Hong-Kong Backstage

« Tu es bien mignonne. » me disait un feedbacker « Tu es bien gentille avec tes clichés où tout est tiré au cordeau, bien propre et joyeux. Si on ne te savait pas indépendante comme un furet enragé, on pourrait te croire à la solde de l’office local du tourisme, ou chargée de relations pour une agence de voyages. Mais ne crains-tu pas, chère berSZerkeresse ou berSZerkeuse – il faudra mettre ça au point -, d’occulter une partie de la réalité, cette part d’ombre et de mystère qui sent fort la débrouille et la misère du quotidien de bon nombre des gens de là-bas, et qui sent d’ailleurs fort tout court ? Montre-nous un peu le « vrai » Hong-Kong. »

Oh le vilain reproche !

D’une manière générale, sous son vernis de carte postale, le monde est différent. Il grouille, il sent fort, il abrite des bestioles déplaisantes pour les âmes sensibles.

Je peux te montrer des photos du « vrai » Paris, du « vrai » Londres, du « vrai » où-tu-veux pour autant que j’y ai usé mes focales et tu verras que c’est partout pareil, seul le vernis permet de distinguer une grande ville d’une autre. Et ce vernis est ce qui compte vraiment, c’est la Tour Eiffel, la Clock Tower, le Christ rédempteur du Corcovado … des images d’Épinal certes mais qui particularisent l’endroit et le génie de ses habitants.

Et chaque métropole peut être montrée sous ses différents angles, tout dépend de la thématique chère au narrateur. On peut en tirer des guides spécialisés : le Paris des boîtes de nuit, le Genève des drogués, le Milan des esquimaux, le New York des endettés, … Il est difficile de montrer toutes les facettes d’une ville. Le « vrai » est hors de portée, il n’y a que des vérités partielles.

Mais soit, juste pour une fois : backstage !

Dans l’ordre et vite fait, voici l’arrière d’habitations modestes, puis l’étal d’un petit métier qui consiste à récupérer les parapluies, à les réparer et à les revendre, ensuite un magasin qui traite de la viande mais tu ne veux même pas savoir de quel animal provient cette échine qui pend, et enfin un atelier de je ne sais pas quoi dans un endroit rouillé, c’est mimi mais ça ne mérite pas un Puli.

Content ? J’ai le même genre pour Paris, par exemple. Du délabré déglingué, c’est ce qui fait la norme. Et je ne trouve pas ça laid, ni inquiétant, ni rien, c’est une autre facette de la ville et celui qui n’aime pas ça peut s’en tenir aux galeries climatisées de son hôtel et à mes cartes postales. Moi, j’aime bien sortir des lieux stérilisés, c’est alors qu’on peut espérer rencontrer de la vie.

Hong-Kong. Backstage.

Mais en parlant d’airco, voilà bien ce qui m’agace à Hong-Kong. Dans les quartiers populaires, les systèmes d’air conditionné pullulent, accrochés tant bien que mal aux façades. On est en région subtropicale humide, ce n’est pas du luxe.

Et bien sûr, ce sont des systèmes à condensation.
Et quand tu te promènes le long des façades, cette condensation qui suinte des climatiseurs te tombe goutte à goutte sur la tête et sur les épaules.

Portez un large chapeau !

Hong-Kong. Air conditionné.