Le lapireuil a vaincu le Mont Sisyphys !

Le monde de la pataphysique en a l’oulipo tout chaviré : pour la première fois dans l’histoire du multivers pâle, un lapireuil a escaladé un volcan.

Il faut dire qu’un lapireuil est fait pour les arbres et pour les terriers, sa constitution ne lui permet pas d’accrocher ses petites griffes dans les cailloux ni dans la roche. Son cousin, le lapireuil à ventouses (lapireuillis flopflopum) peut quant à lui escalader des gratte-ciels de verre mais il était en vacances et la Roadeuse a envoyé son propre lapireuil domestique dans cette dangereuse aventure de montagne.

Le risque était grand de perdre l’animal. Il risquait d’être dévoré en chemin par les prédateurs, ou il pouvait se péter la gl dans la montée, ou dans la descente, ou s’égarer, ou tomber dans le bouillon de lave du cratère béant, ou encore se barrer puisqu’il était sans surveillance.
Au fond … Maintenant que vous m’y faites penser … Peut-être que la Roadeuse voulait se débarrasser du lapireuil ? Quelle terrible pensée !

Toujours est-il que le lapireuil vint à bout de sa tâche. Il ouvrit le seul passage qui sur le mont Sisyphys depuis la chute du téléférique permet d’accéder au laboratoire du sommet, et qu’on nommera désormais « le passage lapireuil ».

Encordé à lui-même, et sans corde, le lapireuil vint à bout de tous les obstacles, il rampa, il sauta, il hopla jusqu’aux cimes sans neige de ce mont mort et désert mais qui ne l’était plus, désert, puisque lui, le lapireuil, y était monté et resterait présent tout le temps nécessaire pour vider deux caisses et prendre de jolies photos, ce qui fut fait.

Le lapireuil ramena aussi un message qu’il trouva là haut et qui éclairait la totale complétude du mystère de ce monde tyranosauré.

Mais gâcher le plaisir des futurs aventuriers, c’est pas beau. « Spoiler », c’est mal. Le lapireuil avala le message, en fit des crottes littéraires toutes rondes et redescendit dans les vallées sauvages où la Roadeuse l’attendait pour lui confier d’autres missions, plus loin ou autretemps.

« Tu as fait tes preuves » lui dit-elle en lui caressant les oreilles.

« Tu vas recevoir un nom ».