Plutôt le Viet Nam que le typhon !

T-shirt culinaire.
Quand le typhon menace et qu’on peut s’attendre à ce qu’il pleuve comme vache qui pisse en dansant la courante (c’est la traduction d’un dicton anglais du temps des colonies), quand le temps va se gâter, le mieux est d’aller voir ailleurs.

Rien n’est plus facile : il y a plein de place autour de Hong-Kong. Le reste de la planète, en fait. Et ça, vous l’aurez remarqué, c’est universel. Ce n’est pas spécifique à Hong-Kong. Autour de chacun des milliards de terriens, il y a la même mesure d’espace, c’est ce qui fait que nous ne sommes pas seulement égaux en droits mais que nous le sommes aussi en potentiel d’aller voir ailleurs et que sans les aliénés qui organisent des frontières, nous serions aussi égaux en liberté de mouvement.

Le passeport, ou plutôt, aujourd’hui, le passe-aéroport, est une invention des nationalistes, ce n’est pas récent, ça permet d’éviter les flux migratoires naturels de là où c’est moche de vivre vers là où ça te paraît mieux, ça permet de rester entre vieux et de se regarder dépérir. L’être humain est l’évolution la plus aboutie du connard primordial, le Connard Éternel, il descend plus du dodo de l’Âge de Glace que de n’importe quelle autre lignée. Et il est méchant en plus d’être bête, voilà ses deux principales caractéristiques. Heureusement que ça se termine, pas vrai ? :)

Mais bref, direction le Viet Nam, et même la République socialiste du Viêt Nam pour faire précis.

Pourquoi là ? Parce que moi pas connaître et que transport aérien pas cher, c’est suffisant comme motif ? Et puis je veux, une fois dans ma vie, pouvoir payer avec du dông, c’est l’unité monétaire locale et ça se traduit par « cuivre ». Marre de l’argent, vive le cuivre ! On a les challenges qu’on peut :)

Et j’aime bien le drapeau, une étoile d’or sur fond de gueules, ça en jette. Je suppose que comme en Chine, le rouge symbolise la Révolution et que l’étoile, c’est l’unité.

L’objectif, c’est photos-photos-photos, voir les rizières à étages et me tremper les pieds dans la baie d’HaLong, ma culture préalable s’arrête là, pour le reste on verra, ce pays tout en longueur n’est pas très grand.

À ce prix-là, pour pas cher donc, tu débarques forcément à Hanoï.
C’est comme descendre en enfer. Question circulation.

Il y a du monde. Et ça, je m’y attendais.
Mais c’est du monde qui court partout, dans tous les sens.
À pied, en voiture mais surtout en deux-roues.
Ça grouille et ça se grouille.
Motos, vespas, vélomoteurs, en nuées inorganisées, ça va très vite genre à fond la caisse n’importe comment dans tous les sens.

Donc aussi à contresens.

Circulation à Hanoï.
Beaucoup de roues, discipline floue.

En même temps, ça va vite, pas de bouchons.
Mais il faut aimer le jeu d’arcade plutôt que le jeu de stratégie.

Les piétons circulent n’importe où, c’est comme traverser à pied la Place de la Concorde à l’heure de pointe.
C’est là que je renonce à une voiture de location pourtant réservée, et je renonce même à tenter le coup en moto : je me ferai conduire par un artiste local du volant et du guidon.

Trafic à Hanoï.
Vite vite vite tout va vite sur la route à Hanoï.

Faut pas me croire timorée : j’ai survécu à Mexico, qui n’est pas mal non plus question circulation. Mais ici c’est nerveux, disons, comme fluide circulatoire, ce n’est pas mon niveau.

Je me demande où peuvent bien aller tous ces gens qui se hâtent.
Peut-être qu’ils ne vont nulle part, que c’est seulement le besoin de bouger.

Et il fait moite à coller le T-shirt sur la peau.

Je trouve mon hôtel (je ne connais personne dans le coin, je suis donc contrainte d’en passer par l’hébergement vulgaire du touriste-à-la-con alors qu’en fait je suis là, en ce moment, en tant que réfugiée climatique) mais je dois le quitter tout de suite, écœurée par la cohabitation forcée avec des fourmis transparentes.

Pas une ou deux fourmis, n’est-ce pas ? Des paquets de fourmis. Inoffensives me dit l’hôtelier. Je n’en doute pas. Je suppose qu’il y a grève des geckos. Mais ça ne va pas être possible.

Bon, c’était l’équivalent de 4 iOuros la nuit. L’hôtelier et l’endroit sont sympas mais des fourmis, non, je ne peux pas. Je trouve sans problème un logement nickel pour le double du prix et je vais me balader.

Je me rends au parc Indira Gandhi – Hanoï est pleine de parcs magnifiques mais dans celui-ci il y a une statue de l’empereur Ly Thai To et je voulais la voir.

Avant de fonder la dynastie Ly et d’en devenir le premier monarque, Ly Thai To s’appelait simplement Ly Cong Uan (que je traduis par « Ly, l’intelligence du bonheur », et quand on sait que « ly » est la « raison », ça va déjà loin), il imposa le bouddhisme et commença à fonder des monastères, ses successeurs continuèrent si bien que le pays en compte environ 150, tous datés d’avant le XIIIè.

La statue est au bord du Ho Hoan Kiem, the Lake of the Returned Sword, le lac de l’épée magique , épée qui aurait permis au futur empereur de se défaire de la domination chinoise des Ming vers l’année … il y a très longtemps mais ça fleure bon l’Excalibur et le médiéval et je préfère honorer le fondateur d’une dynastie plutôt qu’un de ses quelconques descendants (ce qui explique sûrement pourquoi on évite de m’inviter à la Cour et pourquoi on me traite parfois de pétasse snobinarde mais je les emmerde grave ceux qui disent ça).

Bon, l’épée aurait été prêtée par le dieu Tortue d’Or et elle lui aurait été restituée après avoir rempli son office, d’où le nom du lac. Et donc l’épée y serait toujours, irradiant certainement quelque chose de bénéfique et tout ce qui irradie du bénéfique, j’aime bien m’en approcher.

Le GPS ne fonctionne pas et je dois me débrouiller pour demander des endroits comme Dinh Tien Hoang street, pour « street » je prononce bien (des décennies de pratique) mais pour le reste mon accent semble perfectible, heureusement qu’il y a les plans et les guides que j’achète sur place. Mais je trouve, no souci.

Hanoï. Turtle temple (Temple des Tortues).

Au milieu du lac, il y a le Tháp Rùa ou Turtle tower, l’eau verte recèle des tortues et je sais combien cet animal est important aux origines du Feng Shui, l’empereur devait le savoir aussi, enfin j’imagine. Un peu plus loin, la statue, fin du pèlerinage pour aujourd’hui.

Hanoï. Statue de Ly Thai To
Dans le parc Indira Gandhi à Hanoï, la statue de l’empereur Ly Thai To.

Le Vietnam, c’est aussi la patrie du pho, une sorte de bouillon au bœuf qui peut honorablement servir de plat principal, et du T-shirt sympa qui illustre sa recette la plus simple.

Incontournables et pas cher, l’un comme l’autre. Remplacez le bœuf par du poulet, par de la girafe ou par du kangourou selon vos disponibilités géographiques, ça ne changera que le goût, et encore ce n’est pas certain : tout se joue dans les épices.


Recette du Pho.