Newbees et vieux renards du référencement
Dimanche 27 janvier 2008Posons que la découverte et l’examen des mots-clés de la concurrence est un moyen pour découvrir de nouveaux mots-clés.
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Posons que la découverte et l’examen des mots-clés de la concurrence est un moyen pour découvrir de nouveaux mots-clés.
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Que faut-il penser des gros annuaires bien fichus, bien gérés et bien référencés qui piquent leur place aux sites qui y sont inscrits, et sur les requêtes de ces sites encore bien ?
(Je ne parle pas des mal-fichus, mal gérés et mal référencés qui font pareil, ceux-là ratent leur coup).
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On accorde beaucoup d’importance aux liens entrants, les BL.
On trouve normal, alors que c’est complètement insensé, de lier la notoriété d’un site à l’acharnement de son webmaster à déposer ses petites crottes partout (les BL).
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Le 20 octobre, DMOZ.org plongeait sous la couverture-radar et disparaissait des écrans.
La partie annuaire allait rapidement refaire surface sur base d’une sauvegarde mais l’essentiel manquait à l’appel.
L’essentiel : l’interface de soumission des sites et celle de gestion de ces soumissions.
La boîte noire ne livrait rien à part un bruit blanc et il était permis de se perdre en conjectures.
AOL avait-il lâché l’ODP ?
C’est vrai que AOL aurait eu beau jeu de profiter de ce crash historique pour laisser tomber l’ODP s’il en avait eu l’intention. Un petit communiqué laconique sur base de force majeure et ce reliquat de Netscape était liquidé.
Mais bon, AOL n’a rien dit.
Et ce silence fut interprété, bien sûr
Quelqu’un chez AOL connaissait-il seulement l’existence de l’ODP ?
Quelqu’un savait-il seulement où se trouvaient physiquement les serveurs ?
Un raton laveur avait-il grignoté le câble de l’alimentation principale ?
L’annuaire était-il destiné à périr faute de pouvoir s’enrichir de nouveaux sites ?
Les éditeurs allaient-ils se décourager et quitter l’épave ?
Tellement de questions, et pas toutes innocentes !
A l’intérieur comme à l’extérieur, la communication cafouilla à tel point qu’on pourrait en faire un cas d’école.
Non par incompétence ou par manque de volonté mais simplement par manque d’informations à orchestrer.
Il y avait une seule chose à dire et elle fut dite sobrement :
C’est cassé, c’est en réparation, croisons les doigts pour que ça aille vite.
On parla de lacunes dans la communication.
Franchement, qu’aurait-on gagné à envoyer un mail-standard à tous les éditeurs ?
Le forum était là, y venaient ceux qui se sentaient concernés.
A l’extérieur …
Certains se léchaient les babines et donnaient libre cours à leurs fantasmes.
L’Annuaire était dépassé face aux moteurs, comme tous les annuaires d’ailleurs, il subissait d’âpres critiques depuis longtemps, mieux valait le laisser agoniser.
On lut des propositions de rachat - mais avec qui diantre communiquer pour faire une offre ?
Que de pognon on pourrait se faire sur un tel annuaire !
Comme c’est étrange : rentabilisé, il ne serait plus dépassé ?
D’un coup, c’était toute la problématique des grandes oeuvres collaboratives qui faisait les frais de la conversation.
En l’espace d’un mois, les critiques concernant la Wikipédia se multiplièrent, comme s’il fallait d’urgence trouver une nouvelle cible aux tirs des marchands.
Haro sur l’oeuvre humaine libre de visées mercantiles !
A vrai dire, je m’attendais à plus de férocité, à plus de lazzis, à une plus grande jubilation.
Mais sans doute a-t-on bien intégré le coup de la peau de l’ours qu’il faut éviter de vendre trop tôt, et sans doute assez de films ont-ils montré que le zilla qui a l’air mort peut se relever ![]()
Ou bien est-ce le respect que l’on doit au travail des éditeurs ?
En tout cas, on sut éviter les sujets qui fâchent et les éditeurs surent garder leur réserve.
Les plus dépités sont les éditeurs.
En effet, si les Technos peuvent bosser (tournevis et clavier, déplacement à mains nues de précieux téraoctets, … bricolages de Technos, quoi), les éditeurs ne peuvent rien faire sinon sombrer peu à peu dans le découragement et continuer à faire bonne figure dans l’attente d’une nouvelle bonne ou mauvaise.
Les plus blessés sont ceux qui ont consacré le plus de temps et le plus d’efforts et depuis le plus longtemps à cet édifice unique qu’est l’ODP.
Blessés de ne pas savoir quoi répondre aux questions.
Et blessés de savoir que beaucoup d’éditeurs ne reviendront pas.
Mais surtout : blessés d’avoir eu peur.
Si si, il ne faut pas se la cacher, cette peur.
Même moi, nano-éditrice de fraîche date qui ne craint pas de sortir la nuit dans les bois, j’ai eu un petit pincement au creux de l’estomac.
Jusqu’au moment où j’ai trouvé assez d’informations à synthétiser pour me faire une opinion qui vaille plus qu’une impression ou qu’un espoir.
Alors … Où voulais-je en venir ?
A ceci : l’ODP est sur le chemin de la rentrée.
Ce n’est qu’une question de temps et de priorités (les pros savent que les priorités changent au quotidien).
Mais la chose paraît certaine : l’ODP n’est ni liquidé ni en voie de liquidation.
Des gens s’affairent (je n’ai pas dit comme des bêtes, ils s’affairent, c’est tout) à la reconstruction et aux tests, et c’est clair que ça irait plus vite s’ils pouvaient tester uniquement ce qui foire
L’interface de soumission et celle d’édition reviendront quand le système aura été testé comme assez stable pour garantir raisonnablement tout risque de rechute.
Pour Noël ?
Ce serait un beau cadeau.
(Et Noël peut tomber le premier décembre, ou le premier lundi de décembre.)
(Et si je me trompe, je me prive de soldes en janvier.
Faut savoir assumer ses états d’âme rationalisés.)
Dans la nuit du 13 au 14 octobre, l’annuaire DMOZ de l’ODP (Open Directory Project) a validé son deux cent millième site.
Cette barre symbolique prend sa réelle signification quand on sait que le traitement est manuel 100% bio et quand on connaît les difficultés rencontrées par les éditeurs.
Vu de loin, cela paraît simple : il suffit de vérifier que le site n’est pas déjà répertorié, qu’il est dans la bonne catégorie, que son contenu correspond aux directives, que le titre et la descriptions sont corrects, … rien de très compliqué si l’on prend la peine de lire les directives.
Nyaka …
Sur le terrain …
Sur le terrain, on s’aperçoit que 80% des soumissions sont erronées sur l’un ou l’autre point, sans compter les fautes d’orthographe.
Des sites qu’on inscrit avant même qu’ils soient terminés.
Comme on fait avec les crèches pour les gniares : à six mois de grossesse, tu l’inscris
Des sites au contenu pompé sur d’autres … hé oui, faut vérifier, l’annuaire répertorie des contenus originaux, pas des doublons.
Des sites d’une page qui font la promo d’un autre site.
Bande de petits malins ![]()
Canaillous
Des sites dont il faut écosser la pub pour arriver au contenu planqué dans un coin sous un beau popup à tiroir.
Bon, la pub ce n’est pas forcément sale mais les sapins de Noël, c’est à Noël.
Tout ça traîne sur le Web et se porte très bien même sans apparaître dans l’annuaire.
Ces négligences dans le chef d’un nombre conséquent de webmasters entraînent un travail inutile et un retard dans le traitement des soumissions … ce qui permet de critiquer l’efficacité de l’annuaire.
On reconnaît bien là le mécanisme qui permet à la médiocrité de discréditer un système intéressant et volontariste.
Notez que ce sabotage n’est effectif que grâce à (à cause de ?) la patience et la bonne volonté des bénévoles qui éditent les soumissions.
Imaginez qu’une directive dise
A partir de maintenant, c’est tolérance zéro, on ne peut plus corriger ni le titre ni la description, en cas d’erreur on classe verticalement, les sites soumis proprement pourraient être validés en quelques heures.
On pourrait aussi supprimer toutes les soumissions datant de plus d’un an et qui sont passées de catégorie en catégorie sans trouver de port d’attache.
On peut faire plus soft, aussi : imaginez que la liste des sites en attente soit visible au bas de chaque page de catégorie, avec pour chaque site le titre et la description (mais sans lien), il deviendrait facile de montrer que certaines soumissions peuvent ressembler à du foutage de gueule, il y aurait des rires dans le public et on peut même imaginer de faire des référendums pour élire la soumission la plus crade de la semaine.
Leurs oeuvres ainsi exposées au jugement de tous, nul doute que les webmasters y regarderaient à deux fois avant d’envoyer leur soumission sans la vérifier minutieusement.
On peut rêver
Mais il y a bien plus simple pour se rendre compte que ce que je raconte est vrai, le mieux c’est de devenir éditeur.
C’est bénévole et on se fait critiquer à peu près partout dès qu’on en parle, mais au moins on est au courant et on a le plaisir de découvrir des sites qu’on n’aurait jamais pu rencontrer autrement.