Archive pour la catégorie 'Geekum Codex'

Pour un positionnement clairement payant

Mercredi 25 octobre 2006

Il serait peut-être temps de cesser de croire qu’il existe pour le positionnement des critères plus pertinents que l’argent.
Je veux parler de payer pour être positionné, ni plus ni moins.

Le Web est devenu une galerie marchande.
Dans cette galerie, il y a des allées qui portent des noms : les noms des mots-clés.
Dans chaque allée, il y a des emplacements plus intéressants que d’autres.
Ces bons emplacements sont plus chers que les autres.

C’est donc tout simple : il faut payer pour avoir un bon emplacement, n’importe quel commerçant peut comprendre ça.

Sur le Web, il n’en va pas autrement mais on refuse de le savoir.
On prétend qu’il est possible d’obtenir un bon emplacement par la valeur de ce qu’on vend : par la pertinence et la richesse du contenu.

C’est complètement idiot, quand on y réfléchit.
Regardez le monde : est-ce la qualité qui prime ?
Les produits en vedette sont-ils faits de vraie qualité vraie ou bien sont-ils promus par des artifices qui tous se ramènent à un investissement financier ?
Produits et stars, pareil.

La qualité est forcément rebelle et underground : depuis la musique underground en passant par les films-cultes, les peintres et les poètes reconnus à titre posthume et jusqu’à l’alimentation bio, les choses de vraie qualité vraie ne se voient reconnaître que si elles passent au stade de la rentabilité.

D’autre part, l’argent est une mesure universellement acceptée et reconnue.
D’ailleurs, tout le monde en veut.

Tout le monde accepte, au quotidien, que celui qui a plus d’argent a droit à une plus grosse maison, à une plus grosse voiture, à de plus beaux vêtements, …
Pourquoi n’aurait-il pas droit à un meilleur positionnement ?

Déjà, on accepte qu’avec plus d’argent on peut s’offrir un référencement de compétition et des encarts publicitaires … et ces deux points acceptés sont le pied mis dans la porte pour faire entrer le positionnement payant :)

Alors pourquoi ne pas franchir le pas et accepter de carrément acheter ses positions ?

Mais la qualité des contenus ?
Ce n’est pas un souci, l’internaute fera le tri.
Si un site médiocre se propulse aux premières places et s’il ne tient pas ses promesses, il sera puni par la désaffectation de l’internaute.
Il aura moins d’argent à investir dans le positionnement et il descendra dans le classement.

A l’opposé, un site de qualité s’enrichira, il pourra s’offrir des places toujours meilleures et se payer un contenu toujours meilleur.

Mais ? Mais ??!! C’est déjà ce qui se passe, d’une certaine manière !

Ahem … On peut effectivement le penser.
Le problème, ce sont les sites non-marchands et/ou qui n’utilisent pas la publicité.
Ces rebelles malgré eux, ces attardés, ne jouent pas le jeu.
Ils se font une idée assez romantique du Web, ce sont des rêveurs.
Le Web a besoin d’eux, ce sont eux qui l’ont construit, qui ont fait son intérêt, qui ont lancé la machine.

En toute logique, ils devraient être relégués, dans l’immense galerie du Web au positionnement payant, entre le local des poubelles et le bloc des ouatères.

Pour eux, il a fallu inventer tout un cirque qui justifie un positionnement équitable.
Un système à base de notoriété, de pertinence et de volume de contenu.
Une galère pour les moteurs, alors que tout pourrait être tellement simple : tu paies ta place comme à l’Opéra, plus cher = meilleure place.

Pour celui qui a de l’argent à investir et quelque chose à vendre, ces sites ne sont rien de plus qu’un faire-valoir, ils attirent du monde sur le Web, du monde qui finira bien par tomber dans leurs boutiques à eux.
Et si le créneau est intéressant, par exemple pour l’image de marque ou pour se faire des alliés, on peut toujours se l’offrir : l’argent peut tout.

