Des nouvelles du pays magique
Alors ? Où en est-on au pays magique ?
Les élections, c’était il y a plus de 80 jours … largement le temps d’un tour du monde selon Jules Vernes.
La situation paraît solidement bloquée malgré l’invention d’un préformateur chargé de lisser les arêtes du polyèdre belge. Sept semaines d’âpres négociations n’ont pas permis de trouver le compromis idéal. Ni aucun autre, d’ailleurs.
Certains veulent tout, pas moins, les autres s’accrochent aux souvenirs d’avant l’impitoyable verdict des urnes.
Ce qui se passe, c’est que le niveau de pouvoir fédéral est actuellement en stase et que quantité de lois indispensables ne peuvent être votées. Notamment au niveau des conventions collectives, ces lubrifiants qui assurent la paix sociale.
Le pipeline de la concertation ne fonctionnait déjà plus trop bien : les travaux de la base et de ses représentants non politiques n’étaient plus traités en temps utile, le tube s’engorgeait.
Tenez, un exemple causé par l’absence de décision au sujet du numerus clausus pour les études de médecine. Il y avait pourtant bien eu concertation entre toutes les parties concernées, des tables rondes, le processus prévu avait bien été mis en œuvre. Mais de décision, point.
C’est juste pour vous montrer que l’hésitation de certains touche des vraies personnes dans leur vraie vie : ce n’est pas du virtuel.
A présent c’est pire : les travaux continuent mais faute de gouvernement, il n’y a plus personne pour traiter ce qui sort de la tuyauterie. Et le régime des “affaires courantes” est un ralenti pour pays arrêté, parqué, immobilisé.
L’impossibilité de légiférer touche un paquet de secteurs, depuis l’augmentation programmée des salaires jusqu’à des trucs qui se remarquent moins au premier abord, pour des détails vous lirez les analystes politiques quand ils auront compris ce qui se prépare comme cata, ils sont payés pour ça : voir les choses après coup
Et combien de temps les œuvriers de la démocratie participative vont-ils accepter de bosser en sachant que leurs travaux vont continuer à s’empiler sans être traités ? Combien de temps pour que commence la démobilisation ?
Le fonctionnement du pays magique va donc être bloqué, ce qui permettra toutes les aventures justifiées par l’urgence.
S’il faut retourner voter, ce qui est prévu après un laps de temps déterminé (pour savoir combien de temps, demandez à un spécialiste du droit constitutionnel local, il adore répondre à ce genre de questions), il est vraisemblable que les séparatistes se renforceront. Et ce sera rebelote.
Dans mes projections souvent qualifiées de délires par ceux qui se baignent dans l’ignorance, je vois venir une solution créative : la mise sous tutelle de l’Etat par l’UE.
Alors, les six communes dites “à facilités” de la périphérie de Bruxelles seront intégrées à la capitale, ce sera une méchante écharde tirée du pied de tout le monde, francophones comme séparatistes flamands.
L’autre solution, c’est en quelque sorte de donner aux “affaires courantes” le pouvoir de légiférer … en rassemblant tous les partis sauf les séparatistes dans un gouvernement qui sera tellement composite qu’il entraînera l’immobilisme. Ce n’est pas impensable : il y aurait des portefeuilles pour presque tous, ça plaît toujours
Et ensuite, le jeu pourra gentiment reprendre.
Agrémenté d’une gracieuse rigueur d’austérité populaire : il est temps de passer à la caisse pour payer les sottises des banques, le reste n’est pas grave
5 septembre 2010 à 8:10
La seule différence entre la Gôche et la Drwate aujourd’hui, que ce soit au pays magique ou ailleurs, c’est la cible du remboursement de la Dette. Pour la Gôche, tout le monde doit payer. Pour la Drwate, seuls les pauvres doivent payer, pas les nantis. Le reste, effectivement, c’est du cinéma.
En Belgique, les séparatistes s’appuient sur un électorat de nouveaux riches qui n’ont aucune intention de rembourser quoi que ce soit … et la solidarité historique vole en éclats pour des prétextes linguistiques.
6 septembre 2010 à 10:23
C’est du cinéma mais il fait beaucoup de mal. La politique au pays magique où ailleurs n’est là que pour faire accepter le redéploiement de toutes les richesses de papier dans une seule direction. Et ça marche: tout le monde est complice de ce qui se passe, est hypnotisé par le cinéma et ne voit pas plus loin que le bout de son nez. La bêtise humaine est insondable. Quand y aura-t-il suffisamment de gens capables d’un peu de recul, d’un peu de révolution intérieure. L’extérieure, je n’y crois pas. C’est un autre cinéma, un thriller plus dur. Va-t-on être capables de modifier l’hologramme actuel ?
6 septembre 2010 à 14:56
La plupart des gens meurent idiots et ce n’est pas près de changer.
“Même moi, parfois, je me demande …” (je cite Szarah).
Mais ce qui est bien, c’est que les éveillés finissent toujours par avoir raison.
SZ avait prédit que le Président tenterait un jour de se refaire une virginité populaire et c’est bel et bien en route ! D’accord, c’est seulement de la communication basique, facilement prévisible, mais j’applaudis tout de même cette sagacité.
Pour la Belgique, j’ai une question : que vont devenir les frites ?
14 septembre 2010 à 11:23
Moi, à tout cela, je n’y entends rien. Par contre je comprends fort bien l’envie, qui me ronge également, de cesser de causer le français, tellement cet attribut linguistique me paraît aujourd’hui fort déplaisant, en raison de son premier locuteur et de ses suivants.