stèle projette son ombre et rend difficilement visible l’herbe verte.
La composition semble simple, dans sa forme: un avant et un après, l’ombre comme pendant de la lumière. J’arrête ici avec les évidences symboliques, il y a une foule de dichotomies exploitables
Un élément vient donner sa signification au tableau: l’épigraphe plutôt que l’épitaphe.
Prononcé en français, ce “2B” indique peut-être des coordonnées, ou évoque une nomenclature… Oserons-nous dire un anonymat ?
Il en va tout autrement de la signification de la composition si le ” 2B ” est prononcé à l’anglaise.
26 juillet 2010 à 22:38
@ Taranis
Tu as tout compris de la “magie” évoquée dans son commentaire par Chiendent. Certains comprennent d’instinct, d’autres avec le coeur, d’autres encore avec la raison.
Merci pour ton analyse, elle répond à ma volonté dans cette composition.
Merci à vous tous.
5 août 2010 à 15:26
Tu l’as déjà montré en URL dans le microtchatte mais je le remets ici, c’est trop approprié.
http://www.youtube.com/watch?v=dqeK_dnPDHQ