L’argent peut même acheter l’open, l’investir et le récupérer.
En l’aidant réellement, oui.
Je n’ai pas dit que c’est mal.
Je dis que c’est la droite ligne de l’Histoire : l’argent a gagné comme valeur universelle, le nier ne sert à rien.

Avec un positionnement clairement et ouvertement payant, beaucoup d’énergie serait économisée qui est actuellement gaspillée à trouver des compromis, à tenter de décoder l’Algo ou à chercher à le tromper.
On ne parlerait plus de techniques douteuses puisqu’elles seraient devenues sans effet.
On serait délivrés de la tutelle paternaliste des recommandations des moteurs, et il ne serait plus question de morale.

On serait dans le concret.

Beaucoup de petits artisans du Web disparaîtraient mais ce ne serait pas plus grave que quand, lors du passage des villes de l’éclairage au gaz à l’éclairage électrique, cent mille allumeurs de réverbères furent mis au chômage du jour au lendemain :)

Ceux-là vont m’écharper, je le sens :)
Mais les autres, les créateurs de contenus intéressants, ils n’auront rien à me reprocher, parce que dans ce système ils seront nécessaires et soit ils seront rachetés ou employés, soit rémunérés pour simplement être là et pour continuer à valoriser le Web.

Et pour ne pas gaspiller, on mettra de la pub sur leurs pages :)

A la recherche de l’Algo : fable hermétique.

Dimanche 22 octobre 2006

L’Algo, il ne faut pas espérer le connaître par indiscrétion.
Ni le recevoir en cadeau.

En effet, les rares prêtres-ingénieurs qui s’en occupent sont des fanatiques et il y a gros à parier qu’ils ont reçu l’enseignement nécessaire pour résister à toute forme de torture et ne rien dire même sous la plus horrifique des menaces : un wagon de dollars.

De plus, on sait la maîtrise des Maîtres du Monde dans l’art de compartimenter.
Personne ne pourrait tout dire pour la simple raison que personne ne connait tout.

Tu as beau être pote avec Son Eminence locale, il ne peut rigoureusement rien faire pour toi.
T’accorder des indulgences (Bon pour x péchés repérés), ça oui il le peut, mais bon, ce n’est pas ça qui met de la Jaguar dans ton garage.
Et ce n’est pas lui qui vendra la mèche : il n’est pas dans le Secret.

Et quand bien même : quand le Secret est trahi, il change. Imparable.

Reste à chercher les Signes de Sa Manifestation, à les exploiter discrètement et à se taire, voire à colporter des mensonges.
Et à transformer les Signes en Symboles pour qu’ils restent tout de même un peu obscurs pour le vulgus pecum.

Les Alchimistes y vont par l’expérimentation, ils bossent directement sur la matière.
Ils prennent des risques, et s’encornuent et s’alambiquent et de fait, beaucoup d’entre eux sont des poivrots.
Ils créent des succubes par centaines, leurs donnent des caractéristiques diverses, les lancent dans la nature et les observent.
Trop de tel ingrédient dans la recette du succube et pouf !, il explose, ou implose, ou alors il fond ou se racrapote vilainement.
Cela pue, l’antre d’un Alchimiste.
Comme après une tornade.
C’est très gore, de sanglantes éclaboussures de code émaillent les murs, des mousses satellites tapissent le sol et poussent de petits cris aigus quand vous marchez dessus, c’est amusant sur le moment mais ça revient dans vos cauchemars.
Faut pas aller là.

Vu d’un aérostat, il est amusant de voir les oeuvres des Alchimistes frappées l’une après l’autre par une foudre impitoyable.

Les Sorciers colportent les pratiques efficaces mais dangereuses, ils éliminent la concurrence actuelle et future en propageant des méthodes séduisantes, ils prônent le goût du risque.
Mais pour leur propre compte, ils ne prennent aucun risque.

Les Nécromanciens ressuscitent des succubes morts et tentent de leur donner apparence de vie.
Las, l’Algo ne saurait être trompé sur ce point et tôt ou tard, pouf !
Certains Nécromanciens n’hésitent pas à revendre un succube pouffé, ils feignent l’innocence quand le nouveau propriétaire constate que son succube est mou et sans allant.

Les Magiciens sont les plus malins : ils observent les succubes des autres, vivisèquent ceux qui sont les plus performants et s’inspirent de leurs caractéristiques pour créer leurs propres succubes de course.
Mais bien des détails essentiels peuvent leur échapper et la copie fidèle est impossible.

Tous ceux-là sont des opératifs, c’est-à-dire qu’ils agissent et s’efforcent de produire des résultats.

A l’opposé, les spéculatifs … spéculent, dissertent, émettent des hypothèses.
Quand ils ont une aura, ils deviennent Prophètes et ce qu’ils disent est alors suivi par quantité de petites gens.
Certains Prophètes réussissent à créer des sectes dont les afficionados peuvent se montrer terriblement violents, imposant leurs dogmes comme les Seules Vérités Vraies.
L’Essentiel est la balise H1 et le title, je te le dis !
La Seule Vraie Densité des mots-clés est égale au produit du total des mots divisé par … (la suite disparaît dans un pouf !).

Leurs voix divergent et certaines loges succombent à la raison pour dresser des listes de ce qu’ils croient être des paramètres logiques de l’Algo, se justifiant par le fait que si eux-mêmes devaient faire un Algo, c’est sur ces paramètres qu’ils se baseraient.

Etranges logiques qui rejoignent celle du dieu-cargo !

Aux franges de la recherche de l’Algo, on trouve encore les Rebouteux, qui vendent parfois à prix d’or des recettes à l’effet nul ou pernicieux, et les Hypnotiseurs, qui attirent sur leurs terres forumesques des foules prêtes à tenter n’importe quoi pourvu qu’ils soient nombreux à le faire ensemble, tapis bien au chaud dans leur inutile sueur.

Il y a aussi les vendeurs de gris-gris et d’images pieuses qu’il faut accrocher aux portes des autres pour dévoyer leurs visiteurs.

Sans oublier les traditionnalistes Cultos, qui diront que rien ne pousse qui est planté à la lune descendante.

Sans oublier non plus les fatalistes, qui disent Suis simplement les règles conseillées, l’Algo pourvoit aux besoins des oiseaux.
Souvent, ils ont raison mais après très longtemps et les jeunes ne veulent pas être de cossus vieillards sans avoir été de cossus garnements.

Du cabinet noir de la sandbox au lointain refuge occidental du pastmaster désabusé dont les succubes s’agrippent aux premières places des SERPs avec leurs flagelles barbelés de tiques ubuwebesques, il y a un long chemin.

Et tandis que tout cela grouille, s’agite et se dépense, l’Algo, ineffable, danse.

XHTML : les fanatiques du STRICT

Vendredi 20 octobre 2006

Cédant lâchement aux menaces à peine voilées des inquisiteurs du XHTML 1.0 STRICT (On t’aura, hérétique !), j’avais commencé à transmuter un petit site, histoire de me faire la main - parce que je fabrique tout mon code au NotePad, ce blog est une exception pour moi.

C’est assez facile, le XHTML en général.
Fermer tous les éléments.
Les éléments sans balise de fermeture, les fermer par />.
Comme ça, par exemple : <hr />
Tout coder en minuscules.
Placer un DOCTYPE! alambiqué que si tu le lis à ton chat il se sauve pour ne plus jamais revenir.
Des détails de ce genre …

Fastoche !

Tout allait bien jusqu’à ce que je rencontre le besoin de transposer un mot souligné.
Et là, le couac.

Y a pas !
Le XHTML 1.0 STRICT n’a pas prévu de soulignement !
Quelles andouilles !

Enfin si, la documentation dit : Utilisez les CSS.

Ah d’accord !
Donc une classe disons souligne avec text-decoration : underline;.

Cool :)

Mais dans le corpus, je fais comment ?

Hé bien comme ceci, par exemple :

<span class=”souligne”>mot</span>

Oui bon d’accord mais avant, j’avais

<u>mot</u>

A présent, c’est plus long et cela nécessité une CSS : on n’arrête pas le progrès :)

Et ils justifient ça comment ?
Hé bien, c’est pour que le lecteur ne confonde pas avec le soulignement par défaut des liens hypertextes.

Mince. Moi qui ai toujours placé un text-decoration:none; sur mes ancres, me voilà bien !

Quels bêtes types de mutiler ainsi mes petites habitudes …

Seulement …

Seulement, ils ont raison.

Un soulignement n’a aucune signification pour le lecteur, il n’est traduit par rien du tout quand on lit à haute voix.

Et dans mes textes disons littéraires, je n’utilise jamais de souligné.
Dans les textes destinés à être déclamés, on insiste autrement sur les mots quand il faut leur donner un ton spécial, on le fait avec emphase et c’est <em>…</em> ou alors on insiste par un <strong>…</strong>.

Ces deux balises se répercutent sur l’apparence du texte respectivement par un italique et un gras mais ce n’est pas ça l’important.
L’important, c’est que ce sont des indications pour l’intonation.

Le souligné, de ce côté-là, il ne signifie rien du tout.

Il indique quoi, le souligné ?
Dans le corps du texte : nope, nada, niets, rien.

Dans les titres et les sous-titres, il indique que ce sont … des titres et des sous-titres :)
Mais même là le souligné n’est pas nécessaire puisqu’on a la gamme des balises Hn pour signaler ça.

Bref : le soulignement, c’est pure décoration, ça n’ajoute rien au sens du texte.
C’est nul, ça pue, faut le jeter.

Donc : les ayatollahs du XHTML 1.0 strict ont raison, et je les adore paske c’est des gens qui ont pensé juste.

Et je suis bien d’accord avec eux : aujourd’hui, il n’y a plus de raison pour ne pas coder dans le respect de cette norme.

Là où je suis un peu en rupture avec eux, c’est quant à la manière.

Dire à un webmaster qui demande un conseil Commence par coder aux normes, ensuite on verra, c’est un peu dur, je trouve.

Le bonhomme, il a un code tout moche et difficile d’accès, il se sert de Tables pour organiser visuellement sa page.

On lui dit Ton code est crade, tu es un gros nul, rentre sous terre, vermine.

Il va se décourager, le bonhomme.
Devenir réactionnaire anti-normes, si ça se trouve.
Se replier.
Passer à IE définitivement pour la mauvaise raison que lui au moins il est tolérant avec les imperfections.

Ne vaut-il pas mieux commencer par lui conseiller de mieux utiliser les tables, de mieux les organiser, d’en imbriquer moins ?
Au bout du processus, il comprendra qu’il est facile de remplacer un td par un div si la structure a été allégée et qu’elle est devenue élégante.

Voilà ce que je voulais dire aujourd’hui : ne faites pas honte au non-standard, ne l’agressez pas, amenez-le à la compréhension de l’utilité des normes par des petits exemples sympas et aidez-le dans sa transition.

Et oui, bien sûr que je sais tout cela et que je code malgré tout très peu en STRICT.
Et j’utilise parfois des outils qui font pareil que moi dans l’approximatif, par exemple ce blog.

C’est parce que je suis de la vieille école, celle qui n’a pas peur d’assumer sa base fondamentale :

Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais.

Voilà comment il faut comprendre cette phrase :

Faites mieux que moi.

Si ce n’est pas éducatif, ça, qu’est-ce qui l’est ? :